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DROWNING POOL - "Sinner"




1-Sinner
2-Bodies
3-Tear Away
4-All Over me
5-Reminded
6-Pity
7-Mute
8-I Am
9-Follow
10-Told You So
11-Sermon







Si "Full Circle" le dernier album du groupe m'a laissé de marbre, la faute à mes écoutilles qui ne digèrent pas le changement de chanteur, en revanche pas question de s'endormir à l'écoute de "Sinner" avec lequel Drowning Pool nous a offert une dérouillée de qualité en 2001. Sans abattre de méchanceté gratuite, le groupe se résume pour moi à ce seul album qui condense tout ce que j'attends d'un groupe de metal, à savoir de m'offrir des enchaînés de rage et une pluie d'instruments plus que motivés d'en découdre, le tout accompagné de cris mixés de douceur. Les attaques envers ce style de musique n'ont pas fini de pleuvoir, auxquels j'aime régulièrement me joindre, car en amatrice de gros son, épais et rageur je n'en suis pas moins intolérante envers les groupes bourrins qui se résument à gueuler et à faire péter les instrus. On se situe donc la limite qui détache "Sinner" de ce genre là? En affiliant Drowning Pool au nu metal il est déjà plus facile de s'y retrouver, sous entendant également une variété certaine et des compositions peauffinées au poil. Tous les morceaux de l'album sont détonants, proposant un couplage de voix entre celle de Dave Williams et des autres musicos (instrumentales ou vocales), comme dans Sermon par exemple. Le ton est à l'agressivité que la douceur vient prendre en relais au cours des morceaux, Pity, Sinner, Mute... Quant aux intruments du groupe, on les ressent tous avec la même puissance, aucun n'étant perdu dans un ensemble gras ou brouillon, l'harmonie instrumentale est complète.
La tonalité d'ensemble offre un ton dense et polyvalent dans lequel la débauche d'énergie se couple au souffle rauque du chanteur. Dans le top 5 de l'album, il a bien évidemment I Am morceau qui débute avec la basse, celle-ci marquant le début d'une ballade olfactive aux rythmiques enflammées. L'ensemble des pistes est une véritable invitation à la découverte, avec des variations originales et multiples, comme dans Follow ou le début de Bodies, dans lesquelles les solos de guitare offrent un moment d'accalmie avant le retour au furieux au head banging, au cri éraillé. Le nu metal réaffirme ces ambitions, celles d'offrir une travail à la fois brutal et recherché au genre metal. Quand All over explose en rage, Mute jouera davantage la carte de la douceur avec en arrière fond des instruments plus discrets et des arpèges fluides derrière la voix caverneuse de Dave Williams. Le son est riche, polyvalent, envoyant valsé l'éternel intro/couplet/refrain des groupes qui ont fait la gloire du metal. Les introductions furieuses, comme celle de Told you so, ne s'offrent à nos oreilles que durant un tant limite, proposant à leur suite un plein d'accords variés qui annihilent la redondance et les répétitions faciles. Le son est élaboré à la perfection, au point que l'introduction saturée de Tear Away ne cafouille pas, les notes s'espaçant suffisamment pour instaurer une atmosphère metal sans donner l'impression d'une horrible bouillie. La voix calmée et adoucit, Dave Williams se joint aux incroyables solos des guitares, l'euphonie est atteinte et le groupe nous offre avec "Sinner" l'un des meilleurs albums de nu metal. Sous de nombreux aspects, Drowning Pool rejoint ainsi Mudvayne pour son côté polyvalent et massif, sans offrir une pâle copie du groupe (les deux groupes sont nés quasiment à la même période, avec en 2000 le premier album de Mudvayne, "L.D.50"). "Sinner" est un album culte, et qui le restera, prisonnier de ce statut dont il ne peut se dégager. Le groupe ne sortira malheureusment plus d'album avec Dave Williams au chant (un des atouts majeurs du groupe), celui-ci étant décédé en 2002. Le groupe continue son chemin, désormais trois albums au compteur, mais "Sinner" restera celui pour lequel on se souviendra de Drowning Pool.

Charlotte Noailles.

PUDDLE OF MUDD - "Come clean"



1-Control
2-Drift and die
3-Out of my head
4-Nobody told me
5-Blurry
6-She hates me
7-Bring me down
8-Never change
9-Basement
10-Said
11-P...it all away
12-Abrasive
13-Control (acoustic version)
14-Control (video).



Sorti en 2001, "Come clean" est le premier album du groupe et le meilleur à mes yeux, sans sous-entendre que les autres sont mauvais, bien au contraire. A l'heure où tout le monde ne connait du grunge que Nirvana ou Pearl Jam (de très bons groupes d'ailleurs), une présentation de Puddle s'impose. Le groupe se forme à Los Angeles en 1993 et se compose du chanteur/guitariste Wesley Reid Scantlin, du bassiste Douglas John Ardito, du guitariste Paul James Phillips et du batteur Greg David Upchurch. Les membres disent avoir été influencés par des groupes comme Pantera, Radiohead, Limp Bizkit ou encore Pearl Jam, un univers référentiel à la fois riche et hétérogène. Puddle of Mudd est pour moi un groupe inégalable dont tous les albums sans exception sont de petits bijoux. Ce groupe a été une révélation musicale de taille lorsque je l'ai découvert. L'accroche a été immédiate. En 2001, le succès que "Come clean" rencontre aux Etats-Unis est dû en partie au bouche-à-oreille de Fred Durst (chanteur du groupe Limp Bizkit qui signe le groupe sur son label Flawless), mais surtout grâce à une composition habile ralliant post-grunge, rock et punk. Si on cherche à définir le groupe plus précisément, Puddle of Mudd s'inscrit dans le mouvement grunge, au même titre que Pearl Jam ou Nirvana même si Puddle of Mudd est moins connu que ces derniers. Les paroles du groupe, à la nature souvent controversée, expliquent l'apparition du logo "Parental Advisory Explicit Content" et annoncent un contenu qui ne mâche pas ses mots, dans le sens où de nombreux thèmes sont abordés, et pas toujours les plus roses. Never change "Someone's always tellin me I'm no good, well I don't care what you say, someone's always, giving me a hard time, well I live day to day, someone's always puttin me in my place, like I don't know where I am, so I'll just sit here in the corner, without any direction". Blurry "Everything's so blurry, and everyone's so fake, and everybody's so empty, and everything is so messed up, pre-occupied without you, I cannot live at all, My whole world surrounds you, I stumble then I crawl". Out of my head "I'm so high, I'm never low, I'll hold the sky, and I'm never letting go, go...go...go...". Je vous invite à écouter attentivement les paroles, sans ça on se prive d'un élément essentiel du groupe. Sans tomber dans les lamentations, chaque morceau a sa couleur propre, parfois planant parfois violent, mais toujours grunge à souhait. Quant à la rage originelle défendue par le grunge, on la retrouve plus spécifiquement dans des morceaux comme Basement, Said, Control.

L'ambiance musiciale que "Come clean" révèle se définit dans une rage duplice, berçant par des hymnes planants le refus et l'appel de la transcendence sous toutes ses formes, (Said "everyone around me smoking crack, this tunnel is blinding"). Un morceau comme Abrasive dérouille sec au départ pour se calmer et laisser à nos têtes le loisir de s'évader, pour ensuite redémarrer tout en force. Tout ça porté par la voix de Wesley qui ressemble, il faut le dire, à celle de Kurt Cobain, Puddle of Mudd est un groupe abouti qui s'inscrit dans la veine grunge de nos grands classiques. Si vous connaissez par coeur les albums de Nirvana ou de Pearl Jam et que vous cherchez un groupe d'une qualité équivalente ou presque, Puddle of Mudd est pour vous. En écoutant "Come clean" on s'assure un moment fort avec des compositions originales et énergiques. Maintenant à savoir s'il faut classer le groupe dans le rock ou dans le grunge, c'est un dilemme. On parle plutôt de mouvement grunge, donc cette affiliation mise à part, Puddle of Mudd est un groupe rock (avec toutes les variantes que ce genre contient lui-même) même si pour être tout à fait précis, il faudrait dire rock/post-grunge. Bonne écoute!

Charlotte Noailles.