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Split - "Tales of Vanity"

1) D'eau claire et d'acier, 2) The Least of our smiles, 3) Tales of Vanity, 4) The Exchequer, 5) Halcyon Stream.

>>> Myspace <<<

Quelle pochette! Quel groupe! En plus d'une illustration qui attire le regard, l'EP « Tales of Vanity » est également une merveille musicale. Je souhaiterais maintenant que la presse et les webzines repèrent les bonnes têtes aux quatre coins de la toile et offrent enfin de la visibilité aux groupes qui proposent du neuf à la scène metal. A l'écoute de Split, à la fois trash, metalcore et non conforme, l'urgence est aux remerciements, car c'est grâce à des groupes innovants tels que Split que le metal continue de nous surprendre. En passant par Metallica, Iron Maiden, Judas Priest, Megadeth, ou encore Gojira, Darktribe, Parkway Drive, Manimal... le genre continue d'inspirer de nouvelles générations, et de révéler ses variantes et nouveaux talents.

Avec Split le metal évolutif est à vos portes. Jetez-vous à sa rencontre. Le groupe vous propose ici un EP de grande qualité. « Tales of Vanity » se présente d'abord à nous via l'illustration d'une cité futuriste qui orne la pochette. On pense immédiatement à l'affiche du « Château dans le ciel » de Hayao Miyazaki, bien que la scène que nous donne à voir « Tales of Vanity » soit plus sombre. Fumées d'usines, déchets toxiques rejetés par les tuyaux, la cité en forme de coeur représente la civilisation polluante des hommes et le chant de leurs « Contes de Vanité ». Avant leur EP, Split c'est tout d'abord trois démos, une onze titres en 1999, « Ecume de vie » en 2004, et « For all her natural beauty » en 2006, ainsi qu'un bon nombre de concerts dont l'ouverture pour X-Vision et Dagoba.

Sorti en juillet 2009, « Tales of Vanity » nous délivre un chant qui gronde, une voix qui porte et des compositions variées qui montrent que Split a tous les atouts de son côté pour surprendre et satisfaire les soifs metalliques des plus férus d'entre nous. Nous plongeons dans trente minutes de fureur chaotique nimpée de lumière: le morceau Tales of Vanity est une ballade aux sonorités à la fois folk et metal, et le morceau The Exchequer débute au rythme d'une marche guerrière. Aux commandes de leur tuerie metalcore, avec chant trash et virées brutes et mélodieuses, Thierry, Adrien, Laurent et Christophe sont en passe de devenir des incontournables de la scène metal underground. Ils nous proposent avec rage un EP hybride entre Between The Buried and Me, Kongh (down-tempo), Impure Wilhelmina, et la beauté lyrique des envolées classiques (piano et samples electro sur D'eau Clair et d'Acier). Moins sludge que Kehlvin, pas viscéralement death, Split est un mélange de trash, d'ingéniosités rythmiques, et de transitions si fluides et cohérentes qu'on ne peut que s'extasier à leur écoute.On découvre des décharges spontanées qui fusent en tous sens, comme avec l'entrée musclée du titre The Least of Our Smiles qui est rapidement suivie d'altérations death, hardcore et instrumentales, puis place à de nombreux solos de guitares au tempo entre lenteur et vitesse infernale (de très beaux solos sur The Exchequer). Un EP grandiose que je ne me lasse pas d'écouter depuis maintenant trois semaines. Split est un groupe coriace, subtil par essence, metal d'inspiration, violent par l'expression, à mes yeux Split fait partie des rares talents du metal progressif.

Charlotte

COALESCE - "Ox"


1. The Plot Against My Love, 2. The Comedian in Question, 3. Wild Ox Moan, 4. Designed to Break a Man, 5. Where Satire Sours (instrumental), 6. The Villain We Won’t Deny, 7. The Purveyor of Novelty and Nonsense, 8. In My Wake, For My Own, 9. New Voids in One’s Resolve, 10. We Have Lost Our Will (instrumental), 11. Questions To Root Out Fools, 12. By What We Refuse, 13. Dead is Dead, 14. There is a Word Hidden in the Ground


Véritable institution du hardcore chaotique au même titre que Converge, Botch ou Breach, Coalesce avait été à l’origine du désespoir le plus profond lors de son démantèlement en plein vol après l’apparemment monumental Revolution In Just Listening en 1999. « Apparemment » car trop jeune pour mesurer l’ampleur de ce disque et des précédents -à 12 ans on a d’autres préoccupations… C’est donc en 2009, que je me lance dans la découverte de ce combo, alors qu’il célèbre tout juste sa reformation officielle.
Que penser donc de cet objet après un silence 10 ans, alors que des dizaines de fanges de metal newschool ont abreuvé l’industrie musicale ?

Et bien on peut tout d’abord affirmer que la bande de Jes Steneiger ne souffre aucunement du poids des années. Le décalage de l’âge permet en effet à Coalesce d’asseoir une dynamique singulière -chose ô combien précieuse en ces temps de copier/coller généralisé- ; Coalesce joue à l’ancienne école, ne déboule avec une efficacité impertinente tels The Dillinger Escape Plan ou Between The Buried And Me, mais fait parler l’expérience. Les idées fusent mais s’installent de façon plus sournoise, le groupe nous enfoui sous un amas opaque de riffs lancinants pour mieux nous semer lors des parties galopantes… et inversement. Il donne l’impression d’improviser, d’expérimenter en temps réel -le travail guitaristique de Jes Steneiger n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui de Davide Tiso (Ephel Duath) dans sa recherche permanente et son utilisation de la polyphonie.
La production renforce ce sentiment, très âpre et rugueuse mais non dénuée de sensibilité, à la fois d’une densité Herculéenne et d’une légèreté Apollonienne, elle enrobe à merveille la rage de la formation pour en décupler un charisme de chaque instant. Ainsi, Nathan Richardson (batterie) oppose diamétralement son approche à celle Jes Steneiger (guitare) amplifiant des contrastes déjà prononcés. Ainsi, le premier, pratique un jeu très aéré, « touffu », puissant, lent et implacable avec une utilisation très mesurée de double pédale, un jeu à la cymbale omniprésent mais fondu dans le mix et une maestria que seuls des cogneurs tels que Danny Carey (Tool) peuvent se targuer de posséder. Jes Steneiger, lui, en petit génie qu’il est -le monsieur est thésard- développe des sonorités moins « terriennes », plus agressives, dissonantes en mouvance perpétuelle, scrutant continuellement la moindre idée permettant au maelström sonore pratiqué par le quatuor d’évoluer. Citons par exemple les riffs en tapping de « The Villain We Won't Deny » et de « By What We Refuse » instituant des pulsions hypnotiques et hallucinées apposées à des parties faisant office de pures mandales hardcore.

Si on gratte donc un peu, on découvre sans mal qu’intrinsèquement le groupe est pétri d’influences (constat encore plus flagrant avec les parties acoustiques divinement « Morriconiennes » de « Where Satire Sours », « The Purveyor of Novelty and Nonsense », « We Have Lost Our Will », « By What We Refuse » où la slide et les ponchos sont de sortie) s’érigeant à la confluence de Botch, Neurosis, Suno))), Dead Combo, Johnny Cash, Mastodon, Kylesa, Clutch, …
Dans ses moindres plans, le combo développe des idées savamment surprenantes. Auscultons par exemple « Designed to break a man » sorte d’accouplement contre nature entre rockabily et country grasse avec disto ; d’autres titres, tels que « Wild Ox Moan » (et son inaltérable ralentissement effleurant les cimes de l’insanité avant de vaciller sous les attaques aussi éclairées que syncopées de Jes Steneiger) ou « The Purveyor of Novelty and Nonsense », sont l’éloquent reflet de l’harmonie qu’imprime Coalesce à ses diverses aspirations.
Enfin, comment achever ce commentaire sans vous parler du timbre si rocailleux et arraché de l’ami Sean Ingram. Une voix houblonnée et nourrie au bourbon, quelque part entre Scott Kelly (Neurosis) et Barney (Napalm Death) -oui y à pire.



En bref, Ox, un album qui transpire, qui transmet, qui respire, qui sent le vrai, qui aspire sans sevrer...




Demisroussos81

CHEVELLE - "Sci-Fi Crimes"




1. Sleep Apnea, 2. Mexican Sun, 3. Shameful Metaphors, 4. Jars, 5. Fell into Your Shoes, 6. Letter from a Thief, 7. Highland's Apparition, 8. Roswell's Spell, 9. Interlewd, 10. New Momentum, 11. This Circus.


Après plusieurs écoutes de « Sci-Fi Crimes », de « Backspacer » et de « The Resistance », je peux dire que le mois de septembre a dévoilé son lot de mauvaises surprises, mais au milieu de ce triste patchwork musical c'est sans contest Chevelle qui remporte la palme de la plus belle vautrée avec « Sci-Fi Crimes ». Un cinquième album qui me rappelle les débuts du trio avec « Point #1 », et combien le groupe a exclu tout mordant et innovation depuis son quatrième album. Autant « Wonder What's next » et « This Type Of Thinking » avaient de très bons morceaux, tous cohérents avec l'évolution metal que prenait le groupe, autant « Sci-Fi Crimes » ennuie et endort (excepté le titre Jars). Avec « Vena Sera » (quatrième album) Chevelle a refait sensiblement la même chose que « Wonder What's Next » sans débordements d'ingéniosité, produisant des accords répétitifs, mais heureusement altérés par le chant hypnotique de Pete. En 2009, que reste-t-il des virées agressives du groupe et de la voix subjuguante de Pete? Depuis 1999 que Chevelle existe, « Sci-Fi Crimes » est marqué par le poids de la décennie d'existence.

Highland's Apparition est une ballade qui tourne en rond, molle, lassante (tout comme Shameful Metaphors), Fell Into your shoes me laisse un goût aussi amer que les pompes du concerné, et je décerne à Interlewd le prix du morceau qui ne sert à rien, si ce n'est que d'afficher onze morceaux au compteur de l'album. Tout comme Sleep Apnea, Mexican Sun, This Circus débute dans la veine metal pour finalement s'arrêter dans un état instrumental cyclique et lassant: basse et guitares jouent impeccablement leur duo avec un chant juste, ponctué de hurlements agressifs, mais qui ne suffisent plus à retenir l'attention. Il n'y a pas à en dire davantage, la soucoupe volante de la pochette résume à elle seule « Sci-Fi Crimes », l'album est un ovni dans la discographie de Chevelle, car c'est la première fois que la répétition et la langueur s'y font sentir. J'avoue ne pas avoir prêté attention aux paroles, la déception m'ayant coupé toute envie de m'y attarder. Quant à la soucoupe sur la pochette, elle annonce un futur inquiétant, et pour moi la mort assurée du groupe s'il ne se réinvente pas. Trouvez quelqu'un qui ne regrette pas son achat et on en reparle. Roswell's Spell achève de déprimer mon écoute. Je reste une fan(atique) de Chevelle, mais pas de « Sci-Fi Crimes », sans rancune les gars. Pour l'heure, il ne me reste qu'à vous conseiller d'écouter Novels, groupe de rock metal alternatif qui sort son premier album en février 2010. Le groupe explore des territoires qui vous dépayseront à coup sûr.

Charlotte

NEWS: Agenda des concerts Toulousains


Périple toulousain. Quand les joies Live de toujours se confirment à nouveau, les retrouvailles sont fortes en émotions. Musiciens, soyez bénis.


A l'honneur, un groupe que les comploteurs festifs de l'Ecofestival d'Albi (aussi connu comme le Complot sur le Campus) avaient eu la chance de découvrir en avril dernier.

Cette semaine Krank! a animé avec brio deux petites scènes toulousaines. Annonce du programme qu'il nous avait concocté:
KRANK! et LE MINUS partent en LIVE sur Toulouse mercredi et jeudi et reçoivent en exclu le groupe parisien BAD-IN. Mercredi 23 septembre: 21H au café Populaire, rue de la Colombette à Toulouse, entrée libre, et jeudi 24 septembre: 21H au Camino, rue Saint Michel à Toulouse, 5 euros.
Venez nombreux nous soutenir, boire un coup et enjoy some good sound!

Pourquoi faire l'annonce de concerts déjà consommés? Pour mieux vous donner l'envie de guetter ceux qui approchent. Ces deux concerts étaient d'enfer donc (merdeuh!) n'en ratez pas plus! Toulouse regorge de bons concerts à petits prix. Listing:

Mercredi 30 septembre: Zubrowska et Plebeian Grandstand au St des Seins (20h30 - 3 euros)

Jeudi 1er octobre: Bleubird + K.S.M feat Grain2cat au Cri de la Mouette ( 21h30 - 5 euros).

Samedi 10 octobre: Ultra Vomit + Manimal + Benighted + Nephalokia + Drawers au Furia Antistatic (Ramonville - Salle du Bikini, 19h30 - 12 euros en prévente/14 sur place).

Jeudi 29 octobre: Festival La France dort 2... avec Les Ramoneurs de Menhirs + Brassens's not Dead + Les Punaises + Arrach + Heyoka (Ramonville - Salle du Bikini - 19h30 - 12 euros).


Enjoy! Les prochaines news concerneront les concerts sur La Rochelle. Rock on!

Charlotte

METALLICA - "Death Magnetic"


1. That Was Just Your Life, 2. The End OF The Line, 3. Broken Beat & Scarred, 4. The Day That Never Comes, 5. All Nightmare Long, 6. Cyanide, 7. The Unforgiven III, 8. The Judas Kiss, 9. Suicide & Redemption, 10. My Apocalypse

>>> Site Officiel <<<

Voilà un an déjà que Metallica nous a offert l'album tant attendu, après un album et une période chaotique, le recrutement d'un nouveau bassiste, et même un reportage pour nous montrer tout ça.

L'album s'ouvre sur les battements de coeur de "That Was Just Your Life". On est directement plongé dans une ambiance flippante, presque tendue. Les petits arpèges en son clair viennent ajouter à l'effet, avant de nous envoyer du gros son en disto dans la tronche. Le tout reste bancal quelques mesures, avant d'avoir droit à un bon vrai riff trash, comme on en avait pas eu depuis belle lurette avec eux. Le ton est donné ! Et ça continue en beauté, notamment avec "Broken, Beat & Scarred" autre hymne du retour au trash. En ce qui me concerne, "The End Of The Line" passe presque inaperçue entre les deux mastodontes du début.

On poursuit avec "The Day That Never Comes", offert avant l'heure en single, on a même eu droit a un clip grosse production (A noter le clip antimilitariste, qui rappelle la chanson "One", dont les coups de caisse claire imitent une mitraillette). La première impression, en entendant les jolis arpèges en son clair, survolés par des accords d'octave en légère disto, le chant posé, un refrain tendance rock, on se dit qu'on est repartis en 1990, au Black Album. La peur s'empare alors de notre pauvre petit esprit qui avait cru que Metallica était revenu au trash, malgré les quelques rares riffs rapides par-ci par-là et le petit solo en duo, comme il y a 20 ans.

Mais que l'on se rassure, nous sommes servis par les deux prochains morceaux : "All Nightmare Long", et "Cyanide". Une claque énorme ! De la patate ? En voici en voilà. Du trash ? A volonté. On a même sur "Cyanide" un bon gros break qui frise avec le progressif, nous rapellant chaleureusement peut être l'un des seuls albums Trash/Prog de l'histoire de la musique : "...And Justice For All". Nous voilà donc rassurés =)

Après cette bonne grosse dose de pêche, on apprécie l'intro cool au piano de la troisième version de "The Unforgiven", où là encore beaucoup de choses changent par rapport aux versions précédentes. On est à nouveau dans le registre rock, qu'on pourrait associer à toute la période des années 90', avec Load et Reload. C'est un morceau que je trouve très beau, avec de belles paroles, une intro au piano qui nous met bien dans l'ambiance, et un solo magnifique (peut être l'un des seuls de l'album, j'y reviendrai plus loin).

Et après ce qu'on pourrait appeler "l'oasis de calme" au beau milieu de l'album, on revient dans le vif du sujet, avec "Judas Kiss", qui vacille entre heavy et trash. Et après... ô surprise, un morceau instrumental ! Un de ceux qui fait bouger la tête toute seule. "Suicide & Redemtion" surprend, car il y avait une vingtaine d'années qu'on avait pas eu de morceau instrumental sur les albums de Metallica. Une autre marque d'un retour aux sources. (A noter que "Suicide & Redemption était le titre originel de l'album). Le morceau se divise en plusieurs parties, tantôt lourdes, tantôt planantes, où Kirk Hammett se promène. On termine sur "My Apocalypse", morceau qui sonne trash, et se rattache au gros de l'album.

Avant de conclure, un petit mot sur les solos de cet album : c'est sans doute l'une de mes rares déceptions du disque. Non pas que je dénigre Kirk Hammet, qui reste un de mes idoles guitaristique, j'ai l'impression qu'il manque quelque chose. Je m'explique : même si ça joue très bien, que le niveau est énorme, j'ai le sentiment qu'il a perdu "la flamme" qu'on pouvait saisir sur les solos de "One", ou de "Master Of Puppets" et qui nous faisait décoller. C'est une impression globale sur l'album que j'ai, et que je souhaitais faire partager.

Maintenant pour finir, j'ai personnellement adoré cet album, malgré quelques déceptions. Je suis ravi de voir que le groupe revient à ses premiers amours et qu'il n'a pas perdu la main (voir ça ici), et j'apprécie également beaucoup les morceaux moins typés trash. C'est pour moi un bon album, qu'on se doit d'avoir sur son PC si on aime Metallica =)

Voilà !
Pierre

GRAND CORPS MALADE - "Enfant De La Ville"



1-Mental 2-Je viens de là 3 - Comme une évidence 4 - 4 saisons 5 - Pères et mères 6 - A la recherche 7 - Le blues de l'instituteur 8 - Rétroviseur 9 - J'écris à l'oral 10 - Enfant de la ville 11 - La nuit 12 - J'ai pas les mots 13 - Avec eux 14 - Underground 15 - L'appartement 16 - Du côté chance


Aaaah… Grand Corps Malade ça vous dit un truc ? Oui un grand avec des béquilles qui a popularisé le… mais oui vous savez ce genre de poésie urbaine… raaaah oui comme du rap mais avec la voix plus en avant… ah oui ça y est le slam ! Que même que vous aviez bien ri sur « Ma Tête mon Cœur et Mes Couilles » et que vous vous êtes senti brillant lorsque vous avez décelé le nid de métaphores perché dans « Les Voyages en Train » ses deux plus grands -et fulgurants- succès.

Et bien vous savez, ce mec après avoir fait un premier album (ouaip, ouaip, 16 titres avec arrangements, featurings et tout le tintouin) et bin le garçon a persisté et en a même réalisé un second il y a de ça déjà quelques années, si, si.

Alors, si le premier opus Midi 20, avait cartonné créant un consensus mérité entre grand public, férus de chanson et aficionados du hip hop ; le deuxième -et dernier- Enfant de la Ville est passé complètement inaperçu… La faute à un style musical trop immature et superficiel pour rencontrer plus qu’une adhésion éclair ?

Non, non et renon car tout d’abord il ne faut pas se méprendre, Grand Corps Malade ne fait pas le slam mais du slam, pas le plus musical, pas le plus intense, pas le premier, pas le plus théâtral, pas le plus hautain, pas le plus engagé, pas le plus habité ni le plus grandiloquent ou le plus passionné mais un slam singulier, avec du cœur, de l’âme et du talent et le monsieur à des choses à dire…

Et, avec ce deuxième effort, notre conteur amplifie son évolution par rapport à la scène slam traditionnelle en ébauchant les contours musicaux avec plus de soin et appuyant les orchestrations quasiment au même niveau que la voix. Celles-ci vont parfois même jusqu’à surpasser les écrits étant pourtant la sève de cet art (« Mental », « Du Côté Chance »).

Une évolution de prime abord un peu déconcertante, car les titres sont désormais investis de plus de groove mais moins poétiques, moins variés rythmiquement, moins riches sémantiquement, l’auteur a plus souvent recours aux refrains alors que ses précédentes compos étaient savamment libres de toutes structures. En outre, certains morceaux alourdissent conséquemment l’ensemble par leur inspiration clichesque, leurs arrangements trop plats ou leurs rimes carrément pauvres (« Comme une Evidence », « 4 Saisons », « J’ai Pas les Mots »).

Pourtant, en dépit du fait que les constructions verbales sont moins ambitieuses et le format des chansons plus éculé quelques jolies pirouettes demeurent : « La Nature je la respecte c’est pour ça quj’écris en vers » ; « C’est un souvenir glacial comme ce soir de décembre où tes espoirs brûlant ont laissé place à des cendres » ; mais surtout « Pères et Mères »… en totalité.

C’est en fait dans un autre sens qu’il faut aujourd'hui percevoir le son de Grand Corps Malade, non dans le génie narratif mais au travers des émotions déployées. Ainsi certaines compos sont empreintes d’une magie et d’une nostalgie indéfinissables mais prégnantes (« Rétroviseur »). Tandis que le reste, par le fruit d’une écoute attentive faisant abstraction d’un début de galette aussi atone qu’une réunion du Sénat suisse, est tout a fait goûtu. Voguant avec caractère entre humour « Underground », « L’Appartement » ; purs bijoux insolites : « La Nuit » ode à la mystérieuses entité nocturne ; textes échevelés, « Pères et Mères » mettant une baffe à tous les concurrents ; poésie brute « J’Ai Pas les Mots » ; slam « old school », sincère et jazzy avec un Oxmo Puccino toujours aussi grisant (« À La Recherche ») ; contestation mélancolique rappelant la verve du premier opus « Le Blues de l’Institueur ».

Cet album fait donc montre d’une évolution réelle traduisant la volonté de GCM de grandir en tant qu’artiste, empruntant autant à la variété qu’au classique populaire. Sans être aussi frais, inventif et indispensable que le premier volet, ce disque est à envisager au-delà des lyrics ; moins percutant, le message est plus serein à l’image de son auteur qui, lorsqu’il tente de s’aligner sur ses précédentes trouvailles sent un peu le réchauffé. En clair, Grand Corps Malade ce n’est plus que du slam…

Demisroussos81