||| Chroniques Et News De Tous Styles Musicaux |||


NEWS: Interview de Fred d'Asidefromaday




Fred (voix et clavier au sein du groupe) répond ici à quelques questions sur l'actualité d'Asidefromaday depuis leur dernier album.

1) Depuis la sortie de "Manufactured Landscape" les choses semblent aller bon train pour vous. La sortie digitale de l'album date d'une dizaine de jours seulement, et un repressage est prévu pour septembre prochain. A la rentrée prochaine, on peut donc s'attendre à une tournée européenne ?

Absolument nous partons en tournée au mois d'octobre pour une dizaine de jours. Nous sommes actuellement en phase de booking et d'organisation. Il est probable que nous passions par la France, la Belgique, l'Allemagne, la Suisse et l'Autriche. Les dates devraient être annoncées bientôt.

2) Le nouveau staff de Division Records continue de promouvoir des groupes portés sur le gros son, le lourd, avec Kehlvin, Forceed, Impure Wilhelmina, Unfold, My Own Private Alaska... et chacun de ces groupes n'a rien à envier aux belles brutes des labels majors. Vous-mêmes proposez un son affranchi des clichés, il est d'ailleurs difficile de vous cloisonner, à la fois rock, metalcore, hardcore progressif. A vos yeux, un label indé existe-t-il justement pour empêcher toute classification simpliste ?

Oui, mais je crois qu'il s'agit avant tout du rôle de la presse. Un label se doit de mettre en avant l'originalité du groupe qu'il supporte. C'est a priori la raison pour laquelle il a choisi de le produire. Mais l'objectivité ne peut venir que d'une personne extérieure à l'histoire du groupe ou du label...la presse donc. Paradoxalement, c'est majoritairement la presse qui a tendance à classifier les groupes. Je ne compte plus les chroniques qui se limite à une comparaison d'un groupe avec un autre plutôt qu'à un vrai décorticage de la musique. Pour se cantonner au monde du metal au sens très large du terme, je dirais qu'une simple comparaison ne suffit pas. Ecrire sur le metal, le rock nécessite une très bonne culture de ces mondes. Les références ne peuvent se limiter au mainstream et aux quelques "leaders" d'un genre.
Nous créons, je crois, une musique originale et personnelle, nous "appartenons" bien sûr à une scène metal ou hardcore, mais Asidefromaday va plus loin pour moi. Nous sommes à la croisée de plusieurs courants et cela nous donne depuis le début du groupe une unité musicale concrète. Bien qu'il existe de nettes évolutions d'un album à un autre, je pense qu'on reconnaît notre touche et notre son. Division Records nous soutient, je pense que c'est cet aspect chez nous qui les a interpellé.


3) On parle beaucoup de Wolves In The Throne Room, mais lorsqu'on me demande si Asidefromaday appartient au même genre je réponds que non. "Mais comment fais-tu pour faire la différence entre du black et du hardcore? Dans les deux cas ça gueule, non ?". Au contraire, le death growl est absent chez Asidefromaday, et il me semble que le seul élément vocal permet de vous dégager d'une affiliation avec ce genre. Tantôt ravageur tantôt mélancolique, votre son échappe également à l'imagerie purement épique pour un son beaucoup plus fouillé, ou est-ce que je me laisse déborder par mon imagination ?

Je te laisse seul juge de ce que tu trouves dans notre musique car c'est pour moi toujours très intéressant de connaître la vision extérieure. Je crois que tu peux voir beaucoup de choses dans ce nouvel album. Nous avons énormément travaillé en studio pour retranscrire ce croisement des différents courants auxquels nous appartenons, ce dont je te parlais plus avant.
Les compositions nécessitaient ce travail de melting. Le passage en studio fut pour nous l'occasion de retravailler notre son plus profondément. Le résultat est plutôt fidèle à cette volonté de ne pas trop vouloir typé notre son et de le laisser le plus naturel possible.

4) L'artwork de "Manufactured Landscape" est peaufiné dans le détail et pourtant ambigu. On peut y voir un flocon de neige, l'étoile de la mort, un soleil à l'agonie... Bon, au final c'est toujours mieux quand c'est le groupe qui explique sa pochette...

La question s'adresse plutôt à Nico qui officie en tant que guitariste au sein du groupe et qui s'occupe de tous nos visuels. Je ne vais pas trop m'étendre donc mais je crois pouvoir dire que la volonté de ce visuel est de mixer un coté organique qui se meurt, se désagrège et un coté industriel, manufacturé. La version LP quant à elle marque un contrepied par rapport à la version CD, plus clair, aéré qui respire. Les deux facettes de la musique d'Asidefromaday à mon sens.


5) Et le prochain concert, où et quand ? Allez, une petite exclu ! Votre myspace reste bien mystérieux, ça en est frustrant.

Pour l'instant, pas de concert prévu avant la tournée d'octobre, nos vies privées et professionnelles nous prennent aussi du temps. Pour un peu d'exclu, je peux te dire que nous travaillons actuellement sur la suite de "Manufactured Landscape", un objet un peu particulier pour fêter les dix ans du groupe l'année prochaine.

J'en connais qui vont suivre tout ça de très près. Merci à toi.


Charlotte Noailles.

NEWS: Le nouvel album de Massive Attack annoncé pour octobre


Daddy G et 3D

Une tournée mondiale de 150 dates (au moins) débutera en octobre afin que Massive Attack nous présente son sixième album. On sait déjà que le nouveau né s'appellera Weather Underground, et que pour cette nouvelle galette Robert Del Naja alias 3D et Grant Marshall alias Daddy G se sont entourés de personnes comme David Andrew Sitek (du groupe TV on the radio), Mike Matton ou encore Damon Albarn (participation vocale). Ces noms s'annoncent prometteurs, et d'ici la sortie de l'album on peut s'attendre à de nouvelles surprises.

Charlotte Noailles.

DISPHORIA - "Sleep And Fly Away... You'll Be Tortured Forever"


1. Destructive Rage, 2. Cold Dead Light, 3. Along the Way, 4. Inherent Dystopia, 5. Submission, 6. The Other Side, 7. Existence, 8. 1982, 9. Sarah


Si les premières écoutes de groupes hardcores sont souvent effectuées à reculons, hésitantes et difficiles, c'est qu'en dépit du talent incontestable de certains groupes (H-Tray, 8vision, Heyem, Parkway Drive, etc) beaucoup de personnes sont allergiques à la voix screamo et beuglarde qui caractérise le chant de ce style de musique. Mal-aimé du grand public, là où le metal arrive à toucher les foules grâce à des classiques comme Iron Maiden, ACDC, Metallica et autres, le hardcore n'a pas droit à autant de considération. Au mieux, on en trouve au Hell Fest, dans le montant Roadburn ou des festivals hardcore tellement underground qu'on en entend jamais parler. La faute aux clichés qui ont la dent dure. Dans la région Midi-Pyrénées par exemple The Act of Fortune s'est taillé une belle réputation et se fait l'un des principaux garants du genre, un classique si l'on veut mais qui en a dégouté plus d'un du hardcore. Trop brute, trop trash, trop prévisible... et surtout: aucune subtilité vocale. Les préjugés pleuvent et on enterre gentiment ce style de musique avant même d'en avoir écouté. C'était sans compter sur l'émergence de petits prodiges.

Disphoria fait partie de ces groupes qui valent la peine qu'on les affranchissent des mauvaises langues. Leur album "Sleep and fly away... you'll be tortured forever" sorti en septembre 2004 chez Galy Records est un condensé de sons pêchus appuyés par un chant mâtiné de différents timbres de voix, brassé à la rage, variablement teinté d'humeurs opposables et changeantes. Les contraires s'attirent et les incompatibilités s'embrassent sur un fond à la fois mélodique, rapide et recherché. Certains ont commencé à changer de discours. Ils ne peuvent pas souffrir The Act of Fortune, Sick of It All, et la old school punk hardcore et pourtant Disphoria fait son effet, viscéralement hardcore mais excusé puisqu'il fait partie de ces groupes qui démontrent que l'étiquette "brute, sale, gras" qui colle au genre n'est pas toujours justifiée. Le hardcore a gagné du galon.

Pour en revenir au principal concerné, Disphoria est un groupe toulousain qui s'est formé en 2000 et a sorti sa première démo la même année, puis une deuxième intitulée "Art of Depravity" en 2001. Le morceau The gift crache un son entièrement brute, beaucoup moins abouti et original que ce que le LP contiendra. En 2004, c'est donc la sortie du fameux album avec Julien au chant, Sux et Mika à la guitare, Mael à la batterie et Anne à la basse. L'atout majeur du groupe est d'allier l'essence hardcore (un chant rauque et brutal) et d'explorer plusieurs facettes de la voix en évitant au passage de se flinguer les cordes vocales et de lasser l'auditoire. Combien de fois avons-nous entendu "les cris, ça compte comme du chant?". Eh oui! Surtout que dans le cas de Disphoria on nous épargne la gueule continue en nous envoyant également planer au dessus des pogos lors de ces fameuses expériences vocales. On cesse alors de jouer des coudes pour écouter plus attentivement le chant et même si la prédominance appartient aux hurlements,le groupe sonne différent, plus sensible, peut-être trop pour du hardcore selon certains. Le groupe a pour lui ce chant puissant, toujours juste, tour à tour clair, saturé, mélodieux, rageur, sur le rythme d'un tempo recherché et changeant. Dans Inherent Dystopia le groupe opère une montée qui va crescendo entrecoupée de ponts qui permettent un repos de la voix et des envolées lyriques. Oui, on parle toujours de hardcore, et les rythmes n'en finissent pas de varier tour à tour apaisés ou déchaînés par Julien. Les deux bords se font echo dans un précipité de contenus et de lâchez-prises à l'aide d'un trash puissant mais paradoxalement subtil et beau à écouter. Dans le morceau Inherent Distopia, Julien exploite sa voix à différentes hauteurs, décomposée sous différents timbres de voix et toujours en osmose avec un quatuor d'instruments qui s'imprègne de ses variations vocales. Ici, le groupe ne se réduit pas à déverser du brutal d'un bout à l'autre de l'album. Alors que The Act of Fortune ne s'embarrasse pas de subtilités vocales, Disphoria travaille particulièrement la mélodie de ses compositions afin qu'elles collent parfaitement avec le chant. Dans Existence, le rythme des instruments est en parfaite symbiose avec le flux vocal. Ainsi, Julien en vient à chanter d'une voix douce et claire, à gueuler, hurler. Il développe sa voix sous toutes les coutures, alternant de puissants accents hardcore et l'usage d'un grunt primitif, mais aussi le chant clair au cours de brèves et éphémères ballades.

Disphoria a trouvé le juste milieu entre la débauche sonore du hardcore et l'incorporation de multiples éléments qui rendent l'écoute de cet album pleine de surprises et d'impulsions divergentes, et même si les prémisses d'accalmies sont anéanties à coup de changements brusques et incessants, Disphoria laisse entendre l'émotion qui transpire de ses textes. Si le hardcore n'a rien de clean, on constate rapidemment que ce genre n'est pas plus inintéressant qu'un autre et qu'il ne rime pas uniquement avec violence, pogo et beuglements. Si Condkoï a choisi de crier des paroles où sexe, mort et humour font bon ménage et déchirent la baraque, Disphoria souligne également les moments de fragilité et de naïveté que nous ressentons tous, des textes à découvrir sur tintinabulae.blogspot.com. "Sleep and fly away... you'll be tortured forever" est un album qui met du jus dans les pattes et offre du sang neuf à un genre qualifié de purement primal.

Charlotte Noailles.

NEWS: Interview des trois musiciens de Krank!



Après leur très remarqué passage à Albi durant le festival Complot sur le Campus, et à l'occasion de la sortie de leur premier album, les trois membres de Krank! Cyril (voix, guitare), Rémi (voix, basse) et Eric (voix, batterie) répondent avec bonne humeur à quelques questions.


1) Tout d'abord, une question sur le parcours du groupe. Votre myspace laisse planer le mystère quant à l'année de formation de Krank! Concrètement, quand l'aventure a-t-elle débuté?

(Intense réflexion)
Cyril: Autour de quelques 1664… bien fraîches. (explosion de rires). En fait tout a commencé en 2006 avec un pote batteur, Christopher, et Rémi. On a écrit nos premiers morceaux et commencé les concerts peu après. Eric nous a rejoint quand Chris est parti, en janvier 2008.

2)Votre premier album est nourri de différents styles, funk, punk, metal, tout ça en fait un album éclectique et riche en couleurs. Quels sont pour vous les groupes de références dans ces différents styles musicaux?

Rémi: La liste est longue ! Si on ne cite que les plus connus et dans le désordre: Hendrix, Fishbone, Red Hot, Infectious Grooves, Rancid, NOFX, Cypress, Beastie Boys, Snot, Rage Against the Machine, Russel Gunn, Bob Marley, Maceo Parker, Weather Report, Uzeb, King Crimson, Pantera, Deep Purple, Led Zep, Sex Pistols, Chuck Berry, Joshua Redman… On peut continuer, t’as combien de pages?

Eric: En gros c’est tout ce qu’il y a de bon dans le rock et hard rock des années 50, 60, 70, 80, 90 et 2000, le metal, le blues, le jazz, le reggae, dub, world, hip hop…

Cyril: Pour comprendre il faudrait qu’on dise un peu ce qu’on fait…

Rémi: Oh non !! Il va pas recommencer !

Cyril : L’idée n’est pas de créer une nouvelle fusion ou un style, il s’agit juste de trouver les éléments de chaque musique susceptibles d’en enrichir un autre. La musique appelle la musique, il faut juste chercher à être ouvert et réceptif à tout le panel d’émotions que contiennent les différents styles.

3)Après l'expérience studio avec l'enregistrement de votre album, le groupe semble lancé pour aligner les concerts. Un album permet souvent de nouvelles ouvertures et la possibilité de jouer dans de nouvelles villes. Votre concert en avril dernier au festival Complot sur le Campus était-il votre premier concert en dehors de Toulouse?

Cyril : C’était pas le premier en dehors de Toulouse, par exemple on a fait le Winter festival à Gaillac, et quelques scènes dans le Gers, mais on est pas trop sortis de la région ! Une fois Rémi a joué de la basse à Paris, mais c’était pas vraiment un concert… (rires) (dispute) (bagarre).

4)Vous faites la première partie de Fishbone au Bikini le 25 juin prochain. Cette salle est un sacré tremplin pour se faire connaître. Comment vous êtes-vous retrouvé à l'affiche?

Cyril : On avait déjà demandé, par l’intermédiaire d’un pote qui bosse là-bas, pour plusieurs autres premières parties mais sans succès. Faut croire que cette fois-ci on a eu plus de chance ! Maintenant on espère que ça va être l’émeute dans le Bikini!

5)"Tu es en manque, il te faut du Krank!" La référence au film "Trainspotting" est bien trouvée, une accroche originale. Justement, d'où vient votre choix de Krank comme nom de groupe?

Cyril: Eh bien "krank" signifie "malade" en allemand. J’ai proposé l’idée, et comme la sonorité du mot correspond bien à notre musique (voir le titre Este Tio es tù), son sens aussi, et que ça a de la gueule tout le monde était ok.

6)Votre bonne humeur se retrouve autant dans votre prestation scénique, dans l'ensemble de vos morceaux que dans l'humour affiché du myspace, "Tu es pâle. Tu transpires? Tu trembles? Tu as la nausée, des pensées morbides? Tu hurles dès que ta mère rentre dans ta chambre sans frapper? Tu aimes Kenny Wheeler?" Pour tous les actuels et futurs albigeois accros à votre musique, peut-on espèrer un concert prochainement?

Rémi : Ben vu l’ambiance pour Complot sur le Campus, on est surchauds pour revenir ! Sérieux, ça c’est ce qu’on appelle un accueil ! Et le public… Je recommande à tous les zicos d’aller faire un tour à Albi et voir comment ça se passe !

Cyril : On a pas de dates prévues à Albi pour l’instant mais ça devrait arriver bientôt. C’est une ville qui bouge donc y a pas de raisons !

Merci à vous trois! On se tiendra prêt le jour J!

Charlotte Noailles.

NEWS: Lunatic Soul



Avec cinq mois de retard je vous annonce la sortie de "Lunatic Soul", premier album de Lunatic Soul, sorti en janvier 2009. Lunatic Soul est le nouveau projet de Mariusz Duda dans lequel il est chanteur, guitariste, et touche à tout de nature (il joue également de la basse et des percussions).

Avant Lunatic Soul, il était surtout connu comme le bassiste du groupe polonais Riverside (metal progressif).

Jetez-vous dessus, ce LP est un chef-d'oeuvre de la musique expérimentale et alternative. Fort et émouvant.

Charlotte Noailles.

SHELVING - "IMIHS"



1) I, 2) II.


Avec un catalogue tel que celui de Division Records, on s'attend naturellement à des sons qui tranchent avec la facilité. Avec Shelving, le contenu typique des groupes instrumentaux est mis à distance car le groupe enraye toute tentative de classement. Avec leur nouvel album intitulé "IMIHS", la première chose à noter est l'apparente originalité d'un groupe qui abandonne les modèles préconstruits de la musique psychédélique.

Sorti en mars 2009, l'album se compose de deux morceaux intitulés simplement: I (24,38 min) et II (26 min). Avec ces longues traversées instrumentales travaillées avec soin le groupe apporte un son neuf, fouillé, mélodique à souhait. Le groupe montre bien un décalage avec les modèles du post-rock dans le choix d'un post-kraut illuminé. Surtout instrumental, le son kraut est un mélange de la musique rock, de l'improvisation, et de l'electro afin de créer des effets visuels. Ces textures définissent aujourd'hui ce qu'on appelle l'ambient. Tant au niveau de la forme que du fond "IMIHS" surprend, hypnotise nos sens par des sons tout droit sortis d'une forêt animée, vivante d'une ambiance primitive et lointaine. L'album a d'ailleurs été enregistré au cours d'une retraite dans les bois du Jura suisse.

L'omniprésence de l'orgue et du clavier permettent de créer une ambiance à mi-chemin entre l'angoisse et la plénitude, entre le solennel et le sauvage à l'état pur. Laurent (claviers), Dimitri (batterie), Lorain (rhodes), Vincent (basse) et Yan (guitare) nous offrent pendant cinquante minutes des sons ambigus et inclassables dont on se gorge sans savoir où se situe la limite entre lumière et obscurité. L'évidence seule est celle d'un talent incroyable pour la composition. Le résultat est un son nourri et puissant qui ne lasse jamais l'oreille et nous épargne les pesants silences répétitifs que bon nombre de groupes instrumentaux utilisent à outrance. Shelving est à des lieux de la civilisation, à des lieux de la norme musicale avec cet album. Né dans l'antre d'une maison marquée du nom de "IMIHS", I et II sont le résultat d'une aura de mystère, d'une initiative atypique de cinq musiciens en mal de nouvelles sensations. Ce qu'ils ont trouvé dans cette maison restera inatteignable et obscur, mais avec cet album incroyable, véritable épopée de flux planants, le groupe en a capturé l'essentiel pour nous en faire partager les sensations.


Charlotte Noailles.

NEWS: Nouvel album de Therapy?


Crooked Timber est le onzième album de Therapy? (10 morceaux sur la galette). Sorti le mois dernier, le trio irlandais nous offre des morceaux qui oscillent entre punk, grunge, rock alternatif et metal. Pour les amateurs de Social Distortion et d'ambiances nineties frappa-dingues. La voix d'Andy Cairns vaut à elle-seule le détour. Have fun!

Charlotte Noailles.

TEAM SLEEP - "Team Sleep"



1. Ataraxia, 2. Ever (Foreign Flag), 3. Your Skull Is Red, 4. Princeton Review, 5. Blvd Nights, 6. Delorian, 7. Our Ride To The Rectory, 8. Tomb Of Liegia, 9. Elizabeth, 10. Staring At The Queen, 11. Ever Since Wwi, 12. King Diamond, 13. Live From The Stage, 14. Paris Arm, 15. 11/11


Team Sleep - Team Sleep

Cela fait quatorze ans que Deftones ébruite les oreilles de nos grand-mères avec maintenant cinq albums au compteur (et un nouveau né pour bientôt!), mais Chino Moreno, chanteur et guitariste du groupe, ne s'est pas contenté de s'asseoir sur ses lauriers. Star du nu metal, peut-être, mais c'est surtout le leader de l'un des plus intéressants side-projects qui aient jamais vu le jour.

En mai 2005, Team Sleep sort son premier album éponyme "Team Sleep" et Chino Moreno se révèle sous un jour plus intimiste dans une formation qui se compose aussi de Todd Wilkinson (guitare), de DJ Crook (platines, beat), de Zach Hill (batterie) et de Rick Verrett (basse; également membre de Hella). Cet album utilise les sons de différentes scènes et on évite ainsi le redondant et les désagréables airs de déjà-vu. A l'évidence les musiciens ont envoyé boulé toutes les cloisons qui séparent habituellement les différents styles de musiques.

Avec Team Sleep on abandonne les rivages du metal pour donner les pleins droits à des ambiances complètement éclectiques. On découvre un univers pour se retrouver projeté dans un autre et avec une telle facilité que s'en est déroutant. Les transitions s'opèrent d'elles-mêmes sans impression de violence. Le tout est fluide, bercé par la voix d'un Chino au sommet de son talent, et on découvre alternativement de l'electro pure avec le morceau Staring at The Queen, du rock alternatif, de la transe, du metal tempéré, des enregistrements de bruits extérieurs, des voix off (Paris arm, Emmène-moi avec toi, dans tes bras à Paris...) dans un pêle-mêle de morceaux tous plus atypiques les uns que les autres. Chaque membre du groupe apporte un plus aux répertoires individuels. L'electro affirme l'omniprésence de DJ Crook dans ses rangs avec des touches d'electro récurrentes dans tout l'album. Par ailleurs, l'alliance entre l'electro et la voix de Chino fait merveille avec King Diamond. Sa voix a acquis de l'expérience et ajoutée à la diversité des styles abordés montre une évolution de qualité quant au pouvoir transcendant de son chant. Il n'y a qu'à écouter Ataraxia pour se laisser pleinement convaincre par la beauté qui se dégage du morceau, de la symbiose entre les instruments et la voix de Chino. C'est un morceau qui attire les larmes, projette une tripotée de visions galactiques et d'émotions. Ever, morceau qui a fait le succès de l'album à sa sortie, est un échantillon sublime du contenu de l'album. Il pousse à son summum les qualités individuelles. Les morceaux Elizabeth et Princeton Review mettent Zach en avant avec une batterie qui nous offre un cadre basé sur l'harmonie des rythmiques. Dans Your Skull is red ce sont des vagues qui nous bercent à l'entrée du morceau et nous ouvre vers une étendue plus enlevée, plus profonde et toujours menée avec brio par un chant aérien.

Les fans de Deftones trouveront que certains passages leur rappellent trop Deftones (Boulevard Nights par exemple). Les échos au groupe source sont parfois flagrants, du fait d'un chant originellement deftonien et à certains moments on se surprend à se demander s'il s'agit de Team Sleep ou de Deftones, pourtant la majorité de l'album fait du neuf et propose véritablement un monde bien à lui. La musique de Team Sleep regorge de différents horizons et de sonorités innombrables. Nourri de variantes incessantes, "Team Sleep" rend hommage à tous les genres musicaux que l'on peut connaître, avec une préférence flagrante pour la musique dite alternative. On ressent un véritable travail sur l'ambiance des morceaux. Dans Princeton Review la voix de Chino est lointaine, résonne avec des effets de ralenti dans une intemporalité difficile à saisir. On peut entendre un train sur des rails durant quelques instants, puis le bruit de grillons avant que les instruments ne disparaissent derrière une sombre forêt de riffs brutaux et inattendus. L'ambiance épaisse et céleste se mêle à des sons flottants, imperceptibles dans leurs lignes autonomes.

Team Sleep est un groupe prenant, groupe inégalable né de l'union azimut de différents courants musicaux et qui a brisé avec talent ses liens avec les aliénantes origines pour créer sa Tour de Babel avec un même langage de l'inouï.

Charlotte Noailles.

IRIS CORPORATION - "A New Saint Session"



01/A New Saint Session 02/Highest Love 03/Greedman 04/Invisible Rain 05/Ship Of Wonders 06/Brain-Wave 07/Eye Of The World (part I) 08/Eye Of The World (part II) 09/HeartH 10/Sundog 11/Jack And Amy 12/Sunnyday 13/Pleading For Love

>>> Myspace <<<
>>> Site Officiel <<<


IRIS CORPORATION, anciennement IRIS, est un groupe originaire de la très jolie agglomération albigeoise et fait suite, avec A New Saint Session, à un premier album Head On The Floor paru en 2002.
Sept ans de maturation ont donc été nécessaires pour achever la conception de ce 13 titres. Ce délai n’a néanmoins pas été vain puisque le groupe en sort totalement transfiguré, et ce au-delà de considérations purement musicales.
En effet, sur la forme, l’artwork épuré aux touches arty poussées à leur paroxysme en est le témoin (digipack et livret 16 pages où les paroles sont illustrées par une iconographie foisonnante : extraits de parchemins, motifs d’alchimie, …). Sur le fond, c’est la richesse et la subtilité des lyrics qui impressionne. Constructions alambiquées et enjeux brûlants traités avec délicatesse, les sujets moteurs sont l’écologie -teintée d’ésotérisme (lisez et décortiquez « Highest Love » ou « Ship Of Wonders »)-, endoctrinement par les « groupes spirituels hiérarchisés » communément appelés « religions », sans oublier l’ovni de l’album : le rigolo et explicite « Jack And Amy ». Déjà, sur ce point, le trio (parfois duo) se démarque de la concurrence car, généralement, qui dit pop/rock anglophone sous entend vacuité dans l’écriture. En fait, une description plus approfondie de ces aspects ne serait pas au service de cet album à apprécier dans sa globalité et autour d’un message récurrent : le partage doit prévaloir sur le profit car il en est la source.
Mais ces aspects singuliers avaient déjà entamés leur éclosion sur le premier album, c’est en fait musicalement que la métamorphose s’opère -évolution, là aussi déjà perceptible sur le premier effort- et ce en quatre points :

1/ Désormais chaque chanson dégage une personnalité, assimilables dès les premières écoutes. Fini les alternances mécaniques et ultra éculées passages doux/accélérations électriques, le spectre sonore du combo vogue allègrement entre rock pêchu (« A New Saint Session », « Greedman », « Sundog »), chansons colorée d’un feeling oriental divin (« Ship Of Wonders », « HeartH », « Highest Love », l’ouverture de « Sunny Day ») et pop planante (« Eye Of The World ») mais le tout est cimenté par une très (trop ?) solide cohérence ; ainsi même les titres enlevés sont ornés de digressions acoustiques (« Invisible Rain », « Brain-Wave »).

2/ Arrêtons nous maintenant sur la production, léchée et limpide. Entièrement enregistré et mixé par John « JP » Iris, (retenez votre souffle) chanteur, guitariste, parolier, (parfois) bassiste et pianiste du groupe ; le son est clair, fluide, puissant et aéré, valorisant admirablement chant et guitares (on pourra juste regretter un son de batterie quelquefois trop étouffé en dépit d’une excellente prise de la caisse claire). Là encore, les progrès par rapport au premier album sont plus que notables.

3/ Troisième point et non des moindres, le trio a significativement émondé ses compos d’une densité superflue, élargissant l’espace sonore et juxtaposant de nombreux arrangements (maracas, percus, cordes, éléments électroniques très typés Trip Hop) sans rendre indigeste sa musique. Ici, efficacité rime avec prise de risques, IRIS réalise donc un tour de force en parvenant à se faire plus addictif et plus diversifié notamment au niveau des riffs de guitares plus efficaces et recherchés -même si quelques solos assez éblouissants techniquement sur le premier opus, auraient, à mon goût, pu être reconduits. Seul regret : que le combo ne délaisse pas un peu plus le format couplet/refrain/pont…

4/ Enfin, l’aspect qui risque de faire la différence est le chant, métamorphosé. Si John « JP » Iris a toujours recours à des vibraltii superflus dans les graves entamant un peu la pureté des émotions déployées (« Ship Of Wonders »), ainsi qu’un timbre parfois difficile à appréhender dans sa tessiture la plus grave, il réalise globalement un tour de force ahurissant de maestria technique. Autant capable d’interventions qui vous resteront imprimées dans le cortex un bon bout de temps (« Greedman », l’Enorme et touffu « Jack And Amy », le refrain d’ « Invisible Rain », le tube parmi les tubes « Sunny Day » -surtout cette montée lyrique à partir des 4’03…) que de pirouettes assourdissantes (« Ship Of Wonders »), en passant par la voix mixte haut perchée et puissante (« A New Saint Session », les ponts d’ « Invisible Rain » et de « Sundog ») et par le travail singulier tout en retenue (« Eye Of The World » I&II). Mais c’est surtout quand il use d’un registre gouailleur (« Pleading For Love ») ou sacré qu’il est le plus remarquable comme en attestent les inestimables « Highest Love » et « Brain-Wave ».


IRIS CORPORATION s’émancipe donc de par son travail vocal et guitaristique très abouti conjugué à un feeling oriental inhérent à chacune de ses notes. Finissons cette chro’ par le clou du cd « Pleading For Love », ode à l’amour funky où, comme sur le reste de la galette, le batteur dévoile sa virtuosité -c’est en fait un peu comme les Red Hot mais avec une guitare et une batterie. Néanmoins, que les adorateurs du premier opus se rassurent, des réminiscences du rock burné pratiqué par le combo subsistent, le pêchu « Greedman » devrait satisfaire votre appétit -même si personnellement, en dépit du fait que cette chanson soit la plus entêtante de l’œuvre, je la trouve un cran au dessous des autres titres en termes de composition et de raffinement.
Espérons donc que la formation poursuivra ses élucubrations world en affermissant et exacerbant l’apport des instruments « non rock », tel que l’oud de « HeartH » le préfigure.
A quand IRIS CORPORATION interprétant « Le Petit Bonhomme En Mousse » pour enfin (re) remporter l’Eurovision ?

DEMISROUSSOS81