||| Chroniques Et News De Tous Styles Musicaux |||


BETWEEN THE BURIED AND ME - "The Great Misdirect"



1) Mirrors, 2) Obfuscation, 3) Disease, Injury, Madness, 4)Fossil Genera - A Feed From Cloud Mountain, 5) Desert Of Song, 6) Swim To The Moon




Enfin ! Voilà qu’avec une boulimie irradiante Between The Buried And Me nous offre sa dernière offrande. Et qui dit Between The Buried And Me dit recherche inénarrable et richesse incommensurable. Alors oui beaucoup d’éléments de Colors (le précédent et magistral opus) trahissent les premières écoutes ; oui le son titanesque emploie les mêmes fréquences que son prédécesseur ; oui Tommy Rogers saupoudre toujours les interstices mélancoliques d’une voix falsetto à se damner alors qu’il soutient avec véhémence les fulgurances chaotiques par son growl puissant caractéristique ; oui le combo nous la joue opéra rock avec son concerto en 6 mouvements ; oui, oui… Mais s’arrêter là et cantonner The Great Misdirect à du bon boulot pour un groupe en roue libre serait extrêmement réducteur et un réel écueil.
Car oui, Between The Buried And Me est bien plus que du deathcore labellisé New Age. Les thématiques développées dans les textes de Tommy sont toujours d’une profondeur immanente. Une véritable catharsis pour leur auteur. Le son met aussi en avant chacun des musiciens et le travail lumineux de Dan Briggs -bassiste- n’en pèse que plus. Au-delà du fait que les interprètes affichent donc toujours la même et rageante dextérité divine, ils poursuivent leur mutation… mais d’une façon moins visible que précédemment. En effet, sur cet opus, l’évolution est perceptible dans les accalmies où Paul Waggoner -guitare- intègre des digressions slide et des sonorités -tant acoustiques que bluesy- d’une épuration « désertique ». Si on pouvait reprocher à Colors de pêcher par une densité gargantuesque, The Great Misdirect intègre, lui, des enchevêtrements rythmiques toujours aussi hallucinants mais matinées de réelles aérations qui, en plus d’être d’une finesse éblouissante, font montre d’une cohérence autrement plus grande que sur toutes leurs précédentes réalisations. Par ce travail singulier, les aspirations du quintet s’en retrouvent déployées et permettent d’agréger éclectisme et exigence sans faire trop éparpiller le cortex de l’auditeur (« Swim To The Moon »).
La formation se met donc en difficulté mais n’oublie pas de nous pondre de pures boucheries (« Obfuscation » et son travail sur les harmonies digne d’un Cynic en grande pompe) ou des refrains sublimes (« Swim To The Moon »). En assumant l’influence de Pink Floyd ou Rush, le groupe enfante certaines parties au raffinement troublant (« Disease, Injury, Madness » rappelant immanquablement « Ants Of the Sky »). Et quand Between The Buried And Me s’attaque à l’exercice périlleux du titre délicat vantant les mérites de la camomille et la tisane de pâquerettes (« Desert Of Song ») il s’en sort haut la main.
Enfin, comment occulter « Fossil Genera - A Feed From Cloud Mountain », peut être le titre le plus recherché -en tout cas le plus alambiqué- sorte de rencontre impromptue entre Mr.Bungle, le Ulver des débuts, The Red Chord et The Ocean le tout avec le Mahavishnu Orchestra en guest surprise…

J’ai attendu cet album deux ans, le dissèque depuis un mois et, si c’est peut être l’œuvre la moins surprenante de cet étonnant combo, c’est un de ses travaux les plus aboutis et réussis… même si un avis définitif ne peut se forger qu’avec plusieurs mois de recul.



Demisroussos81 (FLO)

NEWS: Interview de Split


Bonjour messieurs. En écho à ma chronique sur votre EP, je vais profiter de cette interview pour nourrir ma curiosité de musicienne. J’ai particulièrement aimé l’entrée en matière de « Tales of Vanity » avec le morceau "D’eau claire et d’acier". Le piano est accrocheur, limpide, rythmé, auquel s‘ajoute différents arrangements qui font merveille. Vous avez un pianiste en herbe dans vos rangs, ou est-ce un passage préenregistré ajouté au morceau ?

Thierry (Guitare): Au départ, ce passage a été composé pour deux guitares acoustiques, mais comme nous avions déjà "Tales of Vanity" en guitare acoustique, on s’est dit que pour une intro le piano serait un bon compromis. Alors c’est Flave, l’ingénieur du son de tales of vanity et également compositeur, qui a retranscrit la compo pour le piano. Nous voulions quelque chose de soft sans que cela sonne electro non plus, et je crois que Flave nous a bien compris.

Depuis la sortie de votre premier EP en juillet 2009, la promotion du groupe va-t-elle bon train ? Votre myspace annonce l’ambition de faire connaître Split à travers toute la France. De ce côté-là les choses bougent-elles ? Un label vous aurait-il approché ?

Thierry (Guitare): Nous le savions déjà avant de commencer, mais je crois qu’on s’en rend compte de plus en plus, la démarche pour faire connaître l’EP est encore plus compliquée que de le réaliser.
Notre démarche se décompose en deux phases.
La première était de faire parler de notre EP, par les webzines, presses spécialisées, myspace, lastFM (qui fonctionne plus pour l’étranger).
La deuxième phase est d’aborder les labels ou associations qui pourraient nous aider à s’exporter un peu plus loin que la Lorraine.
Nous avons quasiment terminé la première phase et nous sommes agréablement surpris des critiques à notre égard.
Quand à la seconde phase, elle nous semble plus délicate, car même si le groupe a déjà 10ans, c’est en fait notre première expérience dans ce domaine et nous cherchons évidemment des labels susceptibles d’être intéressé par notre musique, ce qui n’est pas facile. Mais nous allons bien finir par trouver un compromis.

Votre timbre musical est particulièrement riche et personnalisé. Il y a des compositions hybrides qui embrassent une multitude d’influences. Depuis la création du groupe, avez-vous toujours été inqualifiable ou davantage trash, death, hardcore ?

Christophe (Batteur): Je crois qu’on a toujours rigolé des étiquettes qu’on a tenté de nous donner.
En effet, depuis toujours, on s’est jamais trop soucié de coller à un style ou à une mode particulière. (Peut-être à tort car cela aurait sûrement facilité nos démarches ou nos candidatures pour certains festivals.)
Disons qu’avant tout, nous jouons pour nous faire plaisir, le style qui ressort de notre musique n’est pas vraiment étudié. D’ailleurs, il n’est pas défini. Nos compos évolueront tout le temps. Même si elles resteront dans la famille metal. Enfin, je crois (sourire).

Comment se passe la promotion en Lorraine? Le coin est fréquenté des metalleux, ou avez-vous du bouger davantage pour vous faire connaître ?

Laurent (Basse): Nous avions pas mal de concerts de prévu pour Novembre/Décembre essentiellement en lorraine, mais ils ont été quasiment tous annulés par les orgas. Du coup, c’est un peu le creux de fin d’année. C’est dommage. La lorraine est assez réceptif pour le metal, il reste encore des viviers de chevelus à droite à gauche. Pour ce qui concerne le reste de la France, on est évidemment preneurs, mais c’est vrai qu’on galère pas mal faute de contacts.

La technique, la maturité et la précision sont des qualités qu’on trouve rarement dans un premier EP. On ne pourra que se régaler avec un album. On dit toujours de ne pas tuer l’ours avant de l’avoir tué, mais pouvez-vous déjà annoncer un LP, ou vous laissez-vous du temps pour promouvoir « Tales of Vanity ? ».

Split: C’est vrai que dans les chroniques qu’on a reçu sur "Tales of Vanity", on est en droit d’attendre un LP, alors évidemment on en parle déjà. Nous ne sommes pas professionnels, et la composition d’un album va forcement nous demander pas mal de temps surtout si l’on veut conserver le style du notre EP. Disons que ça prendra le temps que ça prendra. En priorité, on va faire la promo de TALES OF VANITY.

Le morceau «Tales of Vanity » est très différent du reste de l’album. Une nostalgie de la guitare acoustique et classique semble s’exprimer par la douceur inhérente du morceau. L’absence du chant accentue le contraste avec le reste de l’EP. On trouve une foule de tempos et de rythmiques dans vos quatre morceaux, une volonté de trancher avec un genre prédéfini ?

Adrien (Chant et Guitare): Encore une fois, nous composons sans trop nous soucier de la forme finale de la compo. Alors en final, c’est vrai que comme nous n’avons pas vraiment de modèle stylistique, nous tranchons peut-être avec les autres styles metal. Et d’ailleurs nous nous en rendons compte pendant les concerts où bien souvent le public est un peu perdu par nos structures.

Votre prochain concert a lieu en Lorraine le 12 décembre au bar le No Man’s Land. Le nom annonce la couleur ! Sans lister une foule de groupes trash et metal qui vous ont dorloté depuis toujours, quels sont respectivement vos trois groupes phares ?

Split: Pour faire simple, je pense qu’on écoute plutôt la même chose et que je pense qu’on peut retrouver les influences de Between the Buried and me. Undying et the August burns red dans la musique de SPLIT.

Pour revenir à la pochette du groupe, j’y ai vu une référence au film "Château dans le ciel" de Hayao Miyazaki, mais aussi un cri d’alarme sur l’état actuel du monde. Dans vos paroles, quel message cherchez-vous en particulier à transmettre ?

Adrien (Chant et Guitare): Après avoir questionné le graphiste sur ses influences, je crois qu’il n’avait pas fait exprès pour le clin d’œil sur le château de Hayao Miyazaki. Donc simple hasard.
En ce qui concerne cette pochette, ce que nous voulions, c’était uniquement sortir d’un cliché trop metal habituel, où souvent la mort est mis en premier plan. Nous sommes loin de ces idées là, et nous avons cherché à trouver quelque chose d’original pour la pochette, vue les remarques des gens sur cette dernière, ça a l’air réussi.
Nous n’avons pas pour but de moraliser les gens qui nous écoute, nous véhiculons aucun message de haine, ni d’amour d’ailleurs (sourire). Nous pensons avons tout que la musique est là pour divertir et pour pas se prendre au sérieux. Ca c’est le rôle des politiciens et des gens raisonnables.

Eh bien merci beaucoup messieurs, et surtout avertissez-moi si vous passez à Nantes, Bordeaux ou Toulouse. A suivre!

Charlotte Noailles.

LOST SPHERE PROJECT - "Verse XXIV"



1) 26122004, 2) Room 69, 3) Erectil dysfunction, 4) Velociraptor, 5) Alembic addiction pt.2, 6) The one I love to hate, 7) Stomachal butterflies, 8) X, 9) Luvicide, 10) Ragnagnok the great, 11) Suffer, 12) March of the myopic, 13) Heartstorm, 14) Alembic addiction pt.1, 15) Verse XXIV, 16) War for free.



C’est fidèle à mon poste de chroniqueuse pour Division Records que je m’attèle aujourd'hui au LP « Verse XXIV » de Lost Sphere Project, sorti le 13 novembre. Attention, ici les ampoules ont claqué et l’obscurité s'est faite reine. Gueule belliqueuse, crocs acérés, chant contre hurlements, je vous préviens que l’ambiance n’a rien d’harmonieux. Le premier né de LSP agresse nos oreilles sans vergogne de ses cris inquiétants, à croire que Satan s’est invité au karaoké. Le résultat fait mal à souhait, et qu’à cela ne tienne ! Il y en a à qui ça plaît. Avant de poursuivre, sachez aussi que LSP est le side-project de Rorcal... alors ça y est, vous êtes dans le bain ? Maintenant on va pouvoir tâter la température de l’eau.

Dès les deux premiers morceaux de « Verse XXIV », je pense à des gravas pulvérisés suite à une explosion, ou encore à une créature à l’agonie enchaînée qui nous regarderait haineuse la bave aux dents, et si de nombreux critiques ont pu entendre des passages aériens, moi je les cherche encore (en même temps je ne crois pas que le style s’y prête). A moins d’être amateur de grindcore, de black et d’ambiances lourdes et inquiétantes, a priori il y a peu de chance que ça passe. A la première écoute de « Verse XXIV » on a l’impression désagréable d’être piétiné par une armada de trolls enragés. L’album déraille, cogne, et brutalise sur la longueur. Oyé oyé barbares ! Bienvenue ! Et n’oubliez pas les pansements post-écoute, car ça saigne méchamment. Il n’y a qu’au neuvième morceau, Luvicide, que LSP nous offre la surprise d’un chant clair en duo avec du chant saturé. Passage largement apprécié au milieu des bombes, du death growl et d’un chant diphonique entre chant mâché et grognements (les grosses baffes sur Suffer et Room 69).

Les seize épisodes de cette saga animale et guerrière ne révèlent rien des paroles qu’ils rugissent même si l’on peut déduire quelques uns de leurs sujets de prédilection grâce aux titres des morceaux: Alembic addiction pt.1, Erectil dysfunction, Suffer, etc). On n'en saura guère plus sur ce violent animal. La technique est parfaite, les musiciens de haut niveau, mais difficile d’accès. Les enfants de chœur n’ont qu’à fuir devant l’animal, comme le Gévaudan devant la Bête, car la créature sortie de son trou a bien l’intention de tout détruire sur son passage. Dévorer, piétiner, tuer, vos tympans en seront marqués durablement si vous les laissez à la merci des LSP. Si vous cherchez à extraire le Mal, LSP est un processus cathartique on ne peut plus efficace. L’album derrière vous, vous vous sentirez purifié et soulagé.

Vous l’aurez compris, amateurs de grindcore, jetez-vous dessus, et pour les autres, prenez gentiment le sentier qui contourne l’entrée de la grotte.

Charlotte Noailles.

NEWS: Agora Fidelio enregistre son nouvel album

Si son myspace n'annonce rien, l'actualité du groupe est pourtant digne d'être signalée. Et comment!

Les toulousains d'Agora Fidelio entrent en studio en décembre pour enregistrer leur nouvel album, annoncé comme un triple album-triptyque.
Après "Une histoire de chair" en 2002, "Altitude Zéro" en 2004, l'EP "Finir à Paris" en 2006, et "Le Troisième choix" la même année, on a hâte de découvrir la suite après une pause de trois ans.

A surveiller de très près! Décembre étant le mois du père à la longue barbe blanche, l'info aurait pu passer inaperçue.

A plus tard!

Charlotte Noailles.

AMANDA PALMER - "Who Killed Amanda Palmer"


1. Astronaut, 2. Runs In The Family, 3. Ampersand, 4. Leeds United, 5. Blake Says, 6. Strength Through Music, 7. Guitar Hero, 8. Have to Drive, 9. What's the Use of Wondr'in?, 10. Oasis, 11. The Point of It All, 12. Another Year


>>> Myspace <<<

>>> Site Officiel <<<


Il y a des choses qu’on peut difficilement esquiver sur son parcours. En ce point, le Docteur ès zizik que je suis ne saurait faire l’impasse sur Amanda Palmer.


Près de dix ans séparent les premiers pas de la belle de Boston dans son duo punchy des Dresden Dolls du présent album. Amanda Palmer se la joue solo, expérimentant - pour un temps - l’aventure musicale sans cet incroyable mime-batteur qu’est Brad Viglione. Se la joue solo ? Pas exactement mes amis. En effet, si notre reine du clavier s’est lancée dans cette épopée-ci, ce n’est que soutenue par le violoniste et actuel producteur de son album, j’ai nommé l’australien Ben Folds. Mais qu’on ne s’y trompe pas, c’est bien l’album d’Amanda, le violon restera toujours très discret.


Ces petites précisions inscrites, qu’en est-il à proprement parler de Who Killed Amanda Palmer ?


Avant de rentrer dans le détail de l’album et ainsi décortiquer une à une les douze pistes pour cabaret-punk que la demoiselle nous offre, il est une chose qui frappe de suite : Amanda a retrouvé le feu des débuts survoltés des Dresden. Là où sa prime formation faiblissait de CD en CD pour finir sur un mou du genou No, Virginia, nous retrouvons toute la fougue qu’on aime chez elle. Ni ces noires années, ni même sa récente opération des cordes vocales ne semblent plus pouvoir l’affecter. Pour tout admirateur de cette diva du 21ème siècle, c’est une véritable renaissance.


Dans le détail, Amanda nous offre des pièces plus personnelles, n’hésitant pas à ressortir des fonds de tiroir comme sur le calme mais intense Strength through music ou encore nous présenter ses autres amis, comme sur la reprise de What’s the use of wond’rin’ ? avec Annie Clark (de St Vincent, que je vous conseille pour les avoir vu en live l’été passé), ou encore East Bay Ray (des Dead Kennedys)… pour ne citer que mes favoris. Amanda a su s’entourer, pour notre plus grand plaisir, et ce sans que les apparitions des uns comme des autres ne brisent l’harmonie de l’œuvre.


Tout commence par Astronaut, dès la première note claquée dans un cri retenu, toute la véhémence de son être. Un premier couplet posé, un fond très calme violoncellé, au piano muselé, mais Amanda est l’eau qui dort, jouant sur le registre du You snooze you loose cher à Gonzales, elle repart bien vite pour notre transport, et de là, ça ne s’arrête plus. Je la revois encore jouer ça, frappant parfois ses notes avec le coude. Véridique. Et que dire de sa voix, sa voix ! Toujours à un doigt de casser, mais toujours à la note juste, toujours une passion rimant dangereusement avec perfection. Une fois remis, on se le demandera : mais quand piano et violon se sont-ils si bien accommodés dans notre histoire ? Ne cherchez pas, Astronaut, sur ma planète, on appelle ça un tube en puissance. Simplement. Cette mise en bouche ne semble pas avoir entamée notre vaillant duo, qui enchaîne sans transition avec le nerveux Runs in family, au tempo sonnant comme une course contre la montre, en adéquation avec ses paroles. Suivra l’intime Ampersand, qui nous permet de retrouver les ballades au piano côtées des Dresden Dolls. Et Re-boom ! Leeds United vous empêche de vous poser, avec un piano straight qui a enflammé les plus belles heures du cabaret punk. Amanda est aux commandes et elle le prouve, on sort pour une première fois les trompettes, même sur celle-là, où tout se joue finalement aux montées rock de la dame. Pour se remettre, deux chansons travaillant d’avantage sur le sens des paroles que la puissance des mélodies, je ne dévoile rien.


Bon, jusqu’ici, c’était très bien. Nan, vraiment. Très bien.


Mais voici venu Guitar Heroe, le titre qui rend cet album obligatoire, celui que j’ai écouté en boucle durant des nuits et des nuits en me remémorant de ce baiser avec Amanda (cadeau d’anniversaire, eh ouais mon pote !). Qu’est-ce qui s’est passé lorsqu’Amanda a pondu cet hymne ? Si vous n’avez jamais vu à quoi ma muse chérie ressemble, jetez un œil à ce clip en particulier. Décrire toute la puissance de ce morceau est un véritable challenge mais baste ! Rien qu’à la première note saturée, on sent le gros tube du fond des âges venir, comme une prémonition au coup de foudre auriculaire. Puis c’est l’accord magique sur guitare électrique, et après ça, tout peut arriver, et tout arrive ! Un piano qui claque en osmose, la voix d’Amanda comme une injonction à aimer ce qu’elle nous inflige, à la fois puissante, partant dans des montées qu’on lui ignorait encore chez les Dresden, sentimentale, battant au rythme violent de ce qu’est vraiment la vie. On m’accusera de subjectivité ! Je la revendique, et vous mets au défi de rester indifférent à ce crescendo. Voilà !


Vous l’aurez compris, après cette bombe, le reste de l’album importait peu. Très sérieusement, il aurait pu s’arrêter là, je ne lui aurais rien reproché. Tout comme mon article, tiens (mais sentant les ondes tout aussi télépathiques que coercitives de mon rédac chef, je préfère continuer). Ainsi il vous faudra du temps pour remarquer la piste suivante, Learn to drive, très posée, presque a capella, qui plus est. Non, tout ne recommencera que sur le duo pastichant Le Carousel, avec Annie Clarck, tellement l’humour vient s’incruster. Puis bizarrement, là où nul d’humour n’avait jusqu’ici pointé le bout de son petit nez rouge, Oasis, qui, traite de l’avortement chez l’adolescent comme s’il s’agissait d’une comédie musicale. Comme devait s’en défendre plus tard Palmer face aux censures des radios anglaises, il est pourtant difficile de traiter de sujets douloureux (la chanson lui viendrait en partie de sa propre expérience) avec humour, et c’est un vrai tour de force que d’y parvenir. J’en connais une qui aurait été très copine avec notre regretté Desproges. Clip très amusant, ceci dit. Bon, petit Point of it all où Amanda laisse peut-être un peu plus de leste à Ben Folds (quoique).


Et tel un sale Jack-in-the-box, un dernier morceau dévastateur. Guitar Heroe vous à fait vous sentir vivant ? Apprêtez-vous à mourir sur place. Another Year, un crève-cœur, si les paroles ont une quelconque résonance chez vous, ou même si elles n’en n’ont pas. Bienvenue dans la cour des grands joueurs de piano, ce qui force d’ailleurs l’admiration chez Palmer, puisqu’elle n’a jamais appris à lire une partition. En une gamme tout est plié : vous savez que vous n’allez pas repartir indemne. Encore une fois, je ne tiens pas à lever le voile des paroles, si vous ne comprenez pas bien l’anglais, il me semble plus judicieux d’aller voir par vous-même une traduction. Je m’autorise une digression (encore) pour souligner que bien de belles chansons, comme Strange Fruit, prennent un fond dramatiquement percutant lorsque vous savez de quoi elles retournent. Amanda Palmer nous gardait la plus intime pour ce final que je vous déconseille fortement d’écouter en boucle.


Définitivement, l’album qui aura marqué l’année passée, pour votre modeste serviteur.


OK, à titre plus personnel, cet article me voit réintégrer Collective Anthem. Par l’amélioration sensible de mes moyens d’action, me voici définitivement de retour dans la place. Désolé de cette longue absence…

Split - "Tales of Vanity"

1) D'eau claire et d'acier, 2) The Least of our smiles, 3) Tales of Vanity, 4) The Exchequer, 5) Halcyon Stream.

>>> Myspace <<<

Quelle pochette! Quel groupe! En plus d'une illustration qui attire le regard, l'EP « Tales of Vanity » est également une merveille musicale. Je souhaiterais maintenant que la presse et les webzines repèrent les bonnes têtes aux quatre coins de la toile et offrent enfin de la visibilité aux groupes qui proposent du neuf à la scène metal. A l'écoute de Split, à la fois trash, metalcore et non conforme, l'urgence est aux remerciements, car c'est grâce à des groupes innovants tels que Split que le metal continue de nous surprendre. En passant par Metallica, Iron Maiden, Judas Priest, Megadeth, ou encore Gojira, Darktribe, Parkway Drive, Manimal... le genre continue d'inspirer de nouvelles générations, et de révéler ses variantes et nouveaux talents.

Avec Split le metal évolutif est à vos portes. Jetez-vous à sa rencontre. Le groupe vous propose ici un EP de grande qualité. « Tales of Vanity » se présente d'abord à nous via l'illustration d'une cité futuriste qui orne la pochette. On pense immédiatement à l'affiche du « Château dans le ciel » de Hayao Miyazaki, bien que la scène que nous donne à voir « Tales of Vanity » soit plus sombre. Fumées d'usines, déchets toxiques rejetés par les tuyaux, la cité en forme de coeur représente la civilisation polluante des hommes et le chant de leurs « Contes de Vanité ». Avant leur EP, Split c'est tout d'abord trois démos, une onze titres en 1999, « Ecume de vie » en 2004, et « For all her natural beauty » en 2006, ainsi qu'un bon nombre de concerts dont l'ouverture pour X-Vision et Dagoba.

Sorti en juillet 2009, « Tales of Vanity » nous délivre un chant qui gronde, une voix qui porte et des compositions variées qui montrent que Split a tous les atouts de son côté pour surprendre et satisfaire les soifs metalliques des plus férus d'entre nous. Nous plongeons dans trente minutes de fureur chaotique nimpée de lumière: le morceau Tales of Vanity est une ballade aux sonorités à la fois folk et metal, et le morceau The Exchequer débute au rythme d'une marche guerrière. Aux commandes de leur tuerie metalcore, avec chant trash et virées brutes et mélodieuses, Thierry, Adrien, Laurent et Christophe sont en passe de devenir des incontournables de la scène metal underground. Ils nous proposent avec rage un EP hybride entre Between The Buried and Me, Kongh (down-tempo), Impure Wilhelmina, et la beauté lyrique des envolées classiques (piano et samples electro sur D'eau Clair et d'Acier). Moins sludge que Kehlvin, pas viscéralement death, Split est un mélange de trash, d'ingéniosités rythmiques, et de transitions si fluides et cohérentes qu'on ne peut que s'extasier à leur écoute.On découvre des décharges spontanées qui fusent en tous sens, comme avec l'entrée musclée du titre The Least of Our Smiles qui est rapidement suivie d'altérations death, hardcore et instrumentales, puis place à de nombreux solos de guitares au tempo entre lenteur et vitesse infernale (de très beaux solos sur The Exchequer). Un EP grandiose que je ne me lasse pas d'écouter depuis maintenant trois semaines. Split est un groupe coriace, subtil par essence, metal d'inspiration, violent par l'expression, à mes yeux Split fait partie des rares talents du metal progressif.

Charlotte Noailles.