||| Chroniques Et News De Tous Styles Musicaux |||


Affichage des articles dont le libellé est Genre: Rock. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Genre: Rock. Afficher tous les articles

Black Rainbows - "Carmina Diabolo"

Myspace

«I saw the devil in my eyes », « Babylon », « the sun », « lust and greed », « lust and glory», nombreuses sont les allusions à la déchéance de l’homme dans le nouvel opus des italiens de Black Rainbows. Sorti en 2009, ce deuxième album intitulé « Carmina Diabolo » est à la croisée de la culture italienne (imprégnée d’un lexique religieux très présent dans les expressions courantes), du heavy stoner et des groupes des 70’s comme Black Sabbath, Kyuss, Monster Magnet ou encore Fu Manchu. Un mélange qui fait carburer le groupe à pleine vitesse. Montez le son !

Stoner, groovy, des paroles rock’n’roll chantées tout en anglais au timbre de voix grave et dynamique, bienvenue dans le « Space Kingdom » du trio. Gabriele (chant, guitare) dévoile la part de mysticisme du groupe dans de nombreux passages : choeurs indiens et banjo dans « What’s in your head », magie noire dans «The Witch » et « Carmen Diabolo». Les allégories sont nombreuses pour illustrer les mauvaises influences sur l’esprit humain. Heavy rock groovy et puissant, le son de Black Rainbows chante le rock comme le moyen de réaliser sa catharsis, « I wanna play rock’n’roll, I wanna play it under the sun, You’re gonna burn a side of your dirty mind » (« Under the sun »). A en croire la pochette de l’album, le trio de Black Rainbows est surveillé par l’oeil de la providence ou “l’oeil omniscient”, symbole entouré de rayons de lumière représentant l’œil de Dieu surveillant attentivement l’Humanité. Egalement présent au centre du livret, the « all seing eye » nous regarde en témoin impassible tandis que l’écoute de ces douze titres heavy rock/stoner a comme effet direct de nous donner envie de partir « Straight way to hell ». Dignes héritiers de Nebula, Fatso Jeston et Fu Manchu, le heavy rock stoner a encore de beaux jours devant lui.

Charlotte Noailles

Chroniqueuse pour Collective Anthem/W-Fenec/Adn Sound

DEAD POP CLUB - "Home Rage"


1)Right At Your Door, 2)So You Think You Can Dance, 3)I Don’t Care, 4)Super Loser, 5)Home Rage, 6)Photograph, 7)Shut The Fuck Up and Sing, 8)Freaks and Geeks, 9)Dead Until Dark, 10)Second Chance, 11)Code Blue, 12)Priority Seating.

Le label Kicking Records, ce sont les Uncommonmenfrommars, The Black Zombie Procession, Generic, Billy The Kill, Cooper, Hellbats, Greedy Guts, et bien d’autres. Que du punk rock éveillé, de la sueur et de la scène ! Ces groupes sont connus à l’international, et à raison me direz-vous. On ne s’ennuie pas une seconde en écoutant leurs compositions. Cette année, quatre français rejoignent cette fratrie musicale…

Ce n’est pas par hasard que Dead Pop Club a signé avec le label toulousain pour « Home Rage » leur quatrième album. Les français font du power punk énergique et ont bien l’intention de tourner sur les scènes du monde entier avec ce nouvel disque qui sort le 14 Juin (oui, nous sommes le 13, la sortie est imminente). Si autrefois les français rougissaient face au background musical de l’Angleterre, les temps ont changé, et en 2010 leurs combos ne sont plus les seuls à proposer du bon punk (il n’y a qu’à regarder les Etats-Unis). Plus sage que les Clash, des compositions frappa-dingue à la Sex Pistols, un chant anglais plus mélodieux que l’américain de NOFX, les Dead Pop Club vous mettrons de la bonne humeur dans la tête et une sacrée énergie dans les pattes.

Avec Right at your door on ouvre la porte, on encaisse une lancée punk digne du groupe Ignite avant qu’une ballade rageuse et effrénée ne nous lance le chant clair en pleine tête. Insouciant, grand adolescent, ce « Home Rage » me rappelle mes premiers concerts rock, mes premiers pogos foldingos ( Shut the fuck up and sing) dans une ambiance enfiévrée par le dynamisme bouillonnant de jeunes gens. Ah, nostalgie quand tu nous tiens. A l’écoute de Dead Pop Club, c’est la jeunesse qui se rappelle à nous. A plus de trente ans, les quatre français se bougent autant que des petiots de la vingtaine, et sans rire ça fait plaisir à voir et à entendre. Maintenant, à vous d’écouter et de décortiquer l’album, non mais ! Je ne vais pas vous en faire l’autopsie complète. Ecoutez leur myspace, prenez votre bouffée d’enthousiasme et venez en redemander.


Charlotte Noailles

Chroniqueuse pour Collective Anthem/W-Fenec/Adn Sound

BAGDAD RODEO - "Bagdad Rodéo"


1)La ménagère, 2)Mauvais perdant, 3)Je suis beau, 4)Une belle histoire, 5)La machine, 6)La farandole, 7)Revolucion, 8)Super connard, 9)Areva mon amour, 10)Monde de merde, 11)L’autre, 12)Les hyènes, 13)Le peuple sale.

“Si tu le télécharges illégalement, t’es un enculé” nous dit la pochette du premier album de Bagdad Rodéo. Grossier mais efficace, le message y est. Il serait en effet dommage de tuer cette musique anti« bien-pensant » dans l’œuf. Tout en français, les textes sont dénonciateurs, anti-consumérisme, anti-mode, et surtout anti-conventionnel. Difficile à caser dans les charts français, vous en conviendrez. Je tiens donc à remercier le label indépendant MVS Records qui a fait le choix de sortir ce disque très engagé. En bref, un album qui remue tripes, réflexion et énergie sur treize titres détonants. « Elle veut que tout soit blanc, impeccablement chiant ! Reste bien dans le rang ! Les autres seront de parfaits moutons ! » (Mauvais perdant). Vous avez une petite idée de ce qui vous attend...

Plein d’humour et de dérisions, cet album est bouillonnant plutôt que dépressif, innovant plutôt que déjà-vu, marrant plutôt que fataliste, et anti-facho (Monde de merde). Avec I.D.O au chant (splendiiiiide ! ô verve dissidente), Tof et Cha aux guitares, L.P aux platines et aux chœurs, Bob à la basse et David à la batterie, l’esprit de rébellion savoure son temps de parole. Réalisé par François Maigret alias Shanka de No One is Innocent, on comprend que cette sortie est monstrueusement convaincante tant au niveau des textes que du soutien artistique dont privilégient les six Bagdad Rodéo. Quels textes ! Une vraie sauce piment contre la stérilité musicale, les dépenses inutiles, le matraquage publicitaire (« Je suis le mec qui vend du plaisir à ta femme ! Elle pense que les images que je lui vends à gogo vont sauver son mariage d’un mari alcoolo », tiré du morceau La ménagère). Politiquement engagé, le groupe en profite pour faire un clin d'oeil incisif à notre dirigeant actuel, "Comme dirait notre président, casse-toi pauvre conne!" (Super connard).

Disponible le 14 Juin, sortez l’oseille mes amis ! Subventionnons la liberté de parole dans un monde cloisonné par les tubes d’un jour, la superficialité, et « ces gens qui ne vendent que la guerre » (tiré du morceau Une longue histoire). « Viva la revolución! » (Revolución).


Charlotte Noailles.
Chroniqueuse pour Collective Anthem/W-Fenec/Adn Sound

G.A.S DRUMMERS - "Decalogy"



1)25th Hour, 2)Teenage Wasteland, 3)Generation Mama, 4)Helpless, 5)American Bliss, 6)Back Among The Dead, 7)Paper Tigers, 8)Black Wind, 9)South, 10)Where To Go, 11)Liberation, 12)One Word, 13)Family Day.

Et de cinq ! Demain sort « Decalogy », le nouvel album des G.A.S Drummers distribué par le label Kicking Records, un treize titres bouillonnant d’influences musicales et de vitalité scénique. A noter que l’album a été intégralement enregistré en Live pour transmettre au mieux le mordant de leurs compositions. Mieux qu’un jus d’orange multivitaminé, les G.A.S Drummers vous rappelleront le rock des 60’s, 90’s, le folk, en passant par la power pop et le punk, le tout soutenu par des textes inspirés des préoccupations de la X Generation alors inquiète quant à l’avenir (difficultés à trouver un emploi stable et bien rémunéré).

Les G.A.S Drummers pour leur part agitent toujours leurs instruments, parcourent le monde (plus de 500 concerts et 8 tournée européennes) et scandent clairement : « I won’t beat my head against the wall, I won’t say the words : I’m getting old » (Teenage Wasteland), « I am no citizen, I am a foreigner » (Generation Mama). Les préoccupations sociales et écologiques sont la sève qui nourrit et anime le groupe. Les paroles sont de qualité égale aux compositions, car en chant clair, accessibles, car compréhensibles et reflétant parfaitement le malaise ambiant ressenti par la jeunesse désoeuvrée. Dans American Bliss (Le Bonheur Américain), la vision des USA reste inquiétante, « A tooth for a tooth and an eye for an eye » (Œil pour œil, dent pour dent), « Our cities are parkways of bodies and sirens … Without a hope I’m here ». Le groupe dénonce la Loi du Talion et le cercle vicieux de la vengeance, mais pourquoi avoir réduit ce message au continent Américain ? Mystère.

Sur les morceaux Where to go, Back Among the dead, le folk prend le dessus sur les ascendants punk du groupe, les paroles prennent une saveur douce et mélancolique. « This is my last chance. But baby I don’t. I don’t know where to go ». Avec ces morceaux intercalés des titres Black Wind et South, apologies de la nature, on peut se demander si le groupe ne finira pas au fond d’une forêt, loin de la civilisation bruyante et polluante : « In the woods … It breaks the silence, it brings the hope », « Theses mountains and the South appears like that : Honest, quiet and simple… I drank the water from the rivers… This land is for everyone who ever ».

Sur ce, je vous laisse avec le punchy One Word dans les oreilles (avec de l’harmonica s’il-vous-plaît). Enjoy yourself.

Charlotte Noailles.

THE BRAVERY - "Stir The Blood"



1. Adored, 2. Song for Jacob, 3. Slow Poison, 4. Hatefuck, 5. I Am Your Skin, 6. She's So Bendable, 7. The Spectator, 8. I Have Seen The Future, 9. Red Hands And White Knuckles, 10. Jack-O'-Lantern Man, 11. Sugar Pill


Le retour du Jedi. Enfin, un assez mauvais Jedi ces derniers temps, je vous l'accorde. Sans compter que ca n'existe pas les Jedis! (Donc déjà à la base, j'étais mal parti.) Je n'ai pas publié depuis un long moment, je n'en suis que trop conscient. Ces 3 derniers mois ont été très, même trop chargés. Riches en préparatifs, en changements, en projets.

Je reprends aujourd’hui du service, poussé à l'écriture par la surprise qu'a été pour moi le nouvel album de The Bravery: Stir the Blood. Sorti il y a deux mois, le 19 novembre 2009 pour être exact, cet album est un tournant majeur dans la discographie du groupe.

Sam Endicott, chanteur et leader du groupe, avait déclaré à Billboard avant sa sortie que l'album Stir the Blood serait plus similaire à leur premier effort (l'éponyme de 2005) qu'à leur second (le diptyque The Sun and the Moon, de 2007). Il avait raison (encore heureux), et pour les raisons qu'il avait évoqué (encore heureux bis, oui), à savoir que l'emploi d'effets électroniques serait étendu, et que le petit nouveau serait un album sur lequel on pourrait danser. Soit, promesses tenues.

Mais je ne sais pas vous, mais moi en ayant lu cela, je me suis dit que la musique serait lumineuse, voire éclatante comme sur The Sun and the Moon par exemple. Mais en réalité, au lieu de la légère mélancolie qui contrastait leur musique par le passé, ici l'ambiance oscille entre sombre et franchement glauque. Après les mélodies scintillantes des deux précédents albums, Stir the Blood se ferait presque serpent, se mouvant sous un soleil noir.

L'univers de cet album est dérangeant, parce que difficile à appréhender. Oui, les rythmes sont entrainants,  et oui, ils utilisent des samples accrocheurs. Mais rares, très rares sont les sons non modifiés de manière à les faire sonner très légèrement faux. C'est ce qui crée en partie l'atmosphère étrange de cet album. Légèrement Glam, indubitablement Dark Wave, le rock des Bravery se comporte comme du mercure. Il parait tantôt lourd et liquide, comme sur ce "Sugar Pill", et tantôt il nous rappelle qu'il demeure un métal, massif et implacable, comme sur le tranchant "Jack-O'-Lantern Man".

Imprégnant tout l'album, des vapeurs toxiques semblent rendre le mélange à la fois brulant et plus respirable. Les guitares sont légèrement moins présentes qu'avant, laissant une place plus importante aux effets électroniques. Cependant vous serez heureux de découvrir quelques solos parsemés dans cet opus. Il s'agit clairement d'une approche différente. Idem pour la batterie. Même si les rythmes gardent cette vivacité classe que l'on peut aussi retrouver chez les Strokes, ils se font plus lents que d'habitude, parfois quasiment tribaux.

Pour ce qui est du chant, on retrouve la voix un peu nasillarde, un peu enrouée, voire grippée de d'Endicott. Le timbre si particulier de cette voix, sans aucun doute une des caractéristiques essentielles de la musique des Bravery, trouve dans cet album un environnement d’obsidienne aux éclats de couleurs disco qui lui convient parfaitement. Au sein de cette musique kaléidoscopique, elle fait office de barycentre. Mais à la grande différence des albums précédents, elle aborde des thèmes plus noirs, et de manière plus crue. Exit la joie et la nostalgie souriante. Bienvenue la mort, le sexe, la drogue. Quand apparaissent l'amour ou l'espoir, c'est toujours à petite dose, et souvent pour jouer les responsables du désespoir lyrique, comme pour soutenir une thèse principale: le monde est moche.

Le monde selon Endicott est moche,-par accident ou inadvertance ajouterait-on-, mais il est surtout violent. En témoignent les paroles choquantes (et surtout le clip) de "Hatefuck". Ce n'est décidément pas un hasard si "Sugar pill" a le privilège de conclure cet album, portant la drogue dure en remède aux problèmes personnels de notre Sam, après les tentatives échouées de relativiser (le dépressif et défaitiste "The Spectator"), ou de s'accrocher ("Red Hands and White Knuckles"). Mais même ce remède se sait inefficace, la fin de la chanson nous rappelant que la drogue n'a pour effet que d'empêcher notre cerveau de penser. Cette idée, couplée au fait que la pilule sucrée soit prise à la fin de l'opus, tendrait presque à signifier une mort par overdose. Une fin sans doute logique, après trois quarts d'heure de douleur musicale.

Sombre, violent, un brun sale, et même contemplatif, Stir The Blood conserve néanmoins de bout en bout une énergie qui en fait un album qui peut s'écouter pour faire la fête. Croyez-le ou non.  

ZERO ABSOLU - "dans les bras de Morphée"




Livre 1 : Rêves
1)Mourir de sommeil, 2)Aérosphère, 3)De Sang froid, 4)Highgate, 5)Impulsations, 6)Northern Lights, 7)Peaux mortes, 8)Le Livre des rêves, 9)17th Waltz, 10)Rêve inachevé, 11)Le Soleil se lève.

Livre 2 : Insomnies
1)Portes closes, 2)Quand dorment les anges, 3)Wonderland, 4)Défaire le monde, 5)Passer le cercle à la plume, 6)De Sang chaud, 7)Déjà vu, 8)Le Livre des Insomnies, 9)Demain, 10)Sainte Trinité, 11)La Lune se couche.

Il est difficile de comprendre comment Nak parvient à se loger dans notre bulle, à s’y faire une place tout en douceur, à nous bercer de ses notes aliénantes comme le chant d’une berceuse avant la plongée dans le grand sommeil. Ce n’est pas pour rien que ce nouveau né s’appelle « dans les bras de Morphée »…

Le digipack sous forme d’un double album expose d’emblée la nature onirique et volatile de son contenu par une photo floutée de Nak. Le premier CD intitulé « Livre 1 : Rêves » est l’album à proprement parler, tandis que le deuxième « Livre 2 : Insomnies » est la facette Live des onze morceaux qui joue pour beaucoup dans l’identité de Zéro Absolu. En concert, des vidéos viennent enrichir l’imaginaire du one man show. Très visuelles, les compositions de Zéro Absolu utilisent des sons qui captent différents sens. C’est ainsi qu’avec Mourir de sommeil, premier morceau de l’album, on se visualise les gouttes d’eau qui éclatent à intervalles réguliers. L’élément terrestre devient alors instrument de musique, et c’est l’immensité des possibles qui s’ouvre à nous.

Quand dorment les anges, Le Livre des Insomnies, Rêve inachevé, La Lune se couche… Les titres eux-mêmes l’attestent, l’univers de Zéro Absolu est celui du rêve, et Nak se réincarne ici sous la figure de Morphée pour nous faire découvrir ses songes musicaux. Comme un acteur interprète son personnage, Nak interprète sa propre voix en utilisant le maximum d’instruments à sa disposition, guitare, basse, samples, programmations, clavier, chant, pour nous plonger dans un post-rock poétique et impalpable (comme dans De Sang Froid). Avec Aérosphère le morceau nous dévoile une voix féminine, sample qui surplombe une rythmique énergique et brute. A de nombreuses reprises, le sommeil de Zéro Absolu se verra aussi percé par des bribes de réalité venues noircir les fabuleuses escapades instrumentales. Ainsi la colère métamorphosera parfois le rêve en cauchemar, Highgate, Le Livre des rêves, tout comme l’angoisse prend le dessus dans 17th Waltz (écho au morceau Spectacle de clows tiré « Du Vide au Néant »). La nostalgie quant à elle file son chemin sous forme de boucles répétitives, omniprésente, personnage récurrent d’humeurs variant sans cesse.

Un rythme, une secousse, Zéro Absolu dégrade les sons au rythme de l’électro, de samples vocaux et instrumentaux, et selon le sentiment du moment la spontanéité compose de nouvelles envolées. Depuis le premier album « Du Vide au Néant » en septembre 2007, Zéro Absolu a continué son parcours, a évolué en compagnie de son créateur pour nous livrer aujourd’hui toute la maturité d’un compositeur fasciné par les infinies possibilités musicales qui s’offrent à lui. Après un premier maxi et un album auto produits, Zéro Absolu est maintenant chez Humanist Records.

Sortie officielle le 14 Janvier. Je ne peux en dire que du bien.

Charlotte Noailles.

COOPER - "Right Now!"


1)Right Now ! 2) Not Alone, 3) Mr.Me, 4)Writers Block, 5)Smile, 6)All The Parties, 7)Hero, 8)Good idea, 9)All Time Low, 10)Terrible Feeling, 11)Wherever It Came From, 12) Bear With Me, 13)Get It Over With.



« I love the 90’s ». Le punk Do It Yourself des années 90 continue de vibrer dans les artères du groupe Cooper, en nous délivrant un nouvel album, d’humeur plus rock, roll and pop que les pionniers du genre punk. Et alors ? Black Flag, Bad Religion, Living End sont autant de groupes nés pour jouer le punk, pour le transporter puis le porter jusqu’à son renouveau avec Ignite, The Offspring et les Dirty Fonzy que nous connaissons tous aujourd’hui. Le punk a étoffé ses rangs, la variété des combos et leur hétérogénéité laissent à penser que le punk est mort, mais les Cooper ne sont pas de cet avis, pas plus que les labels Kung Fu Records (distribution dans le monde entier) et Kicking Records (France/Espagne) qui les distribuent. Brutal tel qu’il le fut, pêchu comme il l’est aujourd’hui, le punk n’est plus celui des origines, mais pas mort, pas encore.

De la bonne humeur mes amis ! C’est grâce au producteur Bill Stevenson, légende punk connu comme le batteur des Descendents (rien que ça), que le mois de novembre vient de nous gratifier de ce très positif cinquième album. Pour une grande amatrice de Social Distortion, Therapy, NOFX et The Lemondheads, il était impossible de passer à côté. Que les choses soient dites : Cooper ne fait dans l’innovation, ni heureusement dans la pop adolescente, mais nous emmène casque sur la tête vers les sentiers du punk rock de Morphine et de Vandals, les moteurs vrombissants, généreux, porteurs de riffs dynamiques. Nouvelle philosophie de vie pour les trois gentlemen de Cooper. Et c’est là qu’entre en scène la signification du titre de l’album "Right Now!". Parce que ça fait punk? Parce que Cooper décidé à rouler des milliers de kilomètres entre Black Flag et Propaghandi ? Non, parce que la vie s’attrape dans l’instant et se savoure dans des riffs bondissants. René van der Zee, chanteur et guitariste ayant subi une attaque en 2005, la seule conduite est désormais celle de l’instant. Vous allez rapidemment vous mettre à scander « Smile again » et « Right Now » sans même y faire attention, et si le rythme continue tel quel, dans trois jours je serai encore en train d'écouter "Right Now!". Bonne écoute à tous !

Charlotte Noailles.

NEWS: Agora Fidelio enregistre son nouvel album

Si son myspace n'annonce rien, l'actualité du groupe est pourtant digne d'être signalée. Et comment!

Les toulousains d'Agora Fidelio entrent en studio en décembre pour enregistrer leur nouvel album, annoncé comme un triple album-triptyque.
Après "Une histoire de chair" en 2002, "Altitude Zéro" en 2004, l'EP "Finir à Paris" en 2006, et "Le Troisième choix" la même année, on a hâte de découvrir la suite après une pause de trois ans.

A surveiller de très près! Décembre étant le mois du père à la longue barbe blanche, l'info aurait pu passer inaperçue.

A plus tard!

Charlotte Noailles.

AMANDA PALMER - "Who Killed Amanda Palmer"


1. Astronaut, 2. Runs In The Family, 3. Ampersand, 4. Leeds United, 5. Blake Says, 6. Strength Through Music, 7. Guitar Hero, 8. Have to Drive, 9. What's the Use of Wondr'in?, 10. Oasis, 11. The Point of It All, 12. Another Year


>>> Myspace <<<

>>> Site Officiel <<<


Il y a des choses qu’on peut difficilement esquiver sur son parcours. En ce point, le Docteur ès zizik que je suis ne saurait faire l’impasse sur Amanda Palmer.


Près de dix ans séparent les premiers pas de la belle de Boston dans son duo punchy des Dresden Dolls du présent album. Amanda Palmer se la joue solo, expérimentant - pour un temps - l’aventure musicale sans cet incroyable mime-batteur qu’est Brad Viglione. Se la joue solo ? Pas exactement mes amis. En effet, si notre reine du clavier s’est lancée dans cette épopée-ci, ce n’est que soutenue par le violoniste et actuel producteur de son album, j’ai nommé l’australien Ben Folds. Mais qu’on ne s’y trompe pas, c’est bien l’album d’Amanda, le violon restera toujours très discret.


Ces petites précisions inscrites, qu’en est-il à proprement parler de Who Killed Amanda Palmer ?


Avant de rentrer dans le détail de l’album et ainsi décortiquer une à une les douze pistes pour cabaret-punk que la demoiselle nous offre, il est une chose qui frappe de suite : Amanda a retrouvé le feu des débuts survoltés des Dresden. Là où sa prime formation faiblissait de CD en CD pour finir sur un mou du genou No, Virginia, nous retrouvons toute la fougue qu’on aime chez elle. Ni ces noires années, ni même sa récente opération des cordes vocales ne semblent plus pouvoir l’affecter. Pour tout admirateur de cette diva du 21ème siècle, c’est une véritable renaissance.


Dans le détail, Amanda nous offre des pièces plus personnelles, n’hésitant pas à ressortir des fonds de tiroir comme sur le calme mais intense Strength through music ou encore nous présenter ses autres amis, comme sur la reprise de What’s the use of wond’rin’ ? avec Annie Clark (de St Vincent, que je vous conseille pour les avoir vu en live l’été passé), ou encore East Bay Ray (des Dead Kennedys)… pour ne citer que mes favoris. Amanda a su s’entourer, pour notre plus grand plaisir, et ce sans que les apparitions des uns comme des autres ne brisent l’harmonie de l’œuvre.


Tout commence par Astronaut, dès la première note claquée dans un cri retenu, toute la véhémence de son être. Un premier couplet posé, un fond très calme violoncellé, au piano muselé, mais Amanda est l’eau qui dort, jouant sur le registre du You snooze you loose cher à Gonzales, elle repart bien vite pour notre transport, et de là, ça ne s’arrête plus. Je la revois encore jouer ça, frappant parfois ses notes avec le coude. Véridique. Et que dire de sa voix, sa voix ! Toujours à un doigt de casser, mais toujours à la note juste, toujours une passion rimant dangereusement avec perfection. Une fois remis, on se le demandera : mais quand piano et violon se sont-ils si bien accommodés dans notre histoire ? Ne cherchez pas, Astronaut, sur ma planète, on appelle ça un tube en puissance. Simplement. Cette mise en bouche ne semble pas avoir entamée notre vaillant duo, qui enchaîne sans transition avec le nerveux Runs in family, au tempo sonnant comme une course contre la montre, en adéquation avec ses paroles. Suivra l’intime Ampersand, qui nous permet de retrouver les ballades au piano côtées des Dresden Dolls. Et Re-boom ! Leeds United vous empêche de vous poser, avec un piano straight qui a enflammé les plus belles heures du cabaret punk. Amanda est aux commandes et elle le prouve, on sort pour une première fois les trompettes, même sur celle-là, où tout se joue finalement aux montées rock de la dame. Pour se remettre, deux chansons travaillant d’avantage sur le sens des paroles que la puissance des mélodies, je ne dévoile rien.


Bon, jusqu’ici, c’était très bien. Nan, vraiment. Très bien.


Mais voici venu Guitar Heroe, le titre qui rend cet album obligatoire, celui que j’ai écouté en boucle durant des nuits et des nuits en me remémorant de ce baiser avec Amanda (cadeau d’anniversaire, eh ouais mon pote !). Qu’est-ce qui s’est passé lorsqu’Amanda a pondu cet hymne ? Si vous n’avez jamais vu à quoi ma muse chérie ressemble, jetez un œil à ce clip en particulier. Décrire toute la puissance de ce morceau est un véritable challenge mais baste ! Rien qu’à la première note saturée, on sent le gros tube du fond des âges venir, comme une prémonition au coup de foudre auriculaire. Puis c’est l’accord magique sur guitare électrique, et après ça, tout peut arriver, et tout arrive ! Un piano qui claque en osmose, la voix d’Amanda comme une injonction à aimer ce qu’elle nous inflige, à la fois puissante, partant dans des montées qu’on lui ignorait encore chez les Dresden, sentimentale, battant au rythme violent de ce qu’est vraiment la vie. On m’accusera de subjectivité ! Je la revendique, et vous mets au défi de rester indifférent à ce crescendo. Voilà !


Vous l’aurez compris, après cette bombe, le reste de l’album importait peu. Très sérieusement, il aurait pu s’arrêter là, je ne lui aurais rien reproché. Tout comme mon article, tiens (mais sentant les ondes tout aussi télépathiques que coercitives de mon rédac chef, je préfère continuer). Ainsi il vous faudra du temps pour remarquer la piste suivante, Learn to drive, très posée, presque a capella, qui plus est. Non, tout ne recommencera que sur le duo pastichant Le Carousel, avec Annie Clarck, tellement l’humour vient s’incruster. Puis bizarrement, là où nul d’humour n’avait jusqu’ici pointé le bout de son petit nez rouge, Oasis, qui, traite de l’avortement chez l’adolescent comme s’il s’agissait d’une comédie musicale. Comme devait s’en défendre plus tard Palmer face aux censures des radios anglaises, il est pourtant difficile de traiter de sujets douloureux (la chanson lui viendrait en partie de sa propre expérience) avec humour, et c’est un vrai tour de force que d’y parvenir. J’en connais une qui aurait été très copine avec notre regretté Desproges. Clip très amusant, ceci dit. Bon, petit Point of it all où Amanda laisse peut-être un peu plus de leste à Ben Folds (quoique).


Et tel un sale Jack-in-the-box, un dernier morceau dévastateur. Guitar Heroe vous à fait vous sentir vivant ? Apprêtez-vous à mourir sur place. Another Year, un crève-cœur, si les paroles ont une quelconque résonance chez vous, ou même si elles n’en n’ont pas. Bienvenue dans la cour des grands joueurs de piano, ce qui force d’ailleurs l’admiration chez Palmer, puisqu’elle n’a jamais appris à lire une partition. En une gamme tout est plié : vous savez que vous n’allez pas repartir indemne. Encore une fois, je ne tiens pas à lever le voile des paroles, si vous ne comprenez pas bien l’anglais, il me semble plus judicieux d’aller voir par vous-même une traduction. Je m’autorise une digression (encore) pour souligner que bien de belles chansons, comme Strange Fruit, prennent un fond dramatiquement percutant lorsque vous savez de quoi elles retournent. Amanda Palmer nous gardait la plus intime pour ce final que je vous déconseille fortement d’écouter en boucle.


Définitivement, l’album qui aura marqué l’année passée, pour votre modeste serviteur.


OK, à titre plus personnel, cet article me voit réintégrer Collective Anthem. Par l’amélioration sensible de mes moyens d’action, me voici définitivement de retour dans la place. Désolé de cette longue absence…

CHEVELLE - "Sci-Fi Crimes"




1. Sleep Apnea, 2. Mexican Sun, 3. Shameful Metaphors, 4. Jars, 5. Fell into Your Shoes, 6. Letter from a Thief, 7. Highland's Apparition, 8. Roswell's Spell, 9. Interlewd, 10. New Momentum, 11. This Circus.


Après plusieurs écoutes de « Sci-Fi Crimes », de « Backspacer » et de « The Resistance », je peux dire que le mois de septembre a dévoilé son lot de mauvaises surprises, mais au milieu de ce triste patchwork musical c'est sans contest Chevelle qui remporte la palme de la plus belle vautrée avec « Sci-Fi Crimes ». Un cinquième album qui me rappelle les débuts du trio avec « Point #1 », et combien le groupe a exclu tout mordant et innovation depuis son quatrième album. Autant « Wonder What's next » et « This Type Of Thinking » avaient de très bons morceaux, tous cohérents avec l'évolution metal que prenait le groupe, autant « Sci-Fi Crimes » ennuie et endort (excepté le titre Jars). Avec « Vena Sera » (quatrième album) Chevelle a refait sensiblement la même chose que « Wonder What's Next » sans débordements d'ingéniosité, produisant des accords répétitifs, mais heureusement altérés par le chant hypnotique de Pete. En 2009, que reste-t-il des virées agressives du groupe et de la voix subjuguante de Pete? Depuis 1999 que Chevelle existe, « Sci-Fi Crimes » est marqué par le poids de la décennie d'existence.

Highland's Apparition est une ballade qui tourne en rond, molle, lassante (tout comme Shameful Metaphors), Fell Into your shoes me laisse un goût aussi amer que les pompes du concerné, et je décerne à Interlewd le prix du morceau qui ne sert à rien, si ce n'est que d'afficher onze morceaux au compteur de l'album. Tout comme Sleep Apnea, Mexican Sun, This Circus débute dans la veine metal pour finalement s'arrêter dans un état instrumental cyclique et lassant: basse et guitares jouent impeccablement leur duo avec un chant juste, ponctué de hurlements agressifs, mais qui ne suffisent plus à retenir l'attention. Il n'y a pas à en dire davantage, la soucoupe volante de la pochette résume à elle seule « Sci-Fi Crimes », l'album est un ovni dans la discographie de Chevelle, car c'est la première fois que la répétition et la langueur s'y font sentir. J'avoue ne pas avoir prêté attention aux paroles, la déception m'ayant coupé toute envie de m'y attarder. Quant à la soucoupe sur la pochette, elle annonce un futur inquiétant, et pour moi la mort assurée du groupe s'il ne se réinvente pas. Trouvez quelqu'un qui ne regrette pas son achat et on en reparle. Roswell's Spell achève de déprimer mon écoute. Je reste une fan(atique) de Chevelle, mais pas de « Sci-Fi Crimes », sans rancune les gars. Pour l'heure, il ne me reste qu'à vous conseiller d'écouter Novels, groupe de rock metal alternatif qui sort son premier album en février 2010. Le groupe explore des territoires qui vous dépayseront à coup sûr.

Charlotte Noailles.

NEWS: Nouvel Album de Brand New

Depuis le temps qu'on en parle, "Daisy", le nouvel album des New-Yorkais de Brand New, paraitra le 22 Septembre 2009 sur Interscope Records.

Depuis la sortie du studio par le groupe en Décembre 2008, avec 15 pistes parmis lesquelles choisir sous le bras, et après les premières performances live de 2 nouveaux titres (qui auraient pour titres "Bride", et "Gasoline") au Glastonbury Festival, et même un furtif changement de nom pour "And one head can never die" entre le 7 et le 9 Juillet 2009, on arrive enfin à voir le bout de cet éprouvant tunnel.

Album qui, selon Jesse Lacey, est très concentré sur les effets produits en concert et traite en grande partie de changements de direction, de renouveaux, "Daisy" sera sans aucun doute un opus de qualité, tant les BN deviennent des spécialistes en la matière.

Le premier single, "At the Bottom", sortira dans 8 jours, à savoir le 11/08/09.

Pour l'instant, voici une version live de "Brickhouse",- le nom non-officiel d'un titre qui pourait être "Bride"-, à vous mettre sous la dent.

RDV sur leur myspace ou leur site officiel pour vous tenir au courant!

IMPURE WILHELMINA - "Prayers And Arsons"



1. Continental Breed, 2. Hide Your Anger, Give Your Mounth, 3. Poisons And Blandes, 4. The End Within, 5. Travel With The Night, 6. As We Kneel, 7. Cover Me With Kindness, 8. The Rope, 9. Drift

Si certains groupes perdent de leur saveur les albums passant, Impure Wilhelmina est encore loin de connaître le même sort. Sortie en 2008, la dernière galette intitulée « Prayers and Arsons » (« Prières et Incendies ») démontre qu'avec l'âge (le groupe existe depuis 1996) le son des quatre Suisses ne cesse de se bonifier. Après un EP et trois autres albums (Afraid en 2000, I Can't Believe I Was Born in July en 2003, L'Amour, La Mort, l'Enfance Perdue en 2005) « Prayers and Arsons » nous balance neuf nouveaux titres à savourer.

Le son chargé d'une mixture hardcore mêle le chant clair à son jumeau contraire, « screams screams! » sur un schéma mélodieux et soigné. Les arpèges subtils et incessants séparent définitivement Impure Wilhelmina des autres brutes du hardcore. La mélodie n'a jamais été aussi présente dans un groupe originellement taillé pour la cogne. Des nuages saupoudrés d'une suie épaisse. S'il y a bien un groupe de la scène hardcore qui fasse penser au clair-obscur c'est bien Impure Wilhelmina. Loin d'être le seul groupe de la lignée hardcore à incorporer avec soin la mélodie dans ses compositions, il est pourtant l'un des seuls qui s'autorise à explorer aléatoirement l'obscurité et la lumière, empêchant une classification mono-bloc de leur son. Tout comme Asidefromaday, Impure Wilhelmina propose un voyage dans les profondeurs avec une flopée de passages mélodieux dans les artères et le sombre comme arrière-plan, à la différence qu'Impure Wilhelmina laisse une place importante aux arpèges qui semblent être des rayons de lumière dans la tourmente. L'effet rendu est qu'on ne sait pas clairement où l'on va. Le premier titre, Continental Breed, est le passe-partout de l'album avec un chant clair qui nous fait tranquillement entrer dans une spirale bien huilée de guitares passées maîtres dans l'art de la virtuosité. Plutôt posé par rapport aux autres morceaux Continental Breed a l'avantage de démontrer le niveau musical du groupe.

L'inhabituel avec Impure Wilhelmina se trouve dans l'alliance d'arpèges harmonieux avec un hardcore mutant. Avec le deuxième morceau Hide your anger, give your mouth ça attaque sec et le groupe met tout sans dessus dessous pour notre plus grande surprise. On ne s'y attendait pas, puis au milieu du carnage une ballade pointe son nez avec un chant clair, une batterie adoucie et des accords à la Sunny Day Real Estate. Avec Drift on observe la symbiose entre des accords de post-rock (// avec To THE Vanishing Point ou Zero Absolu) ou même viscéralement rock (Matchbook Romance, Ghinzu) et des bêtes plus franches du collier comme Rorcal, Pain, Kehlvin, etc. Après le début mélodieux de Cover me with kindness on entend soudain une gratte typiquement death (Gojira es-tu là?) appuyé d'un solo aigu qui accélère le pouls et fait monter le son en puissance. Une belle dérouillée puis retour dans la zone douceur. Avec « Prayers and Arsons » la distortion n'est pas automatique, merci les gars! On évite ainsi l'album brouillon et 100% cru. On sent un véritable travail sur le son avec Drift et son chant clair dans un morceau entre l'apocalypse et une ambiance doom. Quant à The End Within le début fait clairement penser à Bohren § Der Club of Gore (doom), avec une once de pêche en plus et un screamo feutré en bonus. De nouveau on retrouve les arpèges en son clair tandis qu'une guitare plus grave fait de la répétition son leitmotiv. La batterie contenue empêche les autres instruments de s'emballer jusqu'à ce que Michael (chant) opte pour une voix saturée qui leur relâche la bride sans pour autant abandonner les mélodies aériennes qui se tissent en fond. Poisons and blades a tout de l'ambiance de Pillar de Sunny Day Real Estate mais lorsque Michael viendra se joindre à la partie on retrouvera les élans hardcore d'un As we kneel ou Hide your anger, give your mouth.

Pour conclure, Impure Wilhelmina, ce n'est pas du death, ni du doom, ni du metal post-hardcore mais un habile assemblage d'humeurs calmes et furieuses. Il est temps de donner à ce groupe toute la renommée qu'il mérite. « Prayers and Arsons », un album sous les bombes et dans les cieux.

Charlotte Noailles.

MY OWN PRIVATE ALASKA - "EP"



1. Die For Me (If I Say Please), 2. Page Of A Dictionary, 3. Ego Zero, 4. Kill Me Twice, 5. I Am An Island 6. First Steps


M.O.P.A, « Three sitting guys » ou la quintessence d'un groupe en pleine introspection avec Yohan à la batterie (Aeria Microcosme), Milka au chant (Agora Fidelio, Psykup) et le mystérieux T au piano. En mai dernier, le label Division Records a sorti la reissue de l'EP de 2007, l'occasion pour les retardataires de se procurer leurs morceaux à la croisée du screamo et de la musique classique. Tout un univers visuel et émotionnel à découvrir sans tarder. Pour l'actualité, M.O.P.A peaufine actuellement son premier album.

Indépendamment de sa formation peu courante: voix/piano/batterie, l'un des attraits majeurs de M.O.P.A est de proposer une ambivalence entre la beauté classique et un hardcore lyrique (on peut penser à Asidefromaday ou encore Impure Wilhelmina qui utilisent également un chant screamo). Cette alliance étonnante a donné naissance à des morceaux de l'entre-deux, sur deux tonalités distinctes mais complémentaires. Durant les concerts, la distance entre le public et les musiciens (tous trois assis) fait d'ailleurs partie de la mise en scène, comme s'ils ne nous étaient pas violemment offerts à la dégustation mais dévoilés avec une certaine réserve. Voyage à travers six titres marqués par un intime exprimé en un duo des contraires (cris et virtuosité classique). Avec ces trois-là nous sommes loin de la musique doucereuse qu'on écoute les pantoufles aux pieds ou passivement installé dans un fauteuil, mais à ciel ouvert, la peau écorchée et l'introspection en étendard.

Un piano, une batterie et une voix à des lieux de la sérénité. Quelque chose entre un Aaron monstrueux et un Chopin couplé à la créature Will Haven. L'EP débute par Die for me (If I say please) en un sublime duo piano/batterie avant que Milka n'entame une demande de pardon et parle du faible espoir d'une réciprocité, Would you die for me? Would you sacrifice? On the second day I'll bring you flowers. Une conquête entre deux êtres avant la déception annoncée. Cette voix a de la gueule, aspire, expire et éjecte des volets de sons éraillés et sauvages. Doucement et plus ou moins tempérés, les mots s'effilochent au fil des textes pour augmenter la tension de l'âme torturée. Au milieu du champ de bataille des sens et des sentiments, l'image de l'Alaska nous enfonce davantage dans l'intime, comme une plongée dans le froid brutal de la sauvage nature. Il y a le risque de fuir à l'écoute de la voix saturée, la musique restera alors opaque, un bloc d'obscurité alors que le piano et la batterie valent à eux-seuls leur pesant d'émotions. Dans Kill me twice le contraste est particulièrement fort entre la voix et une fugue limpide à la Chopin, une traversée douce et mélodique que suivra une accalmie vocale ainsi que plusieurs passages en chant clair, ovnis dans un EP qui n'en contient pas. Les reproches pleuvent à mesure que le morceau progresse. You were supposed to love me, You were supposed to play a part, You were supposed to talk, to reinvent, to kiss or kill. Il est l'un des sommets de l'EP, à l'image des paysages vertigineux et des gouffres de l'Alaska.

Pour ne rien gâcher, les compositions au piano sont magnifiques, avis aux amateurs de Chopin, de Bach ou plus largement de Yann Tiersen (voir Comptine d'un autre été) qui ne pourront qu'apprécier les compositions fluides de T. Le piano qui reste un instrument catégorisé « classique » ne dément pas ses origines avec M.O.P.A et nous rapproche des BO de films aux ambiances solennelles et spirituelles qui jouent pour beaucoup dans l'appréciation d'un long-métrage. On pense à Philip Glass ou à Danny Elfman (une des influences déclarées de M.O.P.A) mais comme le trio ne fait pas dans le plagiat (je sortirais bien le nom du groupe qui pompe tous les riffs d'untel, mais non) M.O.P.A ne se contente pas d'ambiances, mais traite des deux moyens d'exprimer un sentiment: de façon délicate (piano et batterie) et violente (chant). « Le fabuleux destin d'Amélie Poulain » résonne dans nos mémoires grâce à Yann Tiersen et ses douces ballades, alors qu'avec M.O.P.A l'angoisse est omniprésente et le film « My Own Private Idaho » (de Gus Van Sant) change de lieu pour une fouillée dans les cordes graves et souffrantes de Milka. Pourquoi cette symbiose étrange entre un chant hurlé, une batterie doom et aérienne, et un instrument aussi classique que le piano? Pour échapper à la facilité peut-être, pour sortir du lot? Sûrement (qui n'en rêve pas?). Tout est fait pour focaliser notre attention sur les mots. Alors, ça parle de quoi?

Via un processus vieux comme le monde, l'EP apparaît comme une catharsis pour le trio. La tragédie à la M.O.P.A ressemble à des mots mis à mal qui mettent la souffrance sur le devant de la scène en la disséquant. Trois interprétations différentes: par le langage (tous les textes sont en anglais), un tempo aérien et la mélodie classique du piano. Quant au pourquoi d'une voix éraillée couplée à la beauté de compositions propres et introspectives on comprend qu'il s'agit de donner de l'importance aux émotions et à l'écriture, d'interpeller. Cet EP éblouit par sa richesse et on ne peut qu'attendre impatiemment le futur album (Merci Ross Robinson). Le tout n'a rien à voir avec le souci de s'affranchir de groupes comme Aaron ou The Dresden Dolls. La voix claire a pris le large, perdue dans les vastes plaines de l'Alaska, dans les bois dans lesquels elle a mué. Le souffle de la civilisation est redevenu sauvage et indompté.

La seule barrière réside dans ce chant screamo a priori incompatible avec le sublime qui émane du duo instrumental. A priori seulement, car à y regarder de plus près ce chant vorace et féroce qui délivre ses peurs et déceptions pourrait être la bande-son de textes romantiques garants d'une littérature de l'âme. Les mots ne pouvaient donner qu'une peinture descriptive des tourments de l'homme et la détresse restait un cri qu'on ne pouvait qu'imaginer à la lecture. Le sublime et l'aura classique qui émanent de M.O.P.A affirment la légitimité du sentiment douloureux à être inscriptible sur tout support. Sur le CD, l'authentique parole torturée se libère dans un contexte intimiste et rassurant créé par le piano et ses compositions nettes et propres. Comme le pianiste Glenn Gould apportait un surplus délectable à la musique déjà parfaite de Bach avec une finesse saisissante, My Own Private Alaska réinvente le cabaret rock, loin des atours punk de The Dresden Dolls et du flux dominant. Le groupe se fait voix d'une littérature, d'une foi en l'expression telle qu'elle se ressent au fond de soi. Violente, la jalousie serre la gorge, la gonfle de souffrance, ce que Milka traduit parfaitement dans le choix d'un screamo qui balance entre les crescendo et decrescendo brutaux. La moindre parcelle de ses mots résonnent clairs et concis, Ego Zero Let's run away from me Don't come to me little princess Running away. Vous voilà avertis, la douleur a sorti ses griffes. Se tenir à l'écart et le clamer avec rage. I am an island, Everybody hurts and everybody cries – I am an island. It's not a song it's just fucking reality. Quelqu'un a le blues? Ce trio, oui, incontestablement, un blues romantique à la sauce hardcore. Trois âmes éviscérées.

Les non-amateurs de screamo regretteront le choix du trio pour la saturation vocale, mais à l'écoute des textes on comprend qu'il s'agit d'un choix cohérent avec l'art indicible de dire les souffrances, de décrire le gouffre et la mort: I am an island, Did you know a man killed his own family, If I don't kill myself, it's cause I've already left. Les complaintes de l'âme pourront en rebuter plus d'un, musique exutoire face à un symptôme bien connu des poètes. Le spleen et sa bile noire ne sont pas arrêtés avec Baudelaire. I am an Island débute en une fugue accélérée et puissante, le chant en crescendo est viscéralement éveillé. Il n'est plus maladif et mourant mais le cri d'un dernier coup de gueule à l'aide d'un piano en spirales et d'un mezzo renforcé d'a-coups brutaux donnés sur le clavier. A la fin du morceau on perçoit un growl de fond, puis des hurlements jusqu'à l'extinction.
Un piano animé par un air de fugue, une batterie en soutien, l'osmose, alors même si le chant brisé n'est pas forcément accessible, les cris de Milka sont parfaitement orchestrés et insérés intelligemment au sein de ce trio de feu. Il ne donne à aucun moment l'impression d'être un intrus. Bouillonnante et plaintive, la voix s'échelonne par dessus un piano incessant. Des trois instruments c'est celui qu'on retiendra en priorité devant une batterie souvent trop discrète excepté dans Page of a Dictionary dans lequel elle est en duo avec le chant, le piano s'arrêtant alors de jouer. Avec First step on retrouve le 7ème Art pour un morceau purgé de chanteur et une douce entrée en matière opérée par des notes espacées allant du mezzo nostalgique à des descentes plus enjouées dans un solo brillamment mené par T. Le piano est seul. My Own Private Alaska tire sa révérence en laissant une ballade instrumentale se charger des adieux et nous rappeler la beauté des paysages glacés.

Original, désespéré, en marge, M.O.P.A vide son sac avec talent. Certaines oreilles se révèleront attentives et réceptives d'abord charmées par le piano, fil conducteur qui transforme les plus sceptiques en grands attentifs, curieux, piqués soudainement à vif après avoir premièrement grimacé à l'écoute atypique du beau et du laid regroupés. Pour d'autres il faudra plusieurs écoutes avant de se laisser charmer par la bête. Après le choc de la première écoute la bizarrerie prend tout son sens. En concert, on comprend alors la mise en scène des trois musiciens. Three sitting guys, chacun voué à son instrument, chacun enrichissant l'autre de sa complainte propre. Un sublime enragé dont les trois niveaux d'interprétation nous entraînent dans les profondeurs déformantes et agitées de l'intime.


"Le lyrisme de la souffrance est un chant du sang, de la chair et des nerfs", Cioran dans Sur les cimes du désespoir.

Charlotte Noailles.

DISPHORIA - "Sleep And Fly Away... You'll Be Tortured Forever"


1. Destructive Rage, 2. Cold Dead Light, 3. Along the Way, 4. Inherent Dystopia, 5. Submission, 6. The Other Side, 7. Existence, 8. 1982, 9. Sarah


Si les premières écoutes de groupes hardcores sont souvent effectuées à reculons, hésitantes et difficiles, c'est qu'en dépit du talent incontestable de certains groupes (H-Tray, 8vision, Heyem, Parkway Drive, etc) beaucoup de personnes sont allergiques à la voix screamo et beuglarde qui caractérise le chant de ce style de musique. Mal-aimé du grand public, là où le metal arrive à toucher les foules grâce à des classiques comme Iron Maiden, ACDC, Metallica et autres, le hardcore n'a pas droit à autant de considération. Au mieux, on en trouve au Hell Fest, dans le montant Roadburn ou des festivals hardcore tellement underground qu'on en entend jamais parler. La faute aux clichés qui ont la dent dure. Dans la région Midi-Pyrénées par exemple The Act of Fortune s'est taillé une belle réputation et se fait l'un des principaux garants du genre, un classique si l'on veut mais qui en a dégouté plus d'un du hardcore. Trop brute, trop trash, trop prévisible... et surtout: aucune subtilité vocale. Les préjugés pleuvent et on enterre gentiment ce style de musique avant même d'en avoir écouté. C'était sans compter sur l'émergence de petits prodiges.

Disphoria fait partie de ces groupes qui valent la peine qu'on les affranchissent des mauvaises langues. Leur album "Sleep and fly away... you'll be tortured forever" sorti en septembre 2004 chez Galy Records est un condensé de sons pêchus appuyés par un chant mâtiné de différents timbres de voix, brassé à la rage, variablement teinté d'humeurs opposables et changeantes. Les contraires s'attirent et les incompatibilités s'embrassent sur un fond à la fois mélodique, rapide et recherché. Certains ont commencé à changer de discours. Ils ne peuvent pas souffrir The Act of Fortune, Sick of It All, et la old school punk hardcore et pourtant Disphoria fait son effet, viscéralement hardcore mais excusé puisqu'il fait partie de ces groupes qui démontrent que l'étiquette "brute, sale, gras" qui colle au genre n'est pas toujours justifiée. Le hardcore a gagné du galon.

Pour en revenir au principal concerné, Disphoria est un groupe toulousain qui s'est formé en 2000 et a sorti sa première démo la même année, puis une deuxième intitulée "Art of Depravity" en 2001. Le morceau The gift crache un son entièrement brute, beaucoup moins abouti et original que ce que le LP contiendra. En 2004, c'est donc la sortie du fameux album avec Julien au chant, Sux et Mika à la guitare, Mael à la batterie et Anne à la basse. L'atout majeur du groupe est d'allier l'essence hardcore (un chant rauque et brutal) et d'explorer plusieurs facettes de la voix en évitant au passage de se flinguer les cordes vocales et de lasser l'auditoire. Combien de fois avons-nous entendu "les cris, ça compte comme du chant?". Eh oui! Surtout que dans le cas de Disphoria on nous épargne la gueule continue en nous envoyant également planer au dessus des pogos lors de ces fameuses expériences vocales. On cesse alors de jouer des coudes pour écouter plus attentivement le chant et même si la prédominance appartient aux hurlements,le groupe sonne différent, plus sensible, peut-être trop pour du hardcore selon certains. Le groupe a pour lui ce chant puissant, toujours juste, tour à tour clair, saturé, mélodieux, rageur, sur le rythme d'un tempo recherché et changeant. Dans Inherent Dystopia le groupe opère une montée qui va crescendo entrecoupée de ponts qui permettent un repos de la voix et des envolées lyriques. Oui, on parle toujours de hardcore, et les rythmes n'en finissent pas de varier tour à tour apaisés ou déchaînés par Julien. Les deux bords se font echo dans un précipité de contenus et de lâchez-prises à l'aide d'un trash puissant mais paradoxalement subtil et beau à écouter. Dans le morceau Inherent Distopia, Julien exploite sa voix à différentes hauteurs, décomposée sous différents timbres de voix et toujours en osmose avec un quatuor d'instruments qui s'imprègne de ses variations vocales. Ici, le groupe ne se réduit pas à déverser du brutal d'un bout à l'autre de l'album. Alors que The Act of Fortune ne s'embarrasse pas de subtilités vocales, Disphoria travaille particulièrement la mélodie de ses compositions afin qu'elles collent parfaitement avec le chant. Dans Existence, le rythme des instruments est en parfaite symbiose avec le flux vocal. Ainsi, Julien en vient à chanter d'une voix douce et claire, à gueuler, hurler. Il développe sa voix sous toutes les coutures, alternant de puissants accents hardcore et l'usage d'un grunt primitif, mais aussi le chant clair au cours de brèves et éphémères ballades.

Disphoria a trouvé le juste milieu entre la débauche sonore du hardcore et l'incorporation de multiples éléments qui rendent l'écoute de cet album pleine de surprises et d'impulsions divergentes, et même si les prémisses d'accalmies sont anéanties à coup de changements brusques et incessants, Disphoria laisse entendre l'émotion qui transpire de ses textes. Si le hardcore n'a rien de clean, on constate rapidemment que ce genre n'est pas plus inintéressant qu'un autre et qu'il ne rime pas uniquement avec violence, pogo et beuglements. Si Condkoï a choisi de crier des paroles où sexe, mort et humour font bon ménage et déchirent la baraque, Disphoria souligne également les moments de fragilité et de naïveté que nous ressentons tous, des textes à découvrir sur tintinabulae.blogspot.com. "Sleep and fly away... you'll be tortured forever" est un album qui met du jus dans les pattes et offre du sang neuf à un genre qualifié de purement primal.

Charlotte Noailles.