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Black Rainbows - "Carmina Diabolo"

Myspace

«I saw the devil in my eyes », « Babylon », « the sun », « lust and greed », « lust and glory», nombreuses sont les allusions à la déchéance de l’homme dans le nouvel opus des italiens de Black Rainbows. Sorti en 2009, ce deuxième album intitulé « Carmina Diabolo » est à la croisée de la culture italienne (imprégnée d’un lexique religieux très présent dans les expressions courantes), du heavy stoner et des groupes des 70’s comme Black Sabbath, Kyuss, Monster Magnet ou encore Fu Manchu. Un mélange qui fait carburer le groupe à pleine vitesse. Montez le son !

Stoner, groovy, des paroles rock’n’roll chantées tout en anglais au timbre de voix grave et dynamique, bienvenue dans le « Space Kingdom » du trio. Gabriele (chant, guitare) dévoile la part de mysticisme du groupe dans de nombreux passages : choeurs indiens et banjo dans « What’s in your head », magie noire dans «The Witch » et « Carmen Diabolo». Les allégories sont nombreuses pour illustrer les mauvaises influences sur l’esprit humain. Heavy rock groovy et puissant, le son de Black Rainbows chante le rock comme le moyen de réaliser sa catharsis, « I wanna play rock’n’roll, I wanna play it under the sun, You’re gonna burn a side of your dirty mind » (« Under the sun »). A en croire la pochette de l’album, le trio de Black Rainbows est surveillé par l’oeil de la providence ou “l’oeil omniscient”, symbole entouré de rayons de lumière représentant l’œil de Dieu surveillant attentivement l’Humanité. Egalement présent au centre du livret, the « all seing eye » nous regarde en témoin impassible tandis que l’écoute de ces douze titres heavy rock/stoner a comme effet direct de nous donner envie de partir « Straight way to hell ». Dignes héritiers de Nebula, Fatso Jeston et Fu Manchu, le heavy rock stoner a encore de beaux jours devant lui.

Charlotte Noailles

Chroniqueuse pour Collective Anthem/W-Fenec/Adn Sound

INDUKTI - "Idmen"


1. Sansara 2. Tusan Homichi Tuvota 3. Sunken Bell 4. ...And Who's the God Now?! 5.Indukted 6. Aemaet 7. Nemesis Voices 8. Ninth Wave


Le constat d’une industrie du disque en crise pourrait faire naître des conclusions hâtivement trompeuses et jalonnées de désespérance. Des conclusions pointant la décrépitude de la créativité musicale face à une recherche de la rentabilisation forcenée de ses coûts de production…
Ecouter Idmen d’Indukti est la meilleure façon de mettre fin à ce misérabilisme du « c’était mieux aaaaaavant » et s’éloigner du charlatanisme Zemourrien.
En effet, ici, le quintette (enrichit de moults invités-ées) s’affranchit de toutes les lois, de toutes les normes régissant les musiques actuelles. Piochant sans vergogne dans un amas de tentations sonores (metal, doom, jazz, world, pop, death, …), Indukti alimente ses rythmiques pachydermiques de saxophone feutré ou de violons tziganes (« And Who’s The God Now ? »), aère son metal tour à tour groovy, technique, hypnotique ou/et écrasant d’intermèdes empruntés à la musique orientale -flamenco, sonorités indiennes ou maqâms (issus du Moyen Orient)- ; et, par ce syncrétisme exacerbé, se place dans la lignée des colorations tissées par les géniaux hollandais de The Ocean.
Pour vous aiguiller un peu sur la contenance de cette œuvre particulière, je citerai Orphaned Land, In Vain, Tom Waits, Miles Davis (époque Bitches Brew), Meshuggah, SOAD, Ravi Shankar, Shining (norvégien) et Ufommamut comme autant de formations où, épisodiquement, des sonorités similaires peuvent être entrevues -le rayon des sources d’inspiration étant, lui, bien plus large.
Mais le plus singulier dans cet effort ambitieux est que chaque compartiment a bénéficié d’un soin surprenant, transpirant la cohérence tant dans les zones de turbulences enchevêtrant une dizaine d’instruments que dans les effluves chaloupées ventilant le propos. On note donc une prod en béton, un batteur monumental de puissance et d’espace déployé (on pense à Abe -Deftones- et Martin Lopez -Opeth), vocaux clairs habités et vociférations au point, …
Toutefois attention, cet album est majoritairement instrumental (« Tusan Homichi Tuvota », « Sunken Bell » et « Aemaet » sont les seuls titres intégrant du chant) gagnant en profondeur ce qu’il perd en vigueur et intensité -par rapport à ses collègues de The Ocean.

FLO (anciennement Demisroussos 81)

KAP BAMBINO - "Blacklist"


1. Blacklist, 2. 11:38, 3. Dead Lazers, 4. Lezard, 5. Red Sign 6. Rezozero 7. Batcaves 8. Blue Screen 9. Human Pills 10. Plague 11. Blond Roses 12. Acid Eyes

Deezer
Site officiel

« Aujourd’hui, je suis mort. Ou peut-être était-ce hier, je ne sais pas. »
Voici le type de déclaration que fera toute personne au réveil d’un concert de Kap Bambino. Ou peut-être juste après avoir perdu une bonne partie de son système cognitif sur leur dernier skeud, le tewwible Blacklist. Eh bien, je vous le dis : pour toutes les heures que j’ai passé à triper comme un demeuré au son de cet album, pour l’extase de l’avoir vécu en live, le moindre des remerciements était de lui consacrer l’éloge qu’il mérite.


Le nom de Kap Bambino vous est plus étranger qu’un prix Nobel de littérature dans les années 50 ? L’évocation de cette voix jeunette qu’est la pile Caroline Martial (a.k.a. Khima France) et les rythmes originaux de l’électronique Orion Bouvier ne vous activent pas les prémices d’une chair de poule libidineuse ?
Hey, au nom de la rédaction de Co’Anthem, je vous souhaite la bienvenue dans ce 21ème siècle !! L’electro y gagne en terrain et au moins dans ce domaine, l’hexagone arrive encore à proposer des noms qui font rêver dans le monde entier. Pourtant, comme souvent ici, le public boudera un artiste un tant soit peu original, aussi prometteur qu’il puisse être, pour de la pop ou de la variété. Ainsi, on regrettera que le groupe soit largement connu de l’internationale electro et si peu à domicile. Cela fait bien huit ans que le duo de Bordeaux s’est lancé dans l’aventure mais ici, on les découvre tout juste grâce à Blacklist, sorti en Mai dernier. Si vous voulez vous mettre à Kap, c’est d’ailleurs un très bon album pour se faire à ce son aussi immersif qu’architecturé.


Pour vous situer le son de Kap Bambino, il faudrait que vous puissiez prendre le meilleur de la vague Moog (vous savez bien, Duchess Says et leur compagnie…), y ajouter des sonorités midi de console 8 bits (Crystal Castles sont récemment devenus célèbres en reprenant la même recette), puis multiplier le tout d’une ambiance trash-punk, et enfin le passer au mixeur avant de vous l’injecter dans l’oreille interne. Ca vous donnerait une petite idée de l’OVNI que nous avons là.


D’ailleurs, le vrai défi pour Kap, ç’aura été de faire péter un son qui, sous des abords de trashouille monumentale à vous faire inviter une trentaine d’étrangers dans votre studio pour y retourner le mobilier Louis XV en y gueulant les quelques paroles encore compréhensibles en pleine montée acide, bah aussi étonnant que ça soit, ce son est avant tout une construction hyper-carrée. Reposez ce fauteuil du XVIIIème, asseyez-vous dedans (c’est prévu pour, vous allez voir) et prêtez un peu attention à la structure des nappes. Au bout de quelques minutes, si vous vous efforcez de ne pas vous laissez reprendre par Blacklist, vous constaterez que oui, ce même son qui vous bifle le cerveau, qui vous punche les zones érogènes, sous des couverts ultra-bourrins, il est agencé comme une Main de dieu. D’ailleurs, si vous faites l’acquisition de cette merveille, cela vous mènera immanquablement à la lâcher dans vos soirées-camisole, aussi je vous conseille, si vous avez un doute sur l’efficacité de votre matos hifi, de le renouveler du caisson de basse aux égaliseurs : la musique de Kap étant sans conteste de celles qu’on s’envoie en rafale de décibels. Après, vous ferez comme bon vous semble mes aimés, mais si l’un de vos convives exige au bout de trois morceaux qu’on augmente encore le volume et que vous êtes déjà à fond, vous subirez cette déconvenue honteuse sans que je puisse vous sortir de la panade.


Bien, après ces propos d’introduction, passons à ce qui nous intéresse : le corps de (Martial) l’album. Blacklist est composé de douze plages qui s’enchaînent presque aussi bien qu’un Cross (j’ai dit « presque aussi bien », car il est flagrant que Justice, des transitions jusqu’au tracklisting, avait fourni un travail monstrueux). Pour Blacklist, on commence par un incipit éponyme au nappage très 8 bits, plié efficacement en deux minutes et fournissant un prélude aussi sympathique que rythmé au reste de l’album. Un tapis rouge sur les marches d’un palais, les prémices du charme où Khima n’apparait que sur dix secondes, n’attendant que ses invités pour vraiment prendre vie. Puis 11:38 se lance, sur une structure en caisse claire proche de Blacklist, il nous fait pénétrer sans ménagement dans l’univers cogneur de Kap. A partir d’ici, il est déjà trop tard pour faire machine arrière, plus de répit : les bordelais prennent hargneusement votre oreille en dessous de la ceinture et ne la lâcheront plus du reste du disque. Le genre de killer-hit dont on ressort sans trop savoir ce qui s’est réellement passé mais avec une envie : y retourner déjà. Comme presque toutes les premières fois, c’est trop rapide pour que vous puissiez comprendre ce qui s’est vraiment passé. J’y suis retourné pour pouvoir vous le décrire, le phénomène. Comme nous l’avons dit : ça commence avec une rythmique simple et boxeuse à la Blacklist, puis en un pont magnifique s’y surimpressionne une nouvelle toile stylée Moog pour qu’enfin Martial commence son ‘pestak’ de sa presqu’enfantine voix. A partir d’ici, vous serez l’esclave de ses modulations et des variations originales d’Orion. L’essentiel de la musique de Kap Bambino, c’est de flirter avec la saturation sans jamais être désagréable à l’oreille, sans jamais l’atteindre. Les premières écoutes peuvent se révéler un peu douloureuses, tellement on en approche. Une telle richesse comme ça d’un coup, c’est sûr, ‘faudra peut-être quelques écoutes supplémentaires pour que les moins habitués s’y accommodent. Nous ne somme pas sur un album d’Archive là. Poursuivons notre épopée. Dead Lazers apparait en troisième position, au même niveau ultra-rythmé que le précédent morceau. Toujours avec les sonorités inédites de Kap. Ici apparaissent la première énorme montée de l’album ainsi que les premiers travaux sur les poussées de Khima. Enchaînement parfait sur Lezard et son « flesh after flesh » que vous vous retrouverez à brailler sans faire attention (de toute évidence, vous n’écouterez pas Kap pour les paroles). Je passe sur Red Sign et sa montée finale, ainsi que sur le presque calme Rezozero (respirez, ça repart sous peu). Arrive Batcaves, que j’affectionne particulièrement, le petit cri de bête surexcitée de notre punk blonde en début de morceau, sa nappe délirante et ses quelques légers ralentissements. Blue Screen est certainement de ce type de sonorité qui fit écrire à mes confrères que Blacklist sonnait plus « nostalgique » que leur premier album (Zero Life, Night Vision, sorti incognito en 2003, pourtant aussi jouissif que celui qui nous occupe aujourd’hui). Pour ma part, le jour n’est pas arrivé où les sonorités de Kap me feront ressentir la moindre mélancolie. Non faites-moi confiance, Blacklist reste définitivement borderline aux « musiques à camés ». Ce n’est pas Human Pills qui me contredira, tant leur numéro dix est chargé, et en toute honnêteté, c’est ça qu’on aime chez nos vedettes bordelaises. Les dernières plages se chevauchant dans la continuité (Plague en deça).


Bref, une telle évidence dans le talent que d’un à coup, on retrouve les prestigieux de Birdy Nam Nam rescratchant du Dead Lazers (vous trouvez ce remix sur Deezer, ça demeure dix pieds en dessous de l’originale, mais dix pieds en dessous c’est encore assez jouissif pour un ou deux orgasmes volés). Alors pitié, ne laissez pas Kap Bambino inconnus en France, et laissez moi rêver d’un monde où je n’entendrais plus jamais un Anglais (très cool au demeurant) me faire découvrir l’une de nos meilleures formations. Et si vous voulez vraiment me faire rêver, laissez-vous aller aux sons que notre couple a produit avant 2009 aussi, partez traquer la magique Naz4, tapez dans le très drôle Daddy, rencontrez Pussy Killer, le révolté-survolté Hunger Texas ou enfin l’un des meilleurs sons de toute l’electro : New Breath. Pour info, c’est ce morceau que Camus mettait toujours dans l’autoradio de ses potes de soirée, vous voyez bien : Blacklist, vous y viendrez, fatalement.

THE BRAVERY - "Stir The Blood"



1. Adored, 2. Song for Jacob, 3. Slow Poison, 4. Hatefuck, 5. I Am Your Skin, 6. She's So Bendable, 7. The Spectator, 8. I Have Seen The Future, 9. Red Hands And White Knuckles, 10. Jack-O'-Lantern Man, 11. Sugar Pill


Le retour du Jedi. Enfin, un assez mauvais Jedi ces derniers temps, je vous l'accorde. Sans compter que ca n'existe pas les Jedis! (Donc déjà à la base, j'étais mal parti.) Je n'ai pas publié depuis un long moment, je n'en suis que trop conscient. Ces 3 derniers mois ont été très, même trop chargés. Riches en préparatifs, en changements, en projets.

Je reprends aujourd’hui du service, poussé à l'écriture par la surprise qu'a été pour moi le nouvel album de The Bravery: Stir the Blood. Sorti il y a deux mois, le 19 novembre 2009 pour être exact, cet album est un tournant majeur dans la discographie du groupe.

Sam Endicott, chanteur et leader du groupe, avait déclaré à Billboard avant sa sortie que l'album Stir the Blood serait plus similaire à leur premier effort (l'éponyme de 2005) qu'à leur second (le diptyque The Sun and the Moon, de 2007). Il avait raison (encore heureux), et pour les raisons qu'il avait évoqué (encore heureux bis, oui), à savoir que l'emploi d'effets électroniques serait étendu, et que le petit nouveau serait un album sur lequel on pourrait danser. Soit, promesses tenues.

Mais je ne sais pas vous, mais moi en ayant lu cela, je me suis dit que la musique serait lumineuse, voire éclatante comme sur The Sun and the Moon par exemple. Mais en réalité, au lieu de la légère mélancolie qui contrastait leur musique par le passé, ici l'ambiance oscille entre sombre et franchement glauque. Après les mélodies scintillantes des deux précédents albums, Stir the Blood se ferait presque serpent, se mouvant sous un soleil noir.

L'univers de cet album est dérangeant, parce que difficile à appréhender. Oui, les rythmes sont entrainants,  et oui, ils utilisent des samples accrocheurs. Mais rares, très rares sont les sons non modifiés de manière à les faire sonner très légèrement faux. C'est ce qui crée en partie l'atmosphère étrange de cet album. Légèrement Glam, indubitablement Dark Wave, le rock des Bravery se comporte comme du mercure. Il parait tantôt lourd et liquide, comme sur ce "Sugar Pill", et tantôt il nous rappelle qu'il demeure un métal, massif et implacable, comme sur le tranchant "Jack-O'-Lantern Man".

Imprégnant tout l'album, des vapeurs toxiques semblent rendre le mélange à la fois brulant et plus respirable. Les guitares sont légèrement moins présentes qu'avant, laissant une place plus importante aux effets électroniques. Cependant vous serez heureux de découvrir quelques solos parsemés dans cet opus. Il s'agit clairement d'une approche différente. Idem pour la batterie. Même si les rythmes gardent cette vivacité classe que l'on peut aussi retrouver chez les Strokes, ils se font plus lents que d'habitude, parfois quasiment tribaux.

Pour ce qui est du chant, on retrouve la voix un peu nasillarde, un peu enrouée, voire grippée de d'Endicott. Le timbre si particulier de cette voix, sans aucun doute une des caractéristiques essentielles de la musique des Bravery, trouve dans cet album un environnement d’obsidienne aux éclats de couleurs disco qui lui convient parfaitement. Au sein de cette musique kaléidoscopique, elle fait office de barycentre. Mais à la grande différence des albums précédents, elle aborde des thèmes plus noirs, et de manière plus crue. Exit la joie et la nostalgie souriante. Bienvenue la mort, le sexe, la drogue. Quand apparaissent l'amour ou l'espoir, c'est toujours à petite dose, et souvent pour jouer les responsables du désespoir lyrique, comme pour soutenir une thèse principale: le monde est moche.

Le monde selon Endicott est moche,-par accident ou inadvertance ajouterait-on-, mais il est surtout violent. En témoignent les paroles choquantes (et surtout le clip) de "Hatefuck". Ce n'est décidément pas un hasard si "Sugar pill" a le privilège de conclure cet album, portant la drogue dure en remède aux problèmes personnels de notre Sam, après les tentatives échouées de relativiser (le dépressif et défaitiste "The Spectator"), ou de s'accrocher ("Red Hands and White Knuckles"). Mais même ce remède se sait inefficace, la fin de la chanson nous rappelant que la drogue n'a pour effet que d'empêcher notre cerveau de penser. Cette idée, couplée au fait que la pilule sucrée soit prise à la fin de l'opus, tendrait presque à signifier une mort par overdose. Une fin sans doute logique, après trois quarts d'heure de douleur musicale.

Sombre, violent, un brun sale, et même contemplatif, Stir The Blood conserve néanmoins de bout en bout une énergie qui en fait un album qui peut s'écouter pour faire la fête. Croyez-le ou non.  

DARKTRIBE - "Natural Defender"



1)Fantasy…Apocalypse, 2)Darktribe, 3)End of Road, 4)Eyes have you.


Ciel sombre, éclair déchirant l’obscurité, homme masqué drapé de noir, Darktribe se présente d’entrée comme un groupe de metal, de Heavy Metal plus précisément. Que ces quatre musiciens se soient gorgés d’Iron Maiden, Megadeth et de Mercyful Fate avant de se lancer dans la composition, on se l’imagine sans peine, mais ils ont aujourd’hui à leur actif un EP de quatre titres efficace, puissant, ingénieux et autoproduit ! Encore une perle pour des labels en mal de nouveaux groupes. Marre de Trivium, du metalcore, du chant saturé ? Persuadé que le Heavy Metal s’est arrêté avec Judas Priest et Black Sabbath? C’est que vous n’avez pas encore écouté « Natural Defender ». A table !

Dès le premier morceau, Fantasy… Apocalypse, les qualités de ce groupe me claquent aux tympans. En effet, un seul guitariste pour ce combo des Alpes-Maritimes, et pas de chant saturé, gueulé, ni aucun growl sorti des profondeurs de la nuit. Le Heavy Metal se caractérisant par la dominance de la guitare et de la batterie, ainsi que par une rythmique parfaite, je savoure les jeux de Loïc (Guitare) et Julien (Batterie) qui sont à la hauteur de mes espérances. Ne fais pas du Heavy Metal qui veut ! En toute cohérence avec la veine musicale du groupe, l’habileté vocale d’Anthony rappelle les voix théâtrales couvrant plusieurs octaves de Rob Halford (Judas Priest) et de Bruce Dickinson (Iron Maiden), ainsi Darktribe plaira autant aux férus de Heavy Metal des années 1960 qu’aux amateurs de solos complexes et de palm muting. Darktribe déchaîne une rythmique dynamique (parfait exemple avec l’intro de Darktribe) en l’agrémentant de variations, d’ornements mélodiques et de syncopes. Et pour les fous de solos et de chant pur et clair End of Road est LE morceau à écouter en boucle.

Dans Fantasy… Apocalypse, la guitare est tour à tour rock, metal, prenant tour à tour la forme d’un solo puis d’une boucle répétitive saccadée et rythmique. La virtuosité dont fait preuve Loïc rappelle les influences du Heavy Metal, à savoir la musique classique, le blues et bien évidemment le rock. Depuis le premier emploi du terme Heavy Metal en 1968 dans le morceau Born to Be Wild de Steppenwolf, quarante ans après le genre musical n’est pas prêt de s’éteindre. Darktribe est actuellement à la recherche d’un label alors faites tourner l’info.

Sorti le 24 Octobre de cette année, cet EP est disponible sur "HIT Import". Régalez-vous !

Charlotte Noailles.

COOPER - "Right Now!"


1)Right Now ! 2) Not Alone, 3) Mr.Me, 4)Writers Block, 5)Smile, 6)All The Parties, 7)Hero, 8)Good idea, 9)All Time Low, 10)Terrible Feeling, 11)Wherever It Came From, 12) Bear With Me, 13)Get It Over With.



« I love the 90’s ». Le punk Do It Yourself des années 90 continue de vibrer dans les artères du groupe Cooper, en nous délivrant un nouvel album, d’humeur plus rock, roll and pop que les pionniers du genre punk. Et alors ? Black Flag, Bad Religion, Living End sont autant de groupes nés pour jouer le punk, pour le transporter puis le porter jusqu’à son renouveau avec Ignite, The Offspring et les Dirty Fonzy que nous connaissons tous aujourd’hui. Le punk a étoffé ses rangs, la variété des combos et leur hétérogénéité laissent à penser que le punk est mort, mais les Cooper ne sont pas de cet avis, pas plus que les labels Kung Fu Records (distribution dans le monde entier) et Kicking Records (France/Espagne) qui les distribuent. Brutal tel qu’il le fut, pêchu comme il l’est aujourd’hui, le punk n’est plus celui des origines, mais pas mort, pas encore.

De la bonne humeur mes amis ! C’est grâce au producteur Bill Stevenson, légende punk connu comme le batteur des Descendents (rien que ça), que le mois de novembre vient de nous gratifier de ce très positif cinquième album. Pour une grande amatrice de Social Distortion, Therapy, NOFX et The Lemondheads, il était impossible de passer à côté. Que les choses soient dites : Cooper ne fait dans l’innovation, ni heureusement dans la pop adolescente, mais nous emmène casque sur la tête vers les sentiers du punk rock de Morphine et de Vandals, les moteurs vrombissants, généreux, porteurs de riffs dynamiques. Nouvelle philosophie de vie pour les trois gentlemen de Cooper. Et c’est là qu’entre en scène la signification du titre de l’album "Right Now!". Parce que ça fait punk? Parce que Cooper décidé à rouler des milliers de kilomètres entre Black Flag et Propaghandi ? Non, parce que la vie s’attrape dans l’instant et se savoure dans des riffs bondissants. René van der Zee, chanteur et guitariste ayant subi une attaque en 2005, la seule conduite est désormais celle de l’instant. Vous allez rapidemment vous mettre à scander « Smile again » et « Right Now » sans même y faire attention, et si le rythme continue tel quel, dans trois jours je serai encore en train d'écouter "Right Now!". Bonne écoute à tous !

Charlotte Noailles.

BETWEEN THE BURIED AND ME - "The Great Misdirect"



1) Mirrors, 2) Obfuscation, 3) Disease, Injury, Madness, 4)Fossil Genera - A Feed From Cloud Mountain, 5) Desert Of Song, 6) Swim To The Moon




Enfin ! Voilà qu’avec une boulimie irradiante Between The Buried And Me nous offre sa dernière offrande. Et qui dit Between The Buried And Me dit recherche inénarrable et richesse incommensurable. Alors oui beaucoup d’éléments de Colors (le précédent et magistral opus) trahissent les premières écoutes ; oui le son titanesque emploie les mêmes fréquences que son prédécesseur ; oui Tommy Rogers saupoudre toujours les interstices mélancoliques d’une voix falsetto à se damner alors qu’il soutient avec véhémence les fulgurances chaotiques par son growl puissant caractéristique ; oui le combo nous la joue opéra rock avec son concerto en 6 mouvements ; oui, oui… Mais s’arrêter là et cantonner The Great Misdirect à du bon boulot pour un groupe en roue libre serait extrêmement réducteur et un réel écueil.
Car oui, Between The Buried And Me est bien plus que du deathcore labellisé New Age. Les thématiques développées dans les textes de Tommy sont toujours d’une profondeur immanente. Une véritable catharsis pour leur auteur. Le son met aussi en avant chacun des musiciens et le travail lumineux de Dan Briggs -bassiste- n’en pèse que plus. Au-delà du fait que les interprètes affichent donc toujours la même et rageante dextérité divine, ils poursuivent leur mutation… mais d’une façon moins visible que précédemment. En effet, sur cet opus, l’évolution est perceptible dans les accalmies où Paul Waggoner -guitare- intègre des digressions slide et des sonorités -tant acoustiques que bluesy- d’une épuration « désertique ». Si on pouvait reprocher à Colors de pêcher par une densité gargantuesque, The Great Misdirect intègre, lui, des enchevêtrements rythmiques toujours aussi hallucinants mais matinées de réelles aérations qui, en plus d’être d’une finesse éblouissante, font montre d’une cohérence autrement plus grande que sur toutes leurs précédentes réalisations. Par ce travail singulier, les aspirations du quintet s’en retrouvent déployées et permettent d’agréger éclectisme et exigence sans faire trop éparpiller le cortex de l’auditeur (« Swim To The Moon »).
La formation se met donc en difficulté mais n’oublie pas de nous pondre de pures boucheries (« Obfuscation » et son travail sur les harmonies digne d’un Cynic en grande pompe) ou des refrains sublimes (« Swim To The Moon »). En assumant l’influence de Pink Floyd ou Rush, le groupe enfante certaines parties au raffinement troublant (« Disease, Injury, Madness » rappelant immanquablement « Ants Of the Sky »). Et quand Between The Buried And Me s’attaque à l’exercice périlleux du titre délicat vantant les mérites de la camomille et la tisane de pâquerettes (« Desert Of Song ») il s’en sort haut la main.
Enfin, comment occulter « Fossil Genera - A Feed From Cloud Mountain », peut être le titre le plus recherché -en tout cas le plus alambiqué- sorte de rencontre impromptue entre Mr.Bungle, le Ulver des débuts, The Red Chord et The Ocean le tout avec le Mahavishnu Orchestra en guest surprise…

J’ai attendu cet album deux ans, le dissèque depuis un mois et, si c’est peut être l’œuvre la moins surprenante de cet étonnant combo, c’est un de ses travaux les plus aboutis et réussis… même si un avis définitif ne peut se forger qu’avec plusieurs mois de recul.



Demisroussos81 (FLO)

LOST SPHERE PROJECT - "Verse XXIV"



1) 26122004, 2) Room 69, 3) Erectil dysfunction, 4) Velociraptor, 5) Alembic addiction pt.2, 6) The one I love to hate, 7) Stomachal butterflies, 8) X, 9) Luvicide, 10) Ragnagnok the great, 11) Suffer, 12) March of the myopic, 13) Heartstorm, 14) Alembic addiction pt.1, 15) Verse XXIV, 16) War for free.



C’est fidèle à mon poste de chroniqueuse pour Division Records que je m’attèle aujourd'hui au LP « Verse XXIV » de Lost Sphere Project, sorti le 13 novembre. Attention, ici les ampoules ont claqué et l’obscurité s'est faite reine. Gueule belliqueuse, crocs acérés, chant contre hurlements, je vous préviens que l’ambiance n’a rien d’harmonieux. Le premier né de LSP agresse nos oreilles sans vergogne de ses cris inquiétants, à croire que Satan s’est invité au karaoké. Le résultat fait mal à souhait, et qu’à cela ne tienne ! Il y en a à qui ça plaît. Avant de poursuivre, sachez aussi que LSP est le side-project de Rorcal... alors ça y est, vous êtes dans le bain ? Maintenant on va pouvoir tâter la température de l’eau.

Dès les deux premiers morceaux de « Verse XXIV », je pense à des gravas pulvérisés suite à une explosion, ou encore à une créature à l’agonie enchaînée qui nous regarderait haineuse la bave aux dents, et si de nombreux critiques ont pu entendre des passages aériens, moi je les cherche encore (en même temps je ne crois pas que le style s’y prête). A moins d’être amateur de grindcore, de black et d’ambiances lourdes et inquiétantes, a priori il y a peu de chance que ça passe. A la première écoute de « Verse XXIV » on a l’impression désagréable d’être piétiné par une armada de trolls enragés. L’album déraille, cogne, et brutalise sur la longueur. Oyé oyé barbares ! Bienvenue ! Et n’oubliez pas les pansements post-écoute, car ça saigne méchamment. Il n’y a qu’au neuvième morceau, Luvicide, que LSP nous offre la surprise d’un chant clair en duo avec du chant saturé. Passage largement apprécié au milieu des bombes, du death growl et d’un chant diphonique entre chant mâché et grognements (les grosses baffes sur Suffer et Room 69).

Les seize épisodes de cette saga animale et guerrière ne révèlent rien des paroles qu’ils rugissent même si l’on peut déduire quelques uns de leurs sujets de prédilection grâce aux titres des morceaux: Alembic addiction pt.1, Erectil dysfunction, Suffer, etc). On n'en saura guère plus sur ce violent animal. La technique est parfaite, les musiciens de haut niveau, mais difficile d’accès. Les enfants de chœur n’ont qu’à fuir devant l’animal, comme le Gévaudan devant la Bête, car la créature sortie de son trou a bien l’intention de tout détruire sur son passage. Dévorer, piétiner, tuer, vos tympans en seront marqués durablement si vous les laissez à la merci des LSP. Si vous cherchez à extraire le Mal, LSP est un processus cathartique on ne peut plus efficace. L’album derrière vous, vous vous sentirez purifié et soulagé.

Vous l’aurez compris, amateurs de grindcore, jetez-vous dessus, et pour les autres, prenez gentiment le sentier qui contourne l’entrée de la grotte.

Charlotte Noailles.

COALESCE - "Ox"


1. The Plot Against My Love, 2. The Comedian in Question, 3. Wild Ox Moan, 4. Designed to Break a Man, 5. Where Satire Sours (instrumental), 6. The Villain We Won’t Deny, 7. The Purveyor of Novelty and Nonsense, 8. In My Wake, For My Own, 9. New Voids in One’s Resolve, 10. We Have Lost Our Will (instrumental), 11. Questions To Root Out Fools, 12. By What We Refuse, 13. Dead is Dead, 14. There is a Word Hidden in the Ground


Véritable institution du hardcore chaotique au même titre que Converge, Botch ou Breach, Coalesce avait été à l’origine du désespoir le plus profond lors de son démantèlement en plein vol après l’apparemment monumental Revolution In Just Listening en 1999. « Apparemment » car trop jeune pour mesurer l’ampleur de ce disque et des précédents -à 12 ans on a d’autres préoccupations… C’est donc en 2009, que je me lance dans la découverte de ce combo, alors qu’il célèbre tout juste sa reformation officielle.
Que penser donc de cet objet après un silence 10 ans, alors que des dizaines de fanges de metal newschool ont abreuvé l’industrie musicale ?

Et bien on peut tout d’abord affirmer que la bande de Jes Steneiger ne souffre aucunement du poids des années. Le décalage de l’âge permet en effet à Coalesce d’asseoir une dynamique singulière -chose ô combien précieuse en ces temps de copier/coller généralisé- ; Coalesce joue à l’ancienne école, ne déboule avec une efficacité impertinente tels The Dillinger Escape Plan ou Between The Buried And Me, mais fait parler l’expérience. Les idées fusent mais s’installent de façon plus sournoise, le groupe nous enfoui sous un amas opaque de riffs lancinants pour mieux nous semer lors des parties galopantes… et inversement. Il donne l’impression d’improviser, d’expérimenter en temps réel -le travail guitaristique de Jes Steneiger n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui de Davide Tiso (Ephel Duath) dans sa recherche permanente et son utilisation de la polyphonie.
La production renforce ce sentiment, très âpre et rugueuse mais non dénuée de sensibilité, à la fois d’une densité Herculéenne et d’une légèreté Apollonienne, elle enrobe à merveille la rage de la formation pour en décupler un charisme de chaque instant. Ainsi, Nathan Richardson (batterie) oppose diamétralement son approche à celle Jes Steneiger (guitare) amplifiant des contrastes déjà prononcés. Ainsi, le premier, pratique un jeu très aéré, « touffu », puissant, lent et implacable avec une utilisation très mesurée de double pédale, un jeu à la cymbale omniprésent mais fondu dans le mix et une maestria que seuls des cogneurs tels que Danny Carey (Tool) peuvent se targuer de posséder. Jes Steneiger, lui, en petit génie qu’il est -le monsieur est thésard- développe des sonorités moins « terriennes », plus agressives, dissonantes en mouvance perpétuelle, scrutant continuellement la moindre idée permettant au maelström sonore pratiqué par le quatuor d’évoluer. Citons par exemple les riffs en tapping de « The Villain We Won't Deny » et de « By What We Refuse » instituant des pulsions hypnotiques et hallucinées apposées à des parties faisant office de pures mandales hardcore.

Si on gratte donc un peu, on découvre sans mal qu’intrinsèquement le groupe est pétri d’influences (constat encore plus flagrant avec les parties acoustiques divinement « Morriconiennes » de « Where Satire Sours », « The Purveyor of Novelty and Nonsense », « We Have Lost Our Will », « By What We Refuse » où la slide et les ponchos sont de sortie) s’érigeant à la confluence de Botch, Neurosis, Suno))), Dead Combo, Johnny Cash, Mastodon, Kylesa, Clutch, …
Dans ses moindres plans, le combo développe des idées savamment surprenantes. Auscultons par exemple « Designed to break a man » sorte d’accouplement contre nature entre rockabily et country grasse avec disto ; d’autres titres, tels que « Wild Ox Moan » (et son inaltérable ralentissement effleurant les cimes de l’insanité avant de vaciller sous les attaques aussi éclairées que syncopées de Jes Steneiger) ou « The Purveyor of Novelty and Nonsense », sont l’éloquent reflet de l’harmonie qu’imprime Coalesce à ses diverses aspirations.
Enfin, comment achever ce commentaire sans vous parler du timbre si rocailleux et arraché de l’ami Sean Ingram. Une voix houblonnée et nourrie au bourbon, quelque part entre Scott Kelly (Neurosis) et Barney (Napalm Death) -oui y à pire.



En bref, Ox, un album qui transpire, qui transmet, qui respire, qui sent le vrai, qui aspire sans sevrer...




Demisroussos81

CHEVELLE - "Sci-Fi Crimes"




1. Sleep Apnea, 2. Mexican Sun, 3. Shameful Metaphors, 4. Jars, 5. Fell into Your Shoes, 6. Letter from a Thief, 7. Highland's Apparition, 8. Roswell's Spell, 9. Interlewd, 10. New Momentum, 11. This Circus.


Après plusieurs écoutes de « Sci-Fi Crimes », de « Backspacer » et de « The Resistance », je peux dire que le mois de septembre a dévoilé son lot de mauvaises surprises, mais au milieu de ce triste patchwork musical c'est sans contest Chevelle qui remporte la palme de la plus belle vautrée avec « Sci-Fi Crimes ». Un cinquième album qui me rappelle les débuts du trio avec « Point #1 », et combien le groupe a exclu tout mordant et innovation depuis son quatrième album. Autant « Wonder What's next » et « This Type Of Thinking » avaient de très bons morceaux, tous cohérents avec l'évolution metal que prenait le groupe, autant « Sci-Fi Crimes » ennuie et endort (excepté le titre Jars). Avec « Vena Sera » (quatrième album) Chevelle a refait sensiblement la même chose que « Wonder What's Next » sans débordements d'ingéniosité, produisant des accords répétitifs, mais heureusement altérés par le chant hypnotique de Pete. En 2009, que reste-t-il des virées agressives du groupe et de la voix subjuguante de Pete? Depuis 1999 que Chevelle existe, « Sci-Fi Crimes » est marqué par le poids de la décennie d'existence.

Highland's Apparition est une ballade qui tourne en rond, molle, lassante (tout comme Shameful Metaphors), Fell Into your shoes me laisse un goût aussi amer que les pompes du concerné, et je décerne à Interlewd le prix du morceau qui ne sert à rien, si ce n'est que d'afficher onze morceaux au compteur de l'album. Tout comme Sleep Apnea, Mexican Sun, This Circus débute dans la veine metal pour finalement s'arrêter dans un état instrumental cyclique et lassant: basse et guitares jouent impeccablement leur duo avec un chant juste, ponctué de hurlements agressifs, mais qui ne suffisent plus à retenir l'attention. Il n'y a pas à en dire davantage, la soucoupe volante de la pochette résume à elle seule « Sci-Fi Crimes », l'album est un ovni dans la discographie de Chevelle, car c'est la première fois que la répétition et la langueur s'y font sentir. J'avoue ne pas avoir prêté attention aux paroles, la déception m'ayant coupé toute envie de m'y attarder. Quant à la soucoupe sur la pochette, elle annonce un futur inquiétant, et pour moi la mort assurée du groupe s'il ne se réinvente pas. Trouvez quelqu'un qui ne regrette pas son achat et on en reparle. Roswell's Spell achève de déprimer mon écoute. Je reste une fan(atique) de Chevelle, mais pas de « Sci-Fi Crimes », sans rancune les gars. Pour l'heure, il ne me reste qu'à vous conseiller d'écouter Novels, groupe de rock metal alternatif qui sort son premier album en février 2010. Le groupe explore des territoires qui vous dépayseront à coup sûr.

Charlotte Noailles.

THE BOY WILL DROWN - “Fetish”


1. DeepThroat, 2.Irminsul, 3.Josef Fritzl, 4.Apollo's Lyre, 5.Dead Girls, 6.Dance Like an Epileptic, 7.Barrymore's Pool Party, 8.Akura-Class, 9.Elisabeth Fritzl, 10. Suis La Luna

>>> Myspace Officiel <<<

Dans la lignée se gonflant sans cesse des combos aux noms imprononçables constitués de musiciens qui viennent à peine de voir apparaître leurs premiers poils pubiens voici venir The Boy Will Drown. Profitant du renouveau anglais en termes de metal hardcore allumé impulsé par ses très talentueux confrères d’Architects et Bring Me The Horizon, The Boy Will Drown fonce tambour battant dans les inexpugnables clichés de la vague « metal myspace » : pochette et lyrics gore, titres de chansons hilarants, inspiration de faits divers peu recommandables (Joseph Fritzl était un charmant père de famille ayant séquestré sa fille pendant environ… 24 ans), on fait les cons sur les photos exhibant mèche lissée, écarteurs, t-shirts des groupes les plus bourrins qu’on connaisse (parce qu’on est pas des tafioles), et autres traits de caractères aussi risibles que caricaturaux. Mais voyons plutôt le bon côté de la chose : le combo ne se prend pas au sérieux et, en sus, envoie sauvagement la sauce avec une imprescriptible aisance.

Empruntant la célérité de Braindrill (« Dance Like An Epileptic ») et l’extrémisme technique de Psyopus (les pépites « We Take Out Phycothera » et « Lactating’s Only Funny When It Curdles » extraites de l’EP, « Irminsul »), ça slappe, shredde, sweepe, blaste, fait du tapping, abuse des twins guitars, alterne sans coup férir riffs dissonants et plans syncopés, enchaîne grind, hardcore et death sans transition…

Le batteur est tentaculaire : rapide, précis, puissant, son jeu hystérique et syncopé installe l’assise parfaite, frôlant parfois (rarement) la polyrythmie. La basse, assez présente dans le mix, dynamite les cassures rythmiques ; les guitaristes assènent un déluge de notes avec une rigueur implacable ; tandis que le chanteur fait montre -comme il est coutume dans le genre- d’une affolante maîtrise de la dichotomie des vociférations entre voix hurlée, éructée et gruikée (de façon toutefois moins cinglante que sur leur EP).

Mais le quatuor tire son épingle du jeu lorsqu’il émaille ses compos de sonorités singulières dans un genre pas si débridé que ça, démarche comparable à celle des aventureux War From A Harlots Mouth, comme en attestent le post hardcore suffocant de « Joseph Fritzl », les touchantes incartades plaintives du très bon « Deepthroat », la musique de chambre cloturant « Joseph Fritzl » ainsi que le très intéressant « Suis La Luna » et son final gorgé de nuances très bien intégré.

C’est cette voie que la formation va devoir affiner si elle veut affermir son originalité et briller aussi vivement que ses sources d’inspiration (le vieux Between The Buried And Me et Necrophagist en tête).

Demisroussos81

SHELVING - "IMIHS"



1) I, 2) II.


Avec un catalogue tel que celui de Division Records, on s'attend naturellement à des sons qui tranchent avec la facilité. Avec Shelving, le contenu typique des groupes instrumentaux est mis à distance car le groupe enraye toute tentative de classement. Avec leur nouvel album intitulé "IMIHS", la première chose à noter est l'apparente originalité d'un groupe qui abandonne les modèles préconstruits de la musique psychédélique.

Sorti en mars 2009, l'album se compose de deux morceaux intitulés simplement: I (24,38 min) et II (26 min). Avec ces longues traversées instrumentales travaillées avec soin le groupe apporte un son neuf, fouillé, mélodique à souhait. Le groupe montre bien un décalage avec les modèles du post-rock dans le choix d'un post-kraut illuminé. Surtout instrumental, le son kraut est un mélange de la musique rock, de l'improvisation, et de l'electro afin de créer des effets visuels. Ces textures définissent aujourd'hui ce qu'on appelle l'ambient. Tant au niveau de la forme que du fond "IMIHS" surprend, hypnotise nos sens par des sons tout droit sortis d'une forêt animée, vivante d'une ambiance primitive et lointaine. L'album a d'ailleurs été enregistré au cours d'une retraite dans les bois du Jura suisse.

L'omniprésence de l'orgue et du clavier permettent de créer une ambiance à mi-chemin entre l'angoisse et la plénitude, entre le solennel et le sauvage à l'état pur. Laurent (claviers), Dimitri (batterie), Lorain (rhodes), Vincent (basse) et Yan (guitare) nous offrent pendant cinquante minutes des sons ambigus et inclassables dont on se gorge sans savoir où se situe la limite entre lumière et obscurité. L'évidence seule est celle d'un talent incroyable pour la composition. Le résultat est un son nourri et puissant qui ne lasse jamais l'oreille et nous épargne les pesants silences répétitifs que bon nombre de groupes instrumentaux utilisent à outrance. Shelving est à des lieux de la civilisation, à des lieux de la norme musicale avec cet album. Né dans l'antre d'une maison marquée du nom de "IMIHS", I et II sont le résultat d'une aura de mystère, d'une initiative atypique de cinq musiciens en mal de nouvelles sensations. Ce qu'ils ont trouvé dans cette maison restera inatteignable et obscur, mais avec cet album incroyable, véritable épopée de flux planants, le groupe en a capturé l'essentiel pour nous en faire partager les sensations.


Charlotte Noailles.

IRIS CORPORATION - "A New Saint Session"



01/A New Saint Session 02/Highest Love 03/Greedman 04/Invisible Rain 05/Ship Of Wonders 06/Brain-Wave 07/Eye Of The World (part I) 08/Eye Of The World (part II) 09/HeartH 10/Sundog 11/Jack And Amy 12/Sunnyday 13/Pleading For Love

>>> Myspace <<<
>>> Site Officiel <<<


IRIS CORPORATION, anciennement IRIS, est un groupe originaire de la très jolie agglomération albigeoise et fait suite, avec A New Saint Session, à un premier album Head On The Floor paru en 2002.
Sept ans de maturation ont donc été nécessaires pour achever la conception de ce 13 titres. Ce délai n’a néanmoins pas été vain puisque le groupe en sort totalement transfiguré, et ce au-delà de considérations purement musicales.
En effet, sur la forme, l’artwork épuré aux touches arty poussées à leur paroxysme en est le témoin (digipack et livret 16 pages où les paroles sont illustrées par une iconographie foisonnante : extraits de parchemins, motifs d’alchimie, …). Sur le fond, c’est la richesse et la subtilité des lyrics qui impressionne. Constructions alambiquées et enjeux brûlants traités avec délicatesse, les sujets moteurs sont l’écologie -teintée d’ésotérisme (lisez et décortiquez « Highest Love » ou « Ship Of Wonders »)-, endoctrinement par les « groupes spirituels hiérarchisés » communément appelés « religions », sans oublier l’ovni de l’album : le rigolo et explicite « Jack And Amy ». Déjà, sur ce point, le trio (parfois duo) se démarque de la concurrence car, généralement, qui dit pop/rock anglophone sous entend vacuité dans l’écriture. En fait, une description plus approfondie de ces aspects ne serait pas au service de cet album à apprécier dans sa globalité et autour d’un message récurrent : le partage doit prévaloir sur le profit car il en est la source.
Mais ces aspects singuliers avaient déjà entamés leur éclosion sur le premier album, c’est en fait musicalement que la métamorphose s’opère -évolution, là aussi déjà perceptible sur le premier effort- et ce en quatre points :

1/ Désormais chaque chanson dégage une personnalité, assimilables dès les premières écoutes. Fini les alternances mécaniques et ultra éculées passages doux/accélérations électriques, le spectre sonore du combo vogue allègrement entre rock pêchu (« A New Saint Session », « Greedman », « Sundog »), chansons colorée d’un feeling oriental divin (« Ship Of Wonders », « HeartH », « Highest Love », l’ouverture de « Sunny Day ») et pop planante (« Eye Of The World ») mais le tout est cimenté par une très (trop ?) solide cohérence ; ainsi même les titres enlevés sont ornés de digressions acoustiques (« Invisible Rain », « Brain-Wave »).

2/ Arrêtons nous maintenant sur la production, léchée et limpide. Entièrement enregistré et mixé par John « JP » Iris, (retenez votre souffle) chanteur, guitariste, parolier, (parfois) bassiste et pianiste du groupe ; le son est clair, fluide, puissant et aéré, valorisant admirablement chant et guitares (on pourra juste regretter un son de batterie quelquefois trop étouffé en dépit d’une excellente prise de la caisse claire). Là encore, les progrès par rapport au premier album sont plus que notables.

3/ Troisième point et non des moindres, le trio a significativement émondé ses compos d’une densité superflue, élargissant l’espace sonore et juxtaposant de nombreux arrangements (maracas, percus, cordes, éléments électroniques très typés Trip Hop) sans rendre indigeste sa musique. Ici, efficacité rime avec prise de risques, IRIS réalise donc un tour de force en parvenant à se faire plus addictif et plus diversifié notamment au niveau des riffs de guitares plus efficaces et recherchés -même si quelques solos assez éblouissants techniquement sur le premier opus, auraient, à mon goût, pu être reconduits. Seul regret : que le combo ne délaisse pas un peu plus le format couplet/refrain/pont…

4/ Enfin, l’aspect qui risque de faire la différence est le chant, métamorphosé. Si John « JP » Iris a toujours recours à des vibraltii superflus dans les graves entamant un peu la pureté des émotions déployées (« Ship Of Wonders »), ainsi qu’un timbre parfois difficile à appréhender dans sa tessiture la plus grave, il réalise globalement un tour de force ahurissant de maestria technique. Autant capable d’interventions qui vous resteront imprimées dans le cortex un bon bout de temps (« Greedman », l’Enorme et touffu « Jack And Amy », le refrain d’ « Invisible Rain », le tube parmi les tubes « Sunny Day » -surtout cette montée lyrique à partir des 4’03…) que de pirouettes assourdissantes (« Ship Of Wonders »), en passant par la voix mixte haut perchée et puissante (« A New Saint Session », les ponts d’ « Invisible Rain » et de « Sundog ») et par le travail singulier tout en retenue (« Eye Of The World » I&II). Mais c’est surtout quand il use d’un registre gouailleur (« Pleading For Love ») ou sacré qu’il est le plus remarquable comme en attestent les inestimables « Highest Love » et « Brain-Wave ».


IRIS CORPORATION s’émancipe donc de par son travail vocal et guitaristique très abouti conjugué à un feeling oriental inhérent à chacune de ses notes. Finissons cette chro’ par le clou du cd « Pleading For Love », ode à l’amour funky où, comme sur le reste de la galette, le batteur dévoile sa virtuosité -c’est en fait un peu comme les Red Hot mais avec une guitare et une batterie. Néanmoins, que les adorateurs du premier opus se rassurent, des réminiscences du rock burné pratiqué par le combo subsistent, le pêchu « Greedman » devrait satisfaire votre appétit -même si personnellement, en dépit du fait que cette chanson soit la plus entêtante de l’œuvre, je la trouve un cran au dessous des autres titres en termes de composition et de raffinement.
Espérons donc que la formation poursuivra ses élucubrations world en affermissant et exacerbant l’apport des instruments « non rock », tel que l’oud de « HeartH » le préfigure.
A quand IRIS CORPORATION interprétant « Le Petit Bonhomme En Mousse » pour enfin (re) remporter l’Eurovision ?

DEMISROUSSOS81

ANTIGUA § BARBUDA - "Try Future"




1. Intro 2. Try Future 3. Cave Dweller 4. Zombie Burial 5. Embers 6. Traitor 7. Science Parade 8. The Next World Master Will Carry My Blood


"Try Future", le premier album d'Antigua § Barbuda vient de sortir sur le label The flying Elephant records, et vous auriez tort de passer à côté. En l'espace de huit morceaux, on se précipite dans une mêlée effarante de talent. Pour les fins connaisseurs ce LP est la suite de leur EP "La pirámide invertida" sorti en 2008, et avec ce nouveau né le groupe originaire de Pampelune (Espagne) propose une suite époustouflante à leur premier opus. Leur son est épique, furieux, intense. Il passe du primitif à l'hypnotique et fouille les univers pour en tirer des substrats intenses et complexes. Dans Science Parade, un choeur s'élève des ténèbres, alors écouter les quatre acolytes c'est fusionner avec l'intense et le céleste, mais c'est aussi aborder de sombres rivages, à la fois torturés et frénétiques. Le son de Antigua § Barbuda est haut en couleurs et en timbres de voix, auréolé de sons planants, et de cascades rageuses à la Doppler (Cave Dweller et Traitor). Ce punk rock garage fait recette et offre des démêlées de voix portées à leur zénith par Gérmen, mais aussi Guiller, Asier et Colins sur certains passages. Le risque de se lasser d'une seule et même voix disparait dans le tumulte de leurs élans rageurs et de leurs gros sons, mais comment se lasser de la voix de Gérmen qui monte à des hauteurs vertigineuses alors que les instruments délivrent leurs rapides enchaînés de sons.

Ecouter Antigua § Barbuda, c'est sentir Zombie Burial comme une atmosphère, c'est s'éprendre de la musique dans ce qu'elle comporte de plus aérien et d'inaccessible. Restituer une ambiance, une terreur enfouie, Antigua § Barbuda en fait sa ligne de conduite. On se retrouve dans une marche digne des films d'horreur (toujours avec Zombie Burial) et leur son semble sorti du 7ème Art. A quand la BO d'un film par le groupe?

Ils pèsent leurs influences, ajoutent des allers-retours psychotiques et offrent un terrain de jeu à la transe et l'exutoire. Dans Embers les cris ajoutent à la folie continuelle d'instruments.

Entre groupe des bas-fonds de l'âme et envoutements vocaux, Antigua § Barbuda s'impose comme un groupe de la quête, en recherche constante de différents espaces à conquérir. On semble traverser le doom, passer par des accroches à la Muse, des sons majestueux sortis d'un orgue d'Eglise (Embers), et cela avec l'impression d'aller toujours plus loin dans les profondeurs, de pelleter le sol et les sens, pour atteindre une grotte ou les cieux. Le groupe est ambivalent, des voix aigües avec un arrière-plan de violence faisant office de chorale, des poussées d'énergie à dévorer sans aucune mesure.

L'album est disponible sur le site du label (www.myspace.com/theflyingelephantrecords), et une tournée européenne est prévue pour septembre 2009, ne les ratez pas!

Charlotte Noailles.

THE SLEEPING - "What It Takes"



1. You'll Be A Corpse Before Your Time 2. Friday Night 3. Bomb The World 4. Shallow Lungs 5. Running Faster 6. Ripped Dress 7. Should Have Let Me Leave 8. He Only Sees Where He Walks 9. Refusive Relationship 10. Bad Religion 11. Anyone Night Stand 12. Deadbeast


The Sleeping est un  groupe originaire de Long Island. Oui, encore un. Décidément tout me porte à croire ces derniers temps que la scène New-Yorkaise est bel et bien l’une des mes favorites. Certes il y a bien celle de Boston,  qui reste surtout connue pour le hardcore, et celle de Nashville aussi qui reste un centre majeur de la musique Sudiste, que l’on parle de country de blues, ou de rock’n’roll. Mais je maintiens qu’il y a quelque chose à New York (peut-être dans l’air, ou l’eau du robinet) qui fait que la musique y est bonne. J Alors attention, je ne suis pas là pour autant pour vous faire l’éloge sans retenue de Doug, Cameron, Sal et Joseph et de leur petit nouveau « What It Takes ». Mais il y a quand même dans leur esprit quelque chose de New York qui fait que j’ai été plutôt satisfait de ce que j’ai pu entendre.

Premier titre: « You’ll Be A Corpse Before Your Time ». L’accroche est rapide, et je me dis, un très très bref instant, que j’ai retrouvé un équivalent de Sum 41 au bon vieux temps. Erreur, je devrais savoir depuis le temps, que je n’aurais plus ce genre de son entre mes oreilles. Je passe les 2 minutes suivantes à m’ennuyer. C’est ce qu’on appelle un ascenseur émotif. Ils ont vraiment mal choisi leur single les zozios. On dirait une sorte de rock façon metalcore mou du genou, dommage. Mais à 1:57, c’est le mini-flash, court mais suffisant pour me convaincre de finir l’album. Une petite envolée au piano, toute simple mais vraiment belle. Ca ne dure pas longtemps, quelques secondes pour respirer, mais je n’attendais déjà plus rien de ce mauvais titre d’ouverture de toute façon. Arrive « Friday Night », qui ressemble clairement à Far-Less, cette fois c’est évident, peut-être légèrement saupoudré de The Used diront certains. Ca fait plaisir à entendre, c’est simple (peut-être trop), mais ca reste sympathique.

« Bomb the World » est répétitif à souhait (je sais je suis dur aujourd’hui ^^), et laisse transparaitre le passé hardcore en tant que Skycamefalling de nos chers musiciens. Ce dernier aspect étant une assez bonne chose, puisque pendant de courts moments j’ai l’impression d’entendre un Norma Jean ou un Inhale/Exhale en plein pétage de plomb. Jusqu'à la fin de cet opus, le style restera le même, ce melting-pot entre Brand New, The Used, Far-Less, avec un petit esprit punk, un peu de ce qu’on appelle l’emo, et quelques accélérations hurlées de-ci de-là. Quelques titres cependant, valent la peine d’être remarqués. « Running Faster » par exemple, une chanson simple et franchement jolie, sans distorsion aux guitares, et qui fait mouche. "Ripped Dress", avec son orgue, sa fouge bien rock'n'roll.  « Should Have Let Me Leave » aussi, et le rythme électro-rock qui anime son refrain. Mais surtout « Anyone Night Stand », avec son atmosphère Bluesy, et ses petites touches post-rock façon Thursday, pour un univers très classe. C’est pour moi la chanson la mieux réussie de cet album.

Globalement, pour un groupe effectuant une reconversion, je crois que ce « What It Takes » est plutôt un bon présage de ce que The Sleeping peut devenir. Leurs parties plus rock, plus violentes, ne sont pas je dois l'avouer toujours à mon goût. C'est quand elles sortent des sentiers battus, que l'on ne peut que s'incliner devant leurs compositions. Mais fiez vous à vos propres oreilles. L’album peut sembler répétitif c’est vrai, parfois « commercial » peut-être, mais l’auditeur attentif saura immanquablement remarquer les indices nombreux d’un talent bien présent. Visiblement pas complètement libérés de leur approche « metalcore » de la musique, nos 4 compères ne vont pas encore toujours au fond des choses, au bout de leurs bonnes idées. Mais je crois que s’ils poursuivent dans cette voie, The Sleeping sera appelé à devenir une valeur sûre. L'inverse serait surprenant.