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TEAM SLEEP - "Team Sleep"



1. Ataraxia, 2. Ever (Foreign Flag), 3. Your Skull Is Red, 4. Princeton Review, 5. Blvd Nights, 6. Delorian, 7. Our Ride To The Rectory, 8. Tomb Of Liegia, 9. Elizabeth, 10. Staring At The Queen, 11. Ever Since Wwi, 12. King Diamond, 13. Live From The Stage, 14. Paris Arm, 15. 11/11


Team Sleep - Team Sleep

Cela fait quatorze ans que Deftones ébruite les oreilles de nos grand-mères avec maintenant cinq albums au compteur (et un nouveau né pour bientôt!), mais Chino Moreno, chanteur et guitariste du groupe, ne s'est pas contenté de s'asseoir sur ses lauriers. Star du nu metal, peut-être, mais c'est surtout le leader de l'un des plus intéressants side-projects qui aient jamais vu le jour.

En mai 2005, Team Sleep sort son premier album éponyme "Team Sleep" et Chino Moreno se révèle sous un jour plus intimiste dans une formation qui se compose aussi de Todd Wilkinson (guitare), de DJ Crook (platines, beat), de Zach Hill (batterie) et de Rick Verrett (basse; également membre de Hella). Cet album utilise les sons de différentes scènes et on évite ainsi le redondant et les désagréables airs de déjà-vu. A l'évidence les musiciens ont envoyé boulé toutes les cloisons qui séparent habituellement les différents styles de musiques.

Avec Team Sleep on abandonne les rivages du metal pour donner les pleins droits à des ambiances complètement éclectiques. On découvre un univers pour se retrouver projeté dans un autre et avec une telle facilité que s'en est déroutant. Les transitions s'opèrent d'elles-mêmes sans impression de violence. Le tout est fluide, bercé par la voix d'un Chino au sommet de son talent, et on découvre alternativement de l'electro pure avec le morceau Staring at The Queen, du rock alternatif, de la transe, du metal tempéré, des enregistrements de bruits extérieurs, des voix off (Paris arm, Emmène-moi avec toi, dans tes bras à Paris...) dans un pêle-mêle de morceaux tous plus atypiques les uns que les autres. Chaque membre du groupe apporte un plus aux répertoires individuels. L'electro affirme l'omniprésence de DJ Crook dans ses rangs avec des touches d'electro récurrentes dans tout l'album. Par ailleurs, l'alliance entre l'electro et la voix de Chino fait merveille avec King Diamond. Sa voix a acquis de l'expérience et ajoutée à la diversité des styles abordés montre une évolution de qualité quant au pouvoir transcendant de son chant. Il n'y a qu'à écouter Ataraxia pour se laisser pleinement convaincre par la beauté qui se dégage du morceau, de la symbiose entre les instruments et la voix de Chino. C'est un morceau qui attire les larmes, projette une tripotée de visions galactiques et d'émotions. Ever, morceau qui a fait le succès de l'album à sa sortie, est un échantillon sublime du contenu de l'album. Il pousse à son summum les qualités individuelles. Les morceaux Elizabeth et Princeton Review mettent Zach en avant avec une batterie qui nous offre un cadre basé sur l'harmonie des rythmiques. Dans Your Skull is red ce sont des vagues qui nous bercent à l'entrée du morceau et nous ouvre vers une étendue plus enlevée, plus profonde et toujours menée avec brio par un chant aérien.

Les fans de Deftones trouveront que certains passages leur rappellent trop Deftones (Boulevard Nights par exemple). Les échos au groupe source sont parfois flagrants, du fait d'un chant originellement deftonien et à certains moments on se surprend à se demander s'il s'agit de Team Sleep ou de Deftones, pourtant la majorité de l'album fait du neuf et propose véritablement un monde bien à lui. La musique de Team Sleep regorge de différents horizons et de sonorités innombrables. Nourri de variantes incessantes, "Team Sleep" rend hommage à tous les genres musicaux que l'on peut connaître, avec une préférence flagrante pour la musique dite alternative. On ressent un véritable travail sur l'ambiance des morceaux. Dans Princeton Review la voix de Chino est lointaine, résonne avec des effets de ralenti dans une intemporalité difficile à saisir. On peut entendre un train sur des rails durant quelques instants, puis le bruit de grillons avant que les instruments ne disparaissent derrière une sombre forêt de riffs brutaux et inattendus. L'ambiance épaisse et céleste se mêle à des sons flottants, imperceptibles dans leurs lignes autonomes.

Team Sleep est un groupe prenant, groupe inégalable né de l'union azimut de différents courants musicaux et qui a brisé avec talent ses liens avec les aliénantes origines pour créer sa Tour de Babel avec un même langage de l'inouï.

Charlotte Noailles.

To The VANISHING Point - "This is where it all began"



1-Crows
2-Voices
3-Blinded
4-Anyway
5-The monsters hiding under my bed
6-Headache
7-What's the point of sleeping anyway?
8-The quiet son
9-The ride
10-To the vanishing point
11-Rid of you


Un peu de douceur pour changer. Réjouissez-vous! Au delà de toute violence, l'album de To the VANISHING point propose ce que la mystique musicale a de plus profond et de plus mystérieux, un voyage intérieur en dehors des sentiers battus. A l'écoute de l'album, la plongée en soi se fait tout en douceur, en aveugle et sans repère, laissant la belle part au hasard.

Comme soucieux de ne pas abîmer les parois de notre âme, To the VANISHING point nous emporte et cela sans l'aide de riffs dynamiques, le charme s'opèrant autrement, tout en finesse et en pudeur. Et pour les curieux qui se demandent quel sens obscur contient le nom du groupe, on appelle the vanishing point le point au-delà duquel quelque chose disparaît ou cesse d'exister. Bon, ça reste un chouia obscur, mais avec un nom pareil on sait à quoi s'attendre quant au style du groupe. Avec leur premier album, "This is where it all began", les quatre suisses produisent un son résolument post-rock d'une rare subtilité. L'émotion intimiste qui s'en dégage est un langage intermédiaire entre méditation et rêverie, entre éveil et sommeil.

Un petit retour en arrière s'impose: le premier né de To the VANISHING point sort en Suisse en avril 2005 sous le label Saïko records et dans un premier temps c'est dans leur pays de formation que le groupe enchaîne les concerts. Par la suite, ils jouent dans bon nombre de festivals, encore la meilleure façon de se faire un nom parmi les groupes de la scène internationale. L'expérience porte ses fruits puisque la bonne accroche avec le public et les ventes prometteuses du groupe rencontrent l'enthousiasme du label français Jerkov qui sort l'album chez nous en février 2006. Le groupe commence à se faire remarquer, mais comme pour se départir d'une partie de leur mérite les membres du groupes, Jeff (chant, guitare, piano), Pol (guitare), Gunt (basse) et Steve (batterie) affirment franchement leurs influences, il s'agit de quelques uns des grands noms du post rock. On y trouve entres autres Sigur Ros, Mogwaï, Radiohead, mais aussi des groupes pêchus comme Neurosis ou encore Deftones et bien sûr des références électro avec M83 et DJ Shadow. L'électro a une place fondamentale dans l'univers du groupe, qui mélangé à l'accoustique donne à To the VANISHING point le charme d'une musique posée à savourer sans vergogne. Ici, il ne s'agit pas de faire gigoter à tout rompre les murs de la baraque, ni de bouger rythmiquement la tête, l'heure est à l'écoute dans sa plus simple définition. Dans Headache, la voix est aux murmures tandis que les instruments semblent marquer le tic tac d'une vieille horloge, qui en "trompe-l'oeil", est un écho à l'électro pourtant bien actuel, une sorte de nostalgie viscérale modelée avec les instruments d'aujourd'hui.

Le groupe pose une musique d'ambiance, une mélancolie vis à vis de quelque chose d'indiscernable hormis l'évidence d'une aspiration au calme et à la disparition du mal intime, et de la culpabilité, It's not your fault (What's the point of sleeping anyway?). La multitude des thèmes évoqués dépassent bien sûr ce bref aperçu non-exhaustif de ce que le groupe cherche à transmettre, et c'est à chacun de se faire une idée de cet étrange univers. Alors comment expliquer que les morceaux semblent avoir été composés personnellement pour nous, pour la chambre intime et propre à chacun que nous occupons le soir lorsque la mélancolie commence à poindre et que le vide pèse sur nos pensées. To The Vanishing Point s'approprie notre lieu, siège de nos plus mélancoliques réflexions, leur musique comme support sur lequel on se laisse agréablement dériver. Les humeurs mélancoliques du groupe font plus particulièrement de Crows, Blinded, The tide, les représentants d'une épuration absolue de toute superficialité. La pesée ne vaut rien, l'envol est immédiat.

A aucun instant l'éveil ne semble s'annoncer, si ce n'est dans The tide quand des coups successifs de batterie nous rouvrent les yeux sur l'échappée parcourue. Et serait-ce par souci de réveiller nos caboches que l'album est entrecoupé des pistes 4 (Anyway) et 8 (The quiet son), morceaux qui se révèlent énergiques comparés au reste de l'album? Remarque à part, pas d'inquiétude à avoir sur le talent du groupe, leur premier album n'a rien d'assoupissant. Leur bébé a toutes les qualités du petit génie, certes plutôt doux et triste mais qui n'a pas besoin de se plonger dans un bon Spleen de temps en temps? Rien de dépressif à l'outrance, rien que de la bonne bile noire rock'n'glide.

To The Vanishing Point - This Is Where It All Began


Charlotte Noailles.

LEIDEN - "Dualité"



1-Another Skin, 2-Sense of Love, 3-Crazy, 4-Beware, 5-Sacrifice, 6-Chimera, 7-Une Autre Vie, 8-Psyché, 9-Toi? 10-Dualité, 11-Im Jenseits.

Le point de départ de l'aventure Leiden se situe en mai 2000, une année phare pour le groupe qui produit en juin sa première démo, "Songs In The Key of Dark". Ce titre énonciateur prépare à l'écoute de morceaux profonds, puissants par leurs textes et le son métal qui s'en dégagent. L'ambiance est posée, Leiden s'inscrit dans la veine métal sans se glisser complètement dans le moule préétabli que pourrait sous-entendre la formation du groupe. Le chant a beau être asssuré par Bérangère, dont la voix surprend par sa douceur, Leiden n'a de commun avec Lacuna Coil, Evanescence ou encore Theatre of Tragedy que son chant féminin. A contrario de ces groupes, Leiden offre un pannel de sonorités plus diverses qui se traduisent dans une richesse impressionnante de tons et d'influences. Auréolé de bonnes critiques, le groupe se taille dès lors une réputation de fer qui perce à la fois les plus métalleux d'entre nous, comme les plus délicats qui trouvent à Leiden des qualités d'envolées lyriques et une beauté classique indéniable. En 2001, le groupe s'autoproduit et sort son premier EP, qui sera suivi en 2003 de "Empty". Leiden est alors un groupe underground toulousain parmi les plus actifs et les plus appréciés de la région Midi-Pyrénées. En 2005 Leiden sort ainsi son album "Dualité", un bijou de rage et de douceur couplées dans un track-listing des plus étonnants.

Ce qui fait l'originalité de groupe s'explique en partie par l'incroyable polyvalence des compositions. Dans le morceau Chimera quelques notes de piano viennent compléter la beauté aérienne du morceau, tandis que ce sont des sons electro qui débutent le morceau Crazy. Par ailleurs dans le morceau Sacrifice, Béran nous surprend par l'emprunt au timbre vocal des chants religieux. La phrase "Ave maria, sancta maria, ora pro nobis pecatoribus" nous projette dans un latin archaïque qui repousse les limites du langage courant. On peut si l'on veut y voir une influence du rock/métal chrétien, genre qui définit d'ailleurs une bonne partie de la scène métal américaine. Le latin inséré dans des paroles anglaises nous emmène ailleurs et plus loin, annonçant une suite puissante et suave, comme d'habiles transitions instrumentales peuvent le faire. Derrière la voix de Béran, Ludo, David, Wil et Mat, respectivement guitariste, bassiste, guitariste/chanteur et batteur, forment des appuis instrumentaux solides qui ne brisent en rien l'harmonie des morceaux. Quand la voix de Wil résonne (comme dans Another skin par exemple), l'écho au death métal est immédiat, le grunt étant une technique vocale typique de ce genre, et même si certains s'amusent à définir le death grunt comme similaire au bruit d'un évier qui se vide, l'intérêt d'une telle voix dans le groupe fait sens, car quelle est cette mouvance dans laquelle Leiden nous propose de plonger? Il n'est pas nécessaire de parcourir le myspace du groupe pour comprendre que Leiden tisse avec ses morceaux un univers profondément gothique, qui justifie l'alliance de la Belle et la Bête, qui s'exprime respectivement avec les voix de Béran et de Wil. Ils chantent leurs déceptions avec une lucidité prenante, traitant de thématiques fortes en intérêt. Comme bon nombre de morceaux de "Dualité" Sense of love interroge les relations humaines tout en pointant du doigt les pièges et les dangers qu'elles contiennent, "You belong to me ... tout amour est perdu, la lumière s'éteint", ou encore dans Beware lorsque Wil chante par de lourds grunts "La peur torture ton être". Les sombres thématiques et les topoï gothiques se rencontrent ici avec intelligence, ce qui rend crédibles et appréciables les grunts présents tout au long de l'album. Les deux timbres de voix dialoguent dans une ambiance suave et céleste. Cette douceur apparente sert de support à des paroles acérées qui en fonction des morceaux sont chantées en anglais ou en français. La rage du métal, qui appelle à des images de head banging, n'en est pas moins absente. Dualité, Another Skin, Im Jenseits ont des introductions qui dérouillent sec les oreilles grâce à des enchaînés d'accords dignes des plus grands groupes de métal. On pense à Soulfly, à Metallica, et à tous ces groupes qui donnent envie de pogoter et de remuer la tête. On se régale à l'écoute de "Dualité", l'album est accompli, autant riche en émotions qu'en moments rageurs. Pour ceux qui connaissent Leiden, vous savez que le groupe s'est malheureusement séparé en juillet 2007, et pour les autres je pense qu'il fallait rappeler que ce groupe reste une référence de taille qu'il est vraiment bon de connaître et de faire tourner dans la chaine hifi. Il est toujours possible de se procurer les CDs du groupe via le Collectif Antistatic (entre autres), preuve que le groupe continue d'exister à travers leurs morceaux à défaut de continuer à faire des concerts. Toulouse a toujours proposé des groupes de qualité et Leiden est l'un d'entre eux.

Charlotte Noailles.

SIDILARSEN - "Eau"



Tracklist:

1- A qui je nuis me pardonne
2- La Fibre
3- Fluiditée
4- La Morale de la Fable
5- Elle me tends toujours la main
6- La Parole (Feat Fabulous Trobadors)
7- Surhomme
8- Le Fer
9- Prédiction
10-De Temps à Autre
11-Ethéreal


L’album « Eau » (2005) est le deuxième album des Sidilarsen après « Biotop » (2003), qui a imposé le groupe sur la scène de métal Française. Le groupe Toulousain formé en 1997 nous livre un album sans concessions mais aussi novateur.



Sur « Biotop » il y avait déjà un petit indice de ce que l’on risquait de découvrir à la sortie de l’album « eau »…en effet le dernier titre avait déjà des petits flots ragga. Avant d’aller fouiller dans les profondeurs de cette album nous allons nous concentrer sur ce qui apparaît en grand sur la pochette, le titre : « Eau ». Le groupe a choisit ce titre pour plusieurs raisons. La première est de souligner l’aspect musicalement fluide de cet album. L’eau est aussi la composante la plus évidente de la vie avec l’oxygène. Ce titre englobe à lui seul tout l’album.


L’écoute de la piste numéro une « A qui je nuis me pardonne » nous replonge directement dans l’ambiance métal-électro-indus typique du groupe. Un tel mélange de genres pouvait laisser sceptique sur le papier mais la qualité de métissage est tout simplement énorme, et ce sur l’ensemble de l’album. Les morceaux s’enchainent et on rentre peu à peu dans leur univers. Des leitmotivs technos-indus assez fluides viennent glisser sur un rythme rendu très soutenu par la basse et la batterie. Comme de l’eau de roche. Les paroles sont tantôts hurlées, tantôts plus posées, parfois mêmes « rappées ». Arrive la piste numéro quatre l’excellent « La morale de la Fable ». Chanson militante et engagée qui m’a particulièrement plu. S’en suit la piste numéro cinq où la nouveauté est l’apparition de voix féminines qui se marient assez bien au reste de la salade de sonorités. La piste numéro six « La parole » (Feat Fabulous Trobadors) démontre à quel point le groupe est ouvert musicalement. Ce morceau à été réalisé avec un autre groupe Toulousain, mais de folklore Occitan. L’Occitan est une langue romane parlée dans la moitié Sud de la France pour ceux qui ne le savaient pas déjà. Le morceau est tantôt chanté en Français, tantôt en Occitan. La chanson est très axée sur les paroles comme l’indique le titre. Il y a un gros travail entre les deux chanteurs sur des duels de tchatches. Passons à la suite…j’ai tout de suite fait un rapprochement entre les pistes numéros 8 et 10, respectivement « le Fer » et « De Temps à Autres », car elles se ressemblent sur beaucoup de points .En effet les chanteurs cherchent sur ces deux titres à transmettre le même sentiment de malaise par des paroles très crues, torturées. L’état d’esprit est pour moi exactement le même, et pourtant chacun de ces deux morceaux a sa part d’originalité. L’album m’a tellement plus que je m’attendais à une conclusion d’anthologie mais j’ai été très déçu par le lassant « Ethéreal ». Il s’agit en fait d’un morceau où toute sonorité rock ou métal à disparue pour faire place à un son uniquement indus, donc assez froid, avec un peu d’électro. Très (trop) facile d’écoute, pas assez travaillé à mon gout. Pour moi l’album s’arrête à la piste 10. Autre point négatif : les paroles pourtant très riches sont trop cachées par l’intensité sonore. Mais bon rien ne peux être parfait.



J’en retiens surtout que c’est un album tout simplement énorme, produit par un groupe original qui a inventé son propre style. On attend le prochain album pour voir…




Le clip de "A Qui Je Nuis Me Pardonne":