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MICHEL PORTAL - « Minneapolis We Insist ! »

1. Good Bye Pork Hat (7:52), 2. Take The Portal (8:05), 3.On Nicollet Avenue (6:15), 4. Domimonk (8:48), 5. Sky Tinted Water (4:33), 6. Matourmatourmatourmalet (5:09), 7.MP On The Run (4:38), 8. Solitudes (5:32), 9. Open Season (6:32), 10. Introduction To Judy Garland (0:18), 11. Judy Garland (3:38), 12. Shopping For Black Shirts (4:08), 13. Unspoken Truth (4:28), 14. Solitudes (Slight Return) (0:37), 15. Everything Must Change (7:37)

A la fin du XIXe siècle Wagner entonnait en substance que la France était le pays le moins doué quant à la pratique musicale. Une affirmation quelque peu présomptueuse, inévitablement liée aux tensions entre modèle Prussien (puis Allemand) et Français, mais, reconnaissons le, assez vraie… sauf que notre distingué compositeur teuton mourut en 1883 et l’avenir lui donna bien tort. En effet, depuis les années 1880’ et la musique contemporaine menée par les géniaux Satie, Debussy et Ravel, l’Hexagone n’a cessé de compter en ses rangs des musiciens impressionnants tant par leur virtuosité que par leurs incessantes recherches (citons dans le désordre Sclavis, Texier, Tiersen ou Imbert) et parmi eux, l’illustre Michel Portal.

Clarinettiste issu du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, il brilla dans les années 50’ par ses interprétations classiques. Mais, très versatile et expressif, le musicien s’aventura vers des domaines beaucoup plus surprenants tels que la « musique vivante » -aux côtés de Kagel, Stockhausen, Berio, Boulez, Globokar et Diego Masson… rien que ça-, mais aussi les musiques de films (pour lesquelles il remporta moult récompenses) et surtout le jazz dans tous ses aspects -improvisé, lyrique, pittoresque, passionné, romantique, …

Minneapolis We Insist! s’intéresse lui au jazz groovy impulsé par les noirs Américains. Présenté dans un digipack hyper soigné, illustré par Guy Le Querrec, l’album est un recueil de quatre concerts effectués entre février 2001 et février 2002 (respectivement à Créteil, Tourcoing, Paris et Lyon). Avec cette compilation, Michel Portal façonne un album aux contours très divers, réalisant un syncrétisme audacieux entre les multiples courants du jazz actuel. Puisant dans une palette de sonorités impressionnante, l’artiste et ses 4 acolytes (guitare, piano, basse et batterie) empruntent les dissonances harmoniques du free (« Domimonk »), les mélopées harmonieuses du jazz sculptural (« Solitudes » et le « Good Bye Pork Pie Hat » de Mingus magnifiquement réinterprété), la robustesse et la technique du rock des seventies (« Everything Must Change »), le groove organique des courants les plus modernes (« Sky Tinted Water ») et les atours des musiques d’Afrique noire (« On Nicolet Avenue »).

L’interprétation de chaque musicien est frissonnante : Michel Portal jongle avec une dextérité fascinante entre saxophones, clarinette basse et bandonéon (« Judy Garland ») et les autres musiciens délivrent une prestation monstrueuse offrant un son suitant, chaud, organique mais aussi parfois totalement débridé, hallucinant techniquement et rythmiquement -Jeff Lee Johnson sur « Take The Portal », Sonny Thompson dans « Open Season », Michael Bland dans « Shopping For Black Shirts » ou « Domimonk ».

Mais surtout les musiciens ont une liberté de ton illimitée et exacerbent leurs moindres velléités, ainsi Jeff Lee Johnson tente le scratch sur « Take The Portal », Sonny Thompson chante et rappe (à merveille) sur « MP On The Run » (où l’on apprend à l’occasion l’origine de sa rencontre avec Michel Portal, hilarant), « Open Season » et le magique « Everything Must Change ». Enfin, comment occulter Tony Hymas, claviériste et pianiste, véritable architecte aussi discret que virevoltant (« Matourmatourmatourmalet »), rappelant éminemment Martial Solal, jadis compagnon de route de Portal.

En quelques mots, si vous souhaitez vous familiariser avec l’univers extrêmement dense du jazz contemporain, cet album est plus que conseillé. Terriblement varié, virtuose et plein à craquer (plus de 78’) vous passerez des heures à le décortiquer…

Demisroussos81

NEWS: Les Sorties de Septembre


Mesdames et Messieurs, septembre s'annonce bien. Si l'on met de côté la rentrée, le boulot qui reprend et les jours qui raccourcissent, côté musique on n'aura pas à se plaindre.

Au menu:
-Le nouvel album de Muse, "The Resistance" composé de onze titres et qui sortira le 14 septembre.

-Le 20 septembre c'est au mythique groupe de Seattle de nous dévoiler son "Backspacer". Pearl Jam is back!

Quant aux groupes Toulousains Zero Absolu et Manimal, ils sortiront très prochainement leurs nouvelles galettes.
En Décembre 2009/Janvier 2010 pour Nak et en Janvier 2010 pour Manimal.

Charlotte Noailles.

NEWS: Nouvel Album de Brand New

Depuis le temps qu'on en parle, "Daisy", le nouvel album des New-Yorkais de Brand New, paraitra le 22 Septembre 2009 sur Interscope Records.

Depuis la sortie du studio par le groupe en Décembre 2008, avec 15 pistes parmis lesquelles choisir sous le bras, et après les premières performances live de 2 nouveaux titres (qui auraient pour titres "Bride", et "Gasoline") au Glastonbury Festival, et même un furtif changement de nom pour "And one head can never die" entre le 7 et le 9 Juillet 2009, on arrive enfin à voir le bout de cet éprouvant tunnel.

Album qui, selon Jesse Lacey, est très concentré sur les effets produits en concert et traite en grande partie de changements de direction, de renouveaux, "Daisy" sera sans aucun doute un opus de qualité, tant les BN deviennent des spécialistes en la matière.

Le premier single, "At the Bottom", sortira dans 8 jours, à savoir le 11/08/09.

Pour l'instant, voici une version live de "Brickhouse",- le nom non-officiel d'un titre qui pourait être "Bride"-, à vous mettre sous la dent.

RDV sur leur myspace ou leur site officiel pour vous tenir au courant!

NEWS: Collective Anthem sur Twitter!


Bongiorno tout le monde,

Pour tous les "Web 2.0-autes" qui lisent ce blog, vous serez heureux d'apprendre qu'il est maintenant possible de suivre les articles de Collective Anthem directement sur Twitter! :)


Et puis, "Followez"-nous comme on dit...si vous avez un compte Twitter bien sur. Sinon, vous avez maintenant une excellente raison de plus de vous y mettre hehe

Je sais que ca simplifiera la vie de pas mal d'entre vous ;-)

A+ tard pour de nouvelles aventures, les loulous!

Thibs

NEWS: Interview de Naïve


1) To Lose and to die for, 2) Underwater, 3) The Crying Community, 4) The Shroud, 5) Your Own Princess, 6) Everything dies, 7) The End.


Un mois après la sortie de « The End », premier album du groupe toulousain Naïve, Jouch, Mox et Rico reviennent sur le parcours du groupe pour nous faire partager le spleen envoutant de leur univers trip-hop/electro/metal. Pour les chanceux qui ont assisté à leur Live au « Complot sur le Campus » ou encore au Bikini, c'est l'occasion de s'y replonger, pour les autres « Ne faites pas l'impasse! c'est l'une des meilleurs sorties de 2009 ». Bonne lecture, et je l'espère bonne écoute!

Messieurs, une fois n'est pas coutume, ma première question ne va pas être très originale. Alors, d'où vient le choix de Naïve comme nom de groupe? C'est un hommage au label du même nom, ou simplement pour la symbolique de sa définition, à savoir « spontanée, sincère, vraie, naturelle, mais aussi crédule ». Est-ce qu'il faut y voir un rapport avec la conjoncture actuelle, comme de dire que malgré la crise du disque on peut encore faire de la musique et la cristalliser sur un support alors qu'en général la plupart des groupes n'arrivent à rien sans label.

Ta définition colle énormément au contexte de crise actuel, et la définition du mot "naïve" est également extrêmement intéressante... Nous aimons l'idée d'appréhender la musique de manière naïve dans le sens noble du terme, c'est à dire de manière directe et ressentie, donc au final de manière plus sincère. En choisissant ce nom, il était surtout question d'assumer quelque chose de très naturel et premier degré, encore une fois dans le bon sens du terme. Accepter d'être touché par une mélodie ou des mots simples. Ne pas chercher le calcul, aller à l'essentiel. Le côté féminin du mot et la prononciation identique en anglais et en français nous plaisait également beaucoup. On aime énormément le contraste entre la douceur du nom et l'énergie dégagée par la musique. Concernant le label Naïve, aucun rapport, même si nous le connaissons évidemment. Cela dit, si ils sont intéressés, nous également!

A peine un peu plus d'un an depuis le premier concert du groupe, et voilà venir le premier album et un DVD. C'est fou d'avoir rallier autant de personnes à la cause Naïve en si peu de temps, à savoir que ce sont les pré-commandes en ligne qui ont permis le pressage de « The End ». Pensez-vous que la postérité de Mary Slut, Agora Fidelio, Kalevala et le suivi de vos parcours aient joué, que les gens se soient dit, « Tiens un side-project! Écoutons pour voir ». Car finalement il y a eu peu de concerts, trois je crois. En gros, les gens vous ont découvert comment? La scène toulousaine étant très active, j'imagine que Naïve a bénéficié d'un gros coup de buzz interne.

Concernant le DVD, nous avons simplement eu l'opportunité de récupérer du matériel vidéo et son de très bonne qualité, après un concert ou on s'était vraiment fait plaisir, donc il nous est apparu comme naturel de proposer en nombre assez limité à ceux qui seraient intéressés de se procurer des images « souvenirs » de la soirée et de quelques moments persos en répétition par exemple.
Sortir un album et un DVD d'un coup peut paraître précipité, mais comme nous te le disions précédemment, le DVD était plus un plaisir qu'un coup marketing.
En termes de « buzz » pur, il faut avouer qu'internet nous a été d'une grande aide. Nous avons passé énormément de temps à promouvoir le groupe et sa musique sur myspace et facebook en particulier, et nous continuons autant que possible, dans la mesure ou aujourd'hui, en tant que groupe autoproduit, le net reste le premier moyen de visibilité et d'actu. Nous avons pour l'instant effectivement peu de concerts à notre actif, mais après ces quelques dates, les retours ont été très positifs et nous pensons que le bouche à oreille a aussi fait son effet.
A priori, nous pensons avoir eu assez de facilité à faire nos preuves de part nos diverses expériences scéniques passées, au travers de nos autres groupes, tournées et autres, en particulier lors du concert au Bikini que peut être certains groupes plus « jeunes » n'auraient pas assumé.
Tant qu'à y être, il est important pour nous de remercier chaleureusement ceux qui nous aident, à commencer par nos vieux potes de Sidilarsen (soutenez les bordel, et si vous ne connaissez pas encore, dépêchez vous de vous y mettre!!), qui nous ont proposé d'ouvrir pour eux lors de la sortie de leur dernier album « Une Nuit Pour Sept Jours » dans ce même Bikini. Cette soirée nous a vraiment marqué, et nous espérons vraiment partager d'autres dates... My Own Private Alaska et Eryn Non Dae (ex-END.) ont également une place spéciale dans nos coeurs pour tout le soutien qu'ils nous ont apporté depuis le début de l'aventure.

Et vous avez fait fort! Difficile de ne pas apprécier une sortie qui coïncide avec la Fête de la Musique. Coup de maître ou pur hasard?

Les deux mon capitaine!

A l'écoute de « The End » on ressent immédiatement les effets envoutants de la rythmique, une rythmique nourrie de trip-hop, de samples electro et de metal. Joli cocktail, tout est parfaitement calé. Le tout donne une combinaison efficace qui évoque les grands espaces, le ciel, la mer, une ambiance intimiste et mélancolique. On pense à Team Sleep, Deftones, Tricky, Massive Attack, Morcheeba, The Aloof, mais vos influences viennent peut-être de contrées complètement différentes.

Avant tout, merci beaucoup pour cette question et pour ton sentiment vis à vis de notre musique. Les influences que tu cites sont très pertinentes! Nous avons tous les trois des influences très diverses et extrêmement éclectiques. Ca peut aller de choses très violentes à des choses très calmes, de la musique organique autant que synthétique, concrètement tout ce qui nous touche et quel qu'en soit le style. Au final on puise nos influences au fond de nous mêmes et de ce que nous tirons de ce mélange.

Le morceau Everything dies m'évoque la série Six Feet Under dont le coffret de la cinquième et dernière saison affiche: « Everything, Everyone, Everywhere, Ends ». On en voudrait un peu plus, mais le chemin s'arrête là. Il semble que le morceau nous invite à profiter de chaque instant derrière la facette nostalgique du temps qui passe. Comme si le spleen et carpe diem avaient fini par trouver un terrain d'entente. Quand vous avez composé ce morceau le ressenti penchait plutôt de quel côté?

En réalité nous n'avons aucun processus de composition particulier, aucune méthode de prédilection. La manière de composer parle d'elle même, est très instinctive, et représente la manière "naïve" d'être du groupe. On y retrouve donc en quelque sorte le lien avec ton évocation du "Carpe Diem". Pour exemple, la ligne de voix d'Everything Dies avec son effet "téléphone" a été enregistrée en une seule et unique prise, improvisée, sans même savoir avant ce qu'elle allait être... On ne se pose pas de questions, on avance et on avise... Le texte de ce morceau est né pendant une période finalement très éloignée de ce bon vieux Carpe Diem, et plutôt fataliste. Si on devait nommer une ligne de conduite chez Naïve, ça pourrait être Spleen = paroles et Carpe Diem = musique. Encore une fois on retombe dans le côté naïf de la chose, l'instinct et la spontanéité.

On vous l'a forcément déjà demandé mais pourquoi avoir choisi « The End » comme titre pour votre premier album? Pour boucler la boucle? « The End » s'achevant par le morceau The End et recommençant éternellement son leitmotiv rythmique... Dans ce sens, on pourrait y voir l'image d'une renaissance perpétuelle. C'était le but?

L’ album a été produit maison avec les moyens du bord, soit pas grand chose. On a chacun traversé des temps difficiles pour diverses raisons persos durant sa mise en oeuvre. Concernant Mox de gros problèmes auditifs suite à un choc il y a six mois qu'il traîne aujourd’hui encore plus ou moins… On a tous souffert dans cette histoire… ça nous a beaucoup handicapé et retardé. Mais on y est arrivé !!
Tout ceci, a donc un moment remis en question l’existence de Naïve et autant te dire que cet album a été accouché dans la douleur…
Aujourd’hui on sort enfin la tête de l’eau, et on est surmotivé !!! Puis comme on dit ici : The End Is The Beginning… !!! On est d’ailleurs déjà en route pour la suite… Une chose est sûre, on ne regrette absolument rien et on est bien plus qu’heureux et soulagé d’avoir pu terminer notre 1er album, et surtout de pouvoir continuer...
Pour ce qui est du titre, une fois de plus la naïveté a refait surface et après moultes réflexions et recherches, il s'est imposé spontanément. On avait d'abord décidé d'appeler l'album "Everything Dies" mais le sens nous a finalement paru trop définitif et radical. Dans "The End", on retrouve également le côté pesant et lourd, mais une porte reste ouverte, on peut y voir des tonnes de choses. Il était temps de clôturer "l'histoire", mais une fin n'est pas forcément négative, elle permet aussi parfois de partir vers autre chose, une sorte de renaissance comme tu le disais.

Indépendamment de la musique, les paroles créent à elles-seules un univers nourri de « spleen». J'imagine que le choix du chant clair et souvent murmuré vise justement à focaliser l'attention sur les mots.

Justement pas. Nous avions l'envie de ne pas "effrayer" les personnes peu habituées à écouter du metal "traditionnel" emmené à grands renforts de cris et autres voix agressives, tout en leur glissant gentiment quelques riffs burnés; ce n'est en rien un autre choix marketing, mais nous aimons l'idée de pouvoir faire une musique dite metal tout en y alliant de la douceur, et par là même toucher un public plus large.
Cela dit, en gros, sur un morceau de 9 minutes on a à peu près 30 secondes de chant, parce qu'avant tout nous souhaitons privilégier la musique, avec le chant plutôt vu comme un instrument.
Nous voyons notre musique comme un tout, et pas comme une chose sur laquelle est posée un chant qui se doit d'être mis en avant.
En revanche cela ne signifie pas que les mots n'ont aucune importance et il paraissait évident de les rendre compréhensible pour les personnes intéressées. Donc il était nécessaire de les imprimer dans le digipak. Dont acte.

Et vous écrivez les textes ensemble? Comment ça se passe?

Jouch : Je suis le seul à m'occuper des paroles jusqu'ici. Je ramène les textes, j'explique en gros ce que j'ai voulu mettre dedans, et Mox et Rico valident ou non.
Souvent j'écris des choses que je garde très longtemps de côté le temps de m'habituer, de réfléchir à ce que j'aime ou que je n'aime plus, et ce n'est que plus tard que je ressens le besoin de mettre en avant tel ou tel texte avec tel ou tel thème, le tout sur telle ou telle musique.

Grâce au soutien du collectif Antistatic votre album est maintenant disponible via leur boutique, mais que font les labels? Est-ce qu'une piste se profile à l'horizon?

Concernant la boutique Antistatic, l'album y est en vente depuis une semaine.
Au niveau des labels, les démarches sont en cours. Nous avons contracté un deal de distribution numérique et l'intégralité du disque sera début Août disponible sur la majorité des plateformes de téléchargement légal (Fnac, Virgin, iTunes, etc...). Ce téléchargement sera possible soit directement sur les sites précités, soit via un player sur notre page myspace http://www.myspace.com/wearenaive ainsi que sur le facebook du groupe. Bien entendu, notre but à plus ou moins long terme est d'avoir un label et d'être distribué.

Des dates sont à prévoir prochainement? Mox j'espère que tes oreilles sont rétablies et prêtes à repartir fissa dans les salles. Nous sommes une sacrée tripotée de gens à vouloir écouter la totalité de « The End » en Live.

Actuellement nous n'avons pas de dates concrètement arrêtées mais plusieurs à valider. Si la santé de Mox le permet, nous aimerions reprendre la scène aux alentours de l'Automne. D'ailleurs à ce jour l'évolution de son rétablissement est plus que positive!
Rassure toi, nous trois aussi sommes impatients de jouer l'intégralité de "The End" sur scène, et nous ferons tout pour le faire dans le plus de villes possible!
Nous tenons en tout cas à outreremercier une fois de plus tous ceux qui nous soutiennent, nous écoutent, ont acheté et achèteront l'album, nous n'oublions pas que c'est grâce à eux que nous avons pu le presser!
Et enfin un merci tout particulier et spécial à toi pour cette interview et pour tes questions perspicaces.
Vu que tu ne nous demandes pas de mot de la fin, nous allons bien évidemment nous permettre de te l'imposer, et ce mot de la fin sera : Complèt'ment.

Je vous remercie également! J'ai été ravie de vous proposer ces questions. A très bientôt! Naïve triomphera!

Charlotte Noailles.

Photographie: Flora Riffet c/o WildEyed Photography.
De gauche à droite: Jouch (chant/guitare/prog), Mox (batterie, prog) et Rico (basse).

KEHLVIN - "Holy Cancer"


1. Le Barnacle (Love Will Never Be Enough) 2. Untitled 3. God As A Mere Intentional Object 4. Untitled 5. Atheist Hope 6. Untitled



Vous connaissez tous Converge, Time to Burn ou encore Envy, les grands costauds de la scène hardcore internationale, et voilà qu'en 2006 Kehlvin débarque de la Suisse avec son premier album « The Mountain Daylight Time » et ajoute son nom à la généalogie des brutes épaisses. Appuyé par Division Records, le groupe enchaîne les projets: en 2008 les suisses ont enregistré « Ascension » avec Rorcal, ainsi qu'un EP de trois morceaux (découpé en six pistes). Cette petite galette intitulée « Holy Cancer » est accompagnée d'un DVD Live 2006-2007 qui fait plaisir aux yeux comme aux oreilles. Avec cette sortie, Zen (batterie), Yonni (chant), Baptiste (basse), Spieli et Fabien (guitares) reviennent pimenter le hardcore à l'aide d'un sludge massif. Le sludge... Qu'est-ce que cette chose-là? Allez, on pose le skeud sur la platine et on se débouche les oreilles sans tarder avec cette mixture sonore et boueuse (traduction de sludgy).

Grâce à des ambiances lourdes inspirées de ce style musical né au début des années 1990 en Nouvelle-Orléans, et du post-hardcore, Kehlvin revient pour mettre la pagaille dans les chaumières. On définit le sludge comme la fusion du doom metal et du hardcore dont Kehlvin utilise ici les caractéristiques respectives. Du doom, le groupe a conservé les atmosphères rugueuses et puissantes (Le Barnacle (Love Will Never Be Enough), un tempo lent, ainsi qu'un goût prononcé pour les morceaux-fleuves (piste 1: 12min02, piste 5: 10 min58) et l'instrumental (piste 2, piste 4, et Atheist Hope = piste 6). Du hardcore, Kehlvin conserve la voix menaçante et saturée. Seul la piste 6 nous laisse entendre une voix enregistrée en chant clair. Excepté ce morceau, le reste de l'EP est habité par la gueulante. Dès le premier morceau, Le Barnacle, Kehlvin délivre ses cris via un Yonni qui livre toute sa puissance au milieu d'une explosion de cordes dévouées à la distorsion. Attention, ça déboîte, jusqu'à ce que des virées instrumentales musèlent plus que de coutume la gueule béante de Yonni, lequel ne fait aucune infidélité au screamo tout l'EP durant. Sombre, brute, les pistes 3 et 5 beuglent en tous sens tandis que le tempo se fait étrangement lent pour un groupe de hardcore. A contrario, on retrouve des influences plus primitives avec la piste 3, God As A Mere Intentional Object. Tendez la main sans peur car les hurlements se font souvent la malle. Le groupe n'a rien d'un agneau mais l'instrumental est si présent qu'on en oublie souvent la voix qui s'est tue après les passages rageurs. Les structures progressives brisent le modèle couplet-refrain et nous accorde ainsi quelques pauses bien méritées. Pour digérer le tout, les guitares nous transportent loin des tranchées du head-banging pour un univers séraphique et soigneusement cadencé.

« Holy Cancer » c'est donc beaucoup d'accalmies inattendues et de retours brutaux au chaos. Avec Kehlvin, c'est tout l'un ou tout l'autre, comme de passer brusquement de l'eau chaude à l'eau glacée. En résumé, ça surprend, ça beugle, ça ferme sa gueule, et ça s'énerve avant de revenir au lyrique. Le morceau Atheist Hope débute par des guitares voluptueuses et circulaires dans un tout sans voix qui donne l'impression d'écouter du Explosions In The Sky (rock indie), puis les guitares pesantes et apocalyptiques reviennent violemment avec un Yonni plus saturé que jamais. On retrouve un bel exemple de doom dans cette même piste 6 avec une batterie extrêmement lente et metallique. Une batterie aliénée sur laquelle Zen donne inlassablement les mêmes coups de cymbales.

Kehlvin est un groupe franc de la baffe qui propose aussi de belles poussées nostalgiques et instrumentales. A découvrir pour tous les amateurs de Cult Of Luna, Neurosis, Forceed, Isis et j'en passe.

Charlotte Noailles.