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HECTIC PATTERNS - "Random"


1. Vaseline, 2. Asylum, 3. Macabre Punishment, 4. The Grand Hare Order, 5. Hyperborea, 6. I'll Quit Smoking Tomorrow, 7. Random, 8. Shiva, 9. Entreprise, 10. Thailand


Tu attends avec impatience le nouveau Martyr et pleures la dislocation de Gorguts ? Tu maudis ton pote qui t’as posé un lapin 3 jours avant de décoller pour le Hellfest alors que ce pèlerinage était prévu depuis de longs mois ? OK, sèche tes larmes petit et ressort ton piercing nasal, oncle Demis a de la came pour toi : Hectic Patterns déboule avec son premier album Random et derrière ces épitaphes peu explicites et un artwork douteux se masse en fait une des futures références hexagonales (voire au-delà) en termes de brutal death chirurgical…

En effet la prod’ de fou furieux sublime (enfin, façon de parler) la dextérité de chaque interprète. Ludo et François, gratteux de leur état, monstrueux, apparaissent même comme les plus communs, en dépit d’un jeu n’ayant rien à envier à Fredrick Thordendal (Meshuggah, …) & Co. C’est en fait à la rythmique que le tout s’avère le plus hallucinant : dans la tradition actuelle de la basse (enfin) audible, clinquante et virtuose, Nico excelle (« Asylum », l’entame d’ « Enterprise ») mais que dire de Greg, batteur boulimique de variations de tempi, impulsant nombre de polyrythmies et usant jusqu’à la moelle de sa multitude de toms et cymbales qui, ici, ne sont pas utilisé(e)s pour en mettre plein la vue sur les photos -rarement la China avait aussi bien sonnée. Au chant, James impose le respect, distillant pêche et puissance dans la plus pure tradition growlée, intégrant néanmoins quelques digressions éraillées bienvenues.

En outre, le combo pond des ogives à la pelle (« Vaseline », « The Grand Hare Order », « Asylum » et ses mosh parts cinglantes) anabolisées par une complexité et une déstructuration poussées (« Hyperborea »). Des titres aussi frappés que « Macabre Punishment » feraient même pâlir Beneath The Massacre…

Pour autant, la formation n’atteint pas la perfection, cantonnant ses rares incartades vers des paysages plus aérés et aventureux à de brèves intros et ne parvenant pas à façonner le relief nécessaire à une musique aux atours pourtant si riches d’influences. L’instrumental « I’ll Quit Smoking », trop peu habité, en est la plus pure illustration.

Il n’y a donc pas ici de soli lyriques et cristallins si bien mis en valeur par un groupe tel que Necrophagist ; pas d’emprunts « Cyniciens » comme chez les prometteurs The Faceless ; pas non plus d’expérimentations développées à un niveau assez confondant pour rappeler Pitbulls In The Nursery ; ni de tempérances folk comme chez les feu Nostromo.

Ce sont donc ces quelques réserves qui instituent une certaine linéarité à partir de la seconde moitié de la galette mais le feeling musical et la recherche en termes de songwriting -les textes de Caroline Delavault évoquant folie et persécutions professionnelles ne sont pas des plus enjoués mais voguent avec inspiration entre la radicalité de Benighted et la verve Brutal Truth- installent Hectic Patterns comme un sextet à l’avenir radieux.

DemisRoussos81